Les Sept Paroles
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Joseph, fils de Jacob
Tout ce processus initiatique du Corps Astral est intégralement exposé dans l’histoire symbolique de Joseph, fils de Jacob.
Joseph représente le Corps Astral de l’homme, et Jacob représente le Père qui est aux Cieux, l’Astre-Père.
Joseph est vendu par ses propres frères. Tous nos anciens compagnons nous trahissent, nous vendent, quand nous nous décidons à fouler le sentier rocailleux qui nous conduit au Nirvana.
Joseph devient le serviteur d’un eunuque, et le Christ a dit :
« Il y en a qui se sont rendus eux-mêmes eunuques, à cause du royaume des cieux. »
Matthieu 19:12
Lorsque Joseph se résout à suivre le Sentier de la chasteté, il est tenté par la femme de son maître, puis jeté dans la prison des amertumes, calomnié et diffamé, mais fidèle à son vœu de chasteté.
Et dans la prison de la douleur, nous n’avons d’autre consolation que le pain et le vin de la Transsubstantiation. Le Christ est l’échanson et le boulanger.
Alors il n’y a que l’échanson et le boulanger qui souffrent pour nous, c’est-à-dire que notre substance christique rédemptrice nous rachète et nous fait sortir de la prison de la douleur et de l’amertume, jusqu’à nous conduire aux pieds de notre Pharaon interne, de notre Intime sacré, de notre Roi, qui nous fait maître et seigneur de toute la terre d’Égypte.
Nous parvenons ainsi à la Haute Initiation, et nous nous préparons pour la Résurrection de notre Crestos Médiateur. Les douze fils de Jacob, c’est-à-dire le Zodiaque (les douze constellations zodiacales), nous entourent et nous transforment, jusqu’à ce que finalement nous rencontrions notre Benjamin, au moyen duquel nous ressuscitons et retournons embrasser notre Père Sidéral.
Nous avons déjà expliqué, dans nos autres ouvrages, que l’Intime de chaque homme est une flamme détachée de la conscience d’un Génie Sidéral, lequel est notre Père qui est aux Cieux, le Père de notre Intime, notre Jacob.
Le rêve du Pharaon est aussi hautement symbolique, les sept années d’abondance et les sept années de famine symbolisent les sept échelles du pouvoir du Feu, les sept Initiations des Mystères Majeurs, et les amertumes de chacune des sept grandes Initiations des Mystères Majeurs, les douleurs de chacun des sept Portails.
La coupe d’argent de Benjamin est notre semen, au moyen duquel notre Corps Astral ressuscite d’entre les morts.
La femme de Joseph, Asnath, est le Mental-Christ de l’Arhat, est la belle Hélène qu’Homère a chantée dans son Iliade. Elle est la fille du Prêtre d’ON, notre Intime, notre Être réel.
Les fils de Joseph sont Manassé et Ephraïm. Manassé est un mantra ténébreux dans lequel sont renfermées ces forces du mal qui nous ont éloignés de la maison de notre Père et qui nous ont fait sortir de l’Éden.
Ephraïm est ce puissant mantra qui nous rend fertiles dans la terre de l’Affliction, parce qu’il éveille tous les pouvoirs de notre Corps Astral et parce qu’il renferme toutes les forces divines qui nous permettent de retourner à l’Éden.
Notre Joseph, c’est-à-dire, notre Corps Astral, doit se libérer totalement de la prison de la corruption, pour que puisse briller sur sa tête la resplendissante étoile de Jacob.
Lorsque le Corps Astral s’est libéré de l’abîme, il retourne à l’Étoile de son Père, qui lui a toujours souri, c’est-à-dire que le Corps Astral de l’Initié entre dans l’aura stellaire de son Père.
« Benjamin est un loup qui déchire ; Le matin, il dévore la proie, Et le soir, il partage le butin. »
Genèse 49:27
Notre Benjamin nous arrache à l’abîme du mal. Le matin il dévore la proie de la lumière, et le soir il partage le butin, quand il extirpe notre Corps Astral des abîmes du mal.
« Joseph (le Corps Astral) est le rejeton d’un arbre fertile, Le rejeton d’un arbre fertile près d’une source ; Les branches s’élèvent au-dessus de la muraille.
