Le Christ Social


22. Le problème des prisons
24. L’astuce de l’augmentation des salaires

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Les mauvaises taxes

Tout gouvernement a besoin d’être soutenu par la fiscalité. Les gens doivent coopérer avec les impôts pour soutenir le gouvernement.

Aucun gouvernement ne pourrait se maintenir sans impôts ; il serait impossible de réaliser des travaux publics sans impôts.

Les gouvernements ont besoin de la coopération de tous les citoyens pour mener à bien tous leurs programmes d’action, mais nous devons reconnaître qu’il existe des impôts justes et des impôts injustes.

Il est injuste de prendre l’argent des poches des travailleurs pauvres pour soutenir la bureaucratie qui favorise les riches.

Les riches de tous les pays d’Amérique latine sont liés d’une manière ou d’une autre aux monopoles des grandes puissances étrangères.

Ces puissances dominent totalement les secteurs des mines, du coton, du café, du bois, du sucre, des fruits, de l’huile, etc.

On sait aussi que les riches dominent souvent indirectement par le biais d’investissements, de prêts, de crédits, d’achats de titres et de certificats de participation, de l’industrie de transformation, des transports terrestres, aériens et maritimes, des compagnies d’assurance, etc.

Les millionnaires étrangers réalisent des profits extraordinaires dans les entreprises des États qui gouvernent les pays sous-développés.

Le capital d’intérêt de l’État garantit toujours des intérêts énormes sur les prêts, les paiements de certificats de participation ou les obligations émises par ces sociétés d’État à de puissants millionnaires étrangers.

Les grandes puissances contrôlent totalement toute la vie économique des pays sous-développés.

Les riches asservissent les travailleurs pauvres et les exploitent misérablement avec le soutien total des gouvernements vendus à des puissances étrangères.

Les riches du pays et les riches à l’étranger se soutiennent mutuellement et savent très bien quoi faire dans chaque cas.

Derrière les dénommés Gouvernements réels et légitimes, il y a les maîtres nationaux et étrangers, les grandes entreprises, les puissantes compagnies pétrolières, etc.

Certaines puissances étrangères choisissent secrètement le candidat à la présidence qui leur convient le mieux dans chacun des pays sous-développés, et les pauvres gens se rendent aux urnes en toute innocence, trompés par les dirigeants salariés de la politique locale.

Les riches soutiennent l’État parce que l’État leur convient, ils savent très bien que sans le soutien de l’État, ils ne seraient pas en mesure d’exploiter les travailleurs malheureux.

Les riches ont mis dans l’appareil bureaucratique, ou plutôt dans la ruche bureaucratique, certains “bourdons” [14] qui ne produisent pas mais consomment et nuisent.

Le pire, c’est que ces bourdons sont nourris et maintenus à leur poste avec l’argent des travailleurs pauvres.

Il est injuste de piller les porte-monnaies des travailleurs pauvres pour soutenir des bourdons bureaucratiques. Si les riches ont besoin de tels bourdons, qu’ils les paient avec leur propre argent.

Les travailleurs n’ont aucune raison de soutenir avec l’argent de leur travail de tels bourdons qui ne leur profitent en rien et leur font beaucoup de mal.

Prélever des taxes sur les poches des malheureux pour financer des bourdons inutiles est vraiment un crime.


LA FISCALITÉ INDIRECTE

Ces taxes s’appliquent à tout ce que les travailleurs doivent acheter ou payer : allumettes, limonade, billets de train, vêtements, chaussures, légumes, fruits, lait, médicaments, loyer, électricité, eau, téléphone, etc.

Un grand pourcentage des recettes publiques provient de ces taxes injustes, un fait que l’on constate dans tous les pays d’Amérique latine.

Ce sont les impôts “sur le commerce et l’industrie”, ou “sur les droits, produits ou bénéfices”. Ce sont les travailleurs pauvres qui doivent payer ces taxes pour soutenir les bourdons de la ruche bureaucratique.


LA FISCALITÉ DIRECTE

Le crime le plus épouvantable contre les travailleurs pauvres est de taxer leurs traitements, salaires, honoraires, etc., dans des pourcentages qui augmentent chaque année et qui réduisent le niveau de vie des travailleurs du muscle et de l’intellect.

L’argent qui sort des poches des travailleurs pauvres est utilisé à de mauvaises fins, pour soutenir les bourdons de l’appareil bureaucratique.

Les pauvres ouvriers, les laboureurs, ceux qui travaillent sur les voies publiques, les malheureux qui balaient les rues, etc., ne peuvent pas envoyer leurs enfants à l’université car même les bourses sont destinées aux enfants des puissants.

Par contre, si on les prive de ces bourses, leurs salaires sont taxés, tout est taxé, pour soutenir les bourdons de la ruche bureaucratique, qui non seulement nuisent au peuple, mais discréditent toute la ruche bureaucratique.

Nous ne pouvons nier que le peuple doive coopérer avec ses impôts, contribuer économiquement au bien de la nation, mais que l’on établisse des impôts justes, que l’on taxe les divertissements, les vices, les gros capitaux, etc.

Il est absurde d’exploiter les malheureux pour soutenir les riches.


22. Le problème des prisons
24. L’astuce de l’augmentation des salaires