Téléchargez "Je suis allé sur Vénus" de Salvador (.) Medina

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Téléchargez "Je suis allé sur Vénus" de Salvador (.) Medina

Message le 22 novembre 2012, 21:12

Bonjour,

Toujours en provenance du site le gnosticisme,

"Je suis allé sur Vénus" de Salvador Villanueva Medina
sous-titre : témoignage d'un événement d'une importance planétaire

Ce livre numérique vient juste de sortir, le webmaster du site ayant assuré sa traduction inédite en français. Je ne connais pas la date de sortie du livre en langue espagnole, je sais seulement que l'expérience a été vécue en 1953.

Lien indirect pour le télécharger : http://www.gnosticisme.com/divers-livres/

vous connaissez sans doute le livre de Rabolu : Hercolubus ou planète rouge qui lui aussi est allé sur Vénus (et même sur Mars). C'est incroyable comme les deux livres évoquent les mêmes choses au sujet de la vie sur Vénus. C'est confondant.

Je sais que vous avez sûrement entendu que les scientifiques ont envoyé des sondes sur Vénus et que les informations transmises leur ont appris que la planète n'était pas habitable, irrespirable, etc... En fait, je suis certain que les vénusiens avec leur millénaires d'avance ont falsifiés les données de la sonde pour faire croire cela.... de même sur les sondes envoyées sur Mars... On croit être les seuls habitants du système solaire alors qu'il y a des humanités représentées sur chaque planète, soleil compris ! voir les différents sujets du sous-Forum : Intelligences Extra-terrestres

Dans le livre de Medina, vous trouverez une préface rédigée par Samael Aun Weor qui accordait toute confiance à son auteur.

Vous en souhaitant une bonne lecture,
Issu d'une civilisation décadente qui est plus admirative des pseudo-miracles de la science que du chemin emprunté par les alchimistes et Maîtres des écoles de régénération, comment puis-je me détourner des fausses valeurs ?
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Est-il possible de soulever le voile d'Isis avec une pure intention quand on est un animal intellectuel ?
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Pourquoi faut-il que la mystique me tente mais pas assez pour que je prenne le ciel d'assaut ?
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Quels egos me faut-il éliminer afin de pouvoir emprunter le chemin de l'intégration de L’Être ?

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Re: Téléchargez "Je suis allé sur Vénus" de Salvador (.) Med

Message le 24 novembre 2012, 08:12

(texte intégral)

JE SUIS ALLÉ SUR VÉNUS

TÉMOIGNAGE D'UN ÉVÉNEMENT D'UNE IMPORTANCE PLANÉTAIRE

SALVADOR VILLANUEVA MEDINA est né en août 1910 dans un village de l'État du Jalisco. Il s'est maintenant retiré complètement de toutes les activités de recherche ufologique. il est humble dans ses revendications, il est généreux, bon et sage ; autodidacte et fier de sa chance d'avoir visité un monde grandement en accord avec ses idéaux. L'expérience vécue par Monsieur Salvador Medina Villanueva en 1953 a donné lieu à ce livre, lequel a été traduit en six langues ; en Allemagne seulement il s'en est vendu 80 000 exemplaires.

Moi, son fils Salvador, respectant deux promesses, celle qu'a faite mon père à ses amis extraterrestres ainsi que la promesse que je lui ai faite : celle que cette expérience ne sera jamais oubliée. Je rends publique son expérience, car seule la magie du temps lui donnera raison. Je profite de l'occasion pour remercier les Éditions Mina, et à mon grand bonheur, voici cette nouvelle édition de l'aventure de mon père dans un autre monde.

Salvador Villanueva (fils)

PRÉSENTATION

NOUS CONNAISSONS personnellement Salvador Villanueva Medina, l'homme qui a été sur Vénus. Salvador n'a rien de fantastique, et n'a aucun déséquilibre. Salvador a été examiné par des psychiatres qui sont arrivés à la conclusion que c'est un homme normal, mentalement équilibré.

