Les Mystères Mayas


42. Les Jougs “U”
Troisième partie

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Le Dieu Chauve-Souris

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DIEU CHAUVE-SOURIS

Il s’appelle aussi Tzinacan ou Zotz qui veut dire “chauve-souris”. Il est très bien représenté par un merveilleux pectoral qui symbolise l’Âme, l’Homme Causal, l’Homme Véritable, l’Homme Réel.

Le pectoral vers le haut qui touche les oreilles nous indique que l’Homme véritable doit apprendre à écouter le Verbe, la Parole, le Logos.

La figure nous dit que c’est une Déité, un Verbe incarné. Les gonades sont très bien formées, indiquant clairement que le pouvoir est dans le sexe. À la place du Phallus, apparaît un visage, comme pour nous rappeler que l’Homme Causal se forme avec le Mercure qui est l’Âme métallique du sperme sacré et que l’Homme Véritable est précisément le résultat de la transmutation sexuelle.

Le Dieu Chauve-Souris a pouvoir sur la vie et sur la mort.

Il est debout sur une pierre, qui, bien qu’elle ne soit pas tout à fait cubique, nous laisse comprendre le travail pour acquérir la pierre philosophale.

Le Dieu Chauve-Souris, est une Déité, un ange de la Mort qui vit dans le Plan Causal. Nous le trouvons dessiné sur des stèles, des codex et des poteries mayas, avec la tenue du Dieu de l’Air.

Au Chiapas (un état du Mexique), il existe le village de Zinacatán, habité par des Tzotziles - gens de la chauve-souris - de la famille maya ; et dans la vallée de Toluca, le village de Zinacantepec. Dans le Popol-Vuh, la chauve-souris est un ange qui descendit du ciel pour décapiter les premiers hommes mayas, faits de bois, la chauve-souris céleste qui conseilla Ixabalanqué et Hunahpú sur ce qu’ils devaient faire pour sortir victorieux de l’épreuve de la caverne du Dieu Chauve-Souris.

Les temples nahuals, en forme de fer à cheval, étaient dédiés au culte du Dieu Chauve-Souris. Leurs autels étaient d’or pur et orientés à l’Est. Les Maîtres nahuals l’invoquaient pour lui demander la guérison de leurs disciples ou de leurs amis profanes, car le Dieu Chauve-Souris a des pouvoirs sur la vie et sur la mort.

Il n’y avait que les Initiés qui assistaient à l’invocation et à l’intérieur du temple ils formaient une chaîne, un homme et une femme en alternance, sans se toucher, ni les mains, ni le corps. Les extrémités de la chaîne commençaient de chaque côté de l’autel et tous restaient accroupis, dos au mur. Sur l’autel, ils mettaient des fleurs fraîchement coupées et ils mettaient sur chacune des deux petites colonnes taillées dans le basalte de chaque côté de l’autel, deux braseros d’argile peints en rouge, symboles de la vie et de la mort. Dans les braseros brûlait du bois de cyprès, symbole d’immortalité, dont l’arôme se mêlait à la fumigation du copal, aux résines odorantes et aux escargots marins blancs. Le Maître revêtait la tenue du Dieu de l’Air et le “maxtlatl” autour de la taille. De face, il levait les mains, les paumes tendues et il vocalisait trois fois le mantra ISIS, divisé en deux longues syllabes ainsi :

IIIIIISSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS, IIIIIIIIISSSSSSSSSSSSSSSS…

Puis, avec un couteau d’obsidienne au manche de jade et d’or, il bénissait l’assistance et, en silence, il faisait l’Invocation rituelle : “Seigneur de la vie et de la mort, je t’invoque pour que tu descendes guérir tous nos maux”.

Silence imposant que seul troublait le crépitement des fumigations. Soudain, il y avait des battements d’ailes, tandis que des senteurs de roses et de nards se répandaient dans tout le temple. Des braseros, montait une flamme voulant atteindre le ciel et le maître et les assistants se prosternaient, front contre terre.

Le Dieu Chauve-Souris descendait, paré de la tenue du Dieu de l’Air ou sous la forme d’un hibou, aux épreuves funéraires de l’Arcane 13. Les temples avaient treize marches et la barbe de l’Ancien des Jours avait treize mèches.

À l’intérieur de l’enceinte où le Temple Majeur de Tenochtitlan fut érigé, il existait un temple circulaire dédié au Soleil. Parmi les chambres secrètes de ce temple des Mystères, il existait le Tzinacalli (maison de la chauve-souris), une salle spacieuse ressemblant à intérieur d’une sombre caverne où avaient lieu les Rituels d’initiation pour atteindre les hauts degrés de Chevalier Ocelotl (tigre) et Chevalier Cuauhtli (aigle). Sur le linteau de la petite porte, dissimulée dans le mur intérieur du fond de la caverne, et qui donnait dans le temple, était suspendu un grand miroir d’obsidienne et face à cette petite porte, brûlait sur le sol un petit foyer de pin.