Ils l’ont provoqué, ils ont lancé des traits ; Les archers l’ont poursuivi de leur haine.
Mais son arc est demeuré ferme, Et ses mains ont été fortifiées Par les mains du Puissant de Jacob : Il est ainsi devenu le berger, le rocher d’Israël.
C’est l’œuvre du Dieu de ton père (l’Étoile-Père de l’Intime), qui t’aidera ; C’est l’œuvre du Tout-Puissant, qui te bénira Des bénédictions des cieux en haut, Des bénédictions des eaux en bas, Des bénédictions des mamelles et du sein maternel.
Les bénédictions de ton père s’élèvent Au-dessus des bénédictions de mes pères Jusqu’à la cime des collines éternelles : Qu’elles soient sur la tête de Joseph, Sur le sommet de la tête du prince de ses frères ! » (Notre Benjamin, qui nous emporte vers Dieu et vers le Père.)
Genèse 49:22-26
Je n’essaie pas de soutenir que le patriarche d’Égypte appelé Joseph n’a jamais existé ; ce que je veux affirmer ici, c’est que la vie de chaque Initié renferme tout le drame de l’Initiation. C’est ce drame qui est exposé dans l’histoire de Joseph.
Je ne veux pas non plus nier les sept années d’abondance et de disette en Égypte, conformément au rêve prophétique du Pharaon, que Joseph a si judicieusement interprété. Il n’y a pas de doute que ces événements sont réellement arrivés, mais à l’intérieur de tout cela est exprimé le drame initiatique d’un Initié.
Les douze fils de Jacob figurent tout simplement les douze constellations zodiacales, au milieu desquelles nous sommes venus évoluer.
En vérité, toute “fable” antique renferme de grandes vérités cosmiques.
La vie de chaque Initié se trouve reliée à des figures purement symboliques, et c’est seulement entre Initiés que nous pouvons nous comprendre comme il se doit.
L’Initiation est la vie elle-même, c’est pourquoi la vie d’un Initié est le drame même de l’Initiation.
Voyons par exemple les versets suivants :
« On fit descendre Joseph en Égypte ; et Potiphar, officier de Pharaon, chef des gardes, Égyptien, l’acheta des Ismaélites qui l’y avaient fait descendre. »
« Après ces choses, il arriva que la femme de son maître porta les yeux sur Joseph, et dit : Couche avec moi ! Il refusa, et dit à la femme de son maître : Voici, mon maître ne prend avec moi connaissance de rien dans la maison, et il a remis entre mes mains tout ce qui lui appartient. »
Genèse 39:1,7-8
Ces versets confirment qu’il s’agit là d’une narration purement allégorique ; car il est tout à fait inconcevable qu’un eunuque, un castré, puisse avoir une femme. C’est pour cela qu’il faut être gnostique pour pouvoir comprendre la Bible, car la Bible est un livre hautement symbolique, et si nous essayons de la lire à la manière protestante, comme on lit les colonnes d’un périodique, nous tombons dans l’absurdité la plus terrible.
Toute l’histoire de Joseph est un coffre sacré, où est enfermé le drame même du Calvaire.
Pour pouvoir comprendre l’histoire symbolique du patriarche Joseph, il faut être un Initié.
Le troisième chapitre de la Genèse nous enseigne de quelle manière l’homme est sorti de l’Éden ; les chapitres qui racontent l’histoire de Joseph se trouvent aussi à l’intérieur de la Genèse et nous expliquent de quelle façon l’homme est sorti de la maison de son Père et de quelle façon l’homme retourne aux bras de son Père, à la béatitude ineffable de l’Éden, au paradis d’où il est sorti.
La Résurrection du Fils de l’homme est possible seulement si l’on boit dans la coupe d’argent de Benjamin, c’est-à-dire, si l’on pratique intensément la Magie Sexuelle avec la femme. Benjamin nous ravit, nous emporte vers Dieu et vers le Père.
Le récit de Joseph renferme le secret pour pouvoir rentrer dans l’Éden, c’est pourquoi cette histoire se trouve à l’intérieur de la Genèse elle-même.
La femme tente Joseph, et Joseph triomphe de la tentation : ce passage renferme la clé de la Magie Sexuelle. Que celui qui a des oreilles entende, et que celui qui a de l’entendement comprenne, car il y a ici une sagesse.