Salvador ne vit pas de son extraordinaire aventure, ni du livre qu'il a écrit intitulé : « Je suis allé sur vénus ». ce gentilhomme, maintenant, est mécanicien de profession, il répare des automobiles. il vit de ça. Nous-mêmes sommes allés dans son atelier et l'avons vu travailler. c'est une personne pratique à cent pour cent. Le domicile de ce gentilhomme ne sera pas divulgué étant donné que nous n'avons pas l'autorisation pour le faire. Nous nous limitons à seulement 2 choses : la première, donner témoignage que cet homme est un homme absolument saint d'esprit, dédié à son travail et à sa famille ; la deuxième, que cet homme est passé par une aventure formidable, mais ne vit pas d'elle.

Salvador Villanueva Medina raconta ce qui s'est passé et cela lui a coûté beaucoup de souffrance, parce que les canailles, les sceptiques de toujours, les imbéciles se sont moqués de lui.

Salvador a été sur vénus hors de tout doute et a accompli le devoir d'informer ses semblables, malgré qu'ils se moquent de lui. Victor Hugo a dit que « celui qui rit de ce qu'il ne connaît pas est sur la voie de devenir un idiot ».

Pendant 5 jours, Salvador a habité sur la planète vénus, et il est retourné sur Terre après avoir vérifié la réalité de toutes ces affirmations faites par les vénusiens. La civilisation vénusienne est des millions de fois plus avancée que la nôtre, les orgueilleux terriens.

Salvador raconta ce qu'il vécut. Nous nous limitons à le commenter. l'entreprise Philips a examiné des échantillons de terre et de plantes ramassés à l'endroit où Salvador a trouvé le vaisseau et a découvert un désordre atomique très étrange dans ces échantillons. Aussi, l'endroit fut-il photographié, car il y avait les empreintes du vaisseau.

Le sage Adamski a fait une conférence sur ce thème dans le théâtre insurgente au Mexique. une commission allemande de scientifiques s'est intéressée à la question et ils sont allés rendre visite à Salvador. Ils ont étudié l'événement sur le terrain. il n'est resté aucun doute. cependant, les imbéciles continueront à rire comme toujours, parce que ce sont des imbéciles.

Samaël Aun Weor


À TITRE DE PROLOGUE

LE MOIS D'AOUT est devenu significatif pour moi car ce fut dans celui-ci que j'ai vu le jour, même si de cette date à aujourd'hui il s'est passé près d'un demi-siècle. ce fut aussi dans un mois d'août que j'ai eu le plus grand privilège qu'un individu peut souhaiter. Dans les deux cas, l'aventure s'est déroulée à mon insu.

La première peut être démontrée par ma naissance ; la deuxième s'avère difficile à prouver parce qu'il n'y avait même pas de témoins ; mais cette dernière a été plus riche en incidents que la première. celui qui a semé profondément le plus de doutes dans mon esprit fut un camionneur. il fut la première personne mise sur mon chemin lorsque j'eus terminé cette aventure fantastique. J'ai débordé d'optimisme trop facilement, sans même en imaginer les conséquences qui me situaient sur la limite du sublime et du ridicule.

Mais j'ai essayé de tirer profit de cette expérience. À partir de là, j'ai marché en faisant plus attention, bien qu'à vrai dire je n'aie pas pu non plus obtenir de grands bienfaits avec cette tactique.

J'admets qu'après le premier échec, j'avais enfermé l'expérience glorieuse dans mon être avec une certaine facilité, bien qu'aux personnes qui l'avaient rendue possible j'avais promis de la rendre publique. Pendant un an et demi, j'ai fait abstraction de cette promesse et l'on m'appuyait pour me renforcer, car ma préparation intellectuelle était nulle. ces gens ont insisté en m'assurant qu'ils se doteraient d'un moyen pour m'aider dans cette responsabilité transcendantale.

Je n'étais pas surpris de voir dans les premières pages des journaux des nouvelles sur des personnes qui avaient eu des expériences semblables à la mienne, bien que de plus petite envergure.

À nouveau, la curiosité de savoir s'ils me croiraient a commencé à bouillir en moi. Je me suis proposé de tout raconter à un intellectuel et je crois que j'ai été judicieux dans la sélection. À cette époque, un journaliste qui, sous le pseudonyme de M. G. B., écrivait une série d'articles sur le sujet attira mon attention. À cause du sérieux avec lequel il agissait, j'ai décidé de l'intéresser en lui envoyant une partie de l'histoire, car on ne pouvait pas chasser de moi l'incertitude qu'avait provoquée notre ami camionneur. Par conséquent, je jugeai que de nouveau j'avais commis une erreur, en ne racontant pas l'expérience dans les moindres détails à cet homme.