On emmenait le candidat au Tzinacalli où on le laissait jusqu’à une heure avancée de la nuit. On lui indiquait qu’il marcherait dans l’obscurité vers la lumière d’un foyer, et que, face à lui, il dirait au gardien du Seuil : “Je suis un fils de la Grande Lumière. Ténèbres, écartez-vous de moi.” Sur la tête du candidat, les chauves-souris commençaient à crier et à voler. Le bois de pin s’éteignait peu à peu, il n’en restait que la braise dont le feu se reflétait dans le miroir. Soudain, un bruyant battement d’ailes, un hurlement terrifiant et une ombre de forme humaine, aux ailes de chauve-souris et de maxtlatl autour de la taille, émergeait de l’obscurité et avec sa lourde épée menaçait de décapiter l’intrépide envahisseur de ses domaines.

Malheur au candidat qui reculait terrifié ! Une porte qui jusqu’alors était restée habilement dissimulée dans la roche s’ouvrait en silence et dans l’entrebâillement, apparaissait un étranger, montrant le chemin du monde des profanes d’où le candidat était venu. Mais si le candidat avait la présence d’esprit suffisante de résister impassible à l’attaque de Camazotz (le Dieu des chauves-souris), la petite porte occulte face à lui s’ouvrait doucement et un Maître venait à sa rencontre pour découvrir, caché parmi les ombres de la caverne, l’effigie du candidat modelée dans du papier mâché, laquelle était incinérée, tandis que les autres Maîtres souhaitaient la bienvenue au candidat et l’invitaient à entrer dans le Temple.

Ce Rituel symbolise la mort des passions de la personnalité de l’Initié dans son passage des ombres à la lumière.

À travers ces épreuves de l’ordalie auxquelles étaient soumis les candidats pour être Initiés dans les Anciens Mystères, on représentait leur Âme animale, parfois comme une chauve-souris car comme la chauve-souris, leur Âme était aveugle et privée de pouvoir par manque de lumière spirituelle, de soleil.

Tels des vampires, les dépravés et les avares se jettent sur leurs proies pour dévorer les substances vivantes qu’il y a en elles. Et ensuite, déambulant paresseusement, ils retournent aux sombres cavernes des sens, où ils se cachent de la lumière du jour comme tous ceux qui vivent dans les ombres de l’ignorance, du désespoir et du mal.

Le monde de l’ignorance est gouverné par la peur, la haine, l’envie, la luxure. Dans leurs sombres cavernes, errent les hommes et les femmes qui ne se meuvent qu’au gré de leurs passions.

C’est seulement lorsque l’homme réalise les vérités spirituelles de la vie, qu’il s’échappe de ce souterrain, de cette maudite caverne de chauve-souris où Camazotz, qui bien souvent tue par sa seule présence, demeure caché à l’affût de ses victimes. Le soleil de la vérité se lève en l’homme, illumine son monde, quand il élève son esprit de l’obscurité de l’ignorance et de l’égoïsme vers la lumière de l’altruisme et de la sagesse.

Symbole de cet état de Conscience en l’homme, ce sont les yeux d’aigle qui, sur les tarses des pieds de Coatlicue, essaient de voir vers l’infini.

Pratique (invocation du dieu Chauve-souris Camazotz)

Nous vous recommandons de choisir un lieu privé pour vos pratiques. Un petit écritoire ou une table.

Une nappe blanche sur la table. Une petite croix en bois ou en métal.

Deux bougies de cire ou de paraffine.

Choisissez un jeudi, de 21 heures à 22 heures ou de 22 heures à 23 heures.

Trois jours avant de faire l’invocation du Dieu Chauve-Souris ou de Camazotz qu’il veut affronter, l’étudiant désireux d’avancer sur le sentier, devra se nourrir exclusivement de fruits, de légumes, de pain noir et de lait.

N’ayez pas peur de l’invoquer. L’Âme, purifiée par l’amour et la sincère dévotion à son Dieu interne, ne doit pas avoir peur de quoi que ce soit, ni de qui que ce soit, si ce n’est de la peur.

Après votre invocation, rapportez longuement, en détail, ce que vous avez vécu, vu ou entendu, pendant la pratique, et gardez cette expérience de votre vie pour vous seul.


42. Les Jougs “U”
Troisième partie