Car maintenant, c'était lui qui prenait mes mots avec méfiance et, bien qu'il m'ait donné l'occasion de me justifier, je crois que je n'ai pas su en profiter, augmentant ainsi sa méfiance.

À cette époque, il y avait un couple de Nord-Américains en vacances au Mexique, qui avait eu l'occasion de voir un vaisseau spatial à basse altitude. cela les avait tellement enthousiasmés qu'ils avaient décidé de bien se renseigner et de dicter quelques conférences. Au Mexique, ils entrèrent en contact avec le monsieur M. G. B., qui eut la gentillesse de m'inviter à leur première conférence dans la capitale.

Quelque 300 personnes enthousiastes participèrent à cette dernière, la majorité bien informée et certaines avec des expériences personnelles. Les journalistes ont aussi fait acte de présence, ce pour quoi ce nouvel incident qui allait augmenter mon acquis personnel s'avérait intéressant.

En compagnie de mon fils aîné, nous occupions un coin de la salle, en laissant se dérouler la séance. Les esprits s'échauffèrent. Plusieurs personnes montèrent sur l'estrade pour raconter leur expérience, ce qui augmentait l'intérêt des concurrents. Aussitôt, la personne qui dictait la conférence, s'adressant à l'auditoire, demanda si certaines des personnes présentes avaient établi un contact avec des membres d'équipage de vaisseaux spatiaux.

La question eut un effet foudroyant en moi qui, sans savoir avec certitude la portée de ma décision soudaine et en sentant qu'une force extraordinaire m'y obligeait, j'ai levé la main, étant invité à l'estrade devant l'attente générale. J'avais seulement marché quelques pas, que déjà je le regrettais ; mais j'ai continué. ils m'ont heureusement traitée avec courtoisie, et il y eut même un grand auteur, monsieur Francisco Struk, qui était présent, qui se mit à ma défense, en appuyant mes paroles, ce qui calma l'effervescence que j'avais provoquée.

Les Nord-Américains s'intéressèrent à enquêter sur mon histoire et, ensemble avec monsieur M. G. B., ils m'invitèrent à leur parler du lieu où j'avais vu et abordé le vaisseau.

À cette occasion, un ingénieur militaire, un professeur de mathématiques de nationalité nord-américaine ainsi que Salvador Gutiérrez, un jeune photographe de presse expérimenté, nous ont accompagnés. L'excursion fut un succès. L'ingénieur que je guidais fit des calculs et ne tarda pas à localiser l'emplacement exact, vérifiant les dimensions de l'appareil. ceci me fit retrouver la confiance que m'avait fait perdre notre ami camionneur. Et j'acquis alors une nouvelle connaissance : que les vaisseaux laissent toujours une trace où ils atterrissent, et ce à découvert.

Dans le cas qui nous intéresse, comme il a atterri dans un endroit couvert d'une végétation qui atteignait une grande hauteur, celle-ci fut brûlée d'une manière inhabituelle, inconnue pour nous et c'était ainsi un an et demi après.

Nous avons emporté des échantillons de terre, de l'intérieur et de l'extérieur de la trace, qui ont été analysés dans les laboratoires Phillips, et l'on a constaté que dans les deux échantillons il y avait une différence moléculaire très marquée. Peu après, vint de californie, É.-U., monsieur Jorge Adamski. il dicta également une conférence sur le sujet au Théâtre des insurgés, et il assura qu'il avait eu de nombreux contacts avec des membres d'équipage de vaisseaux.

On me l'a présenté à la maison de monsieur M. G. B. et je me suis limité à répondre à ses questions ; mais sans m'étendre. il eut alors la ferme conviction qu'aucune des personnes qu'il avait connues ne jouissait d'une plus grande expérience que moi, et il m'a semblé vouloir mes confessions seulement pour son bénéfice personnel.

L'auteur anglais monsieur Desmond leslie est également passé par cette capitale. J'ai eu l'occasion de le connaître et de l'accompagner pendant un jour et demi, grâce à l'intérêt du diligent investigateur et journaliste monsieur M. G. B., qui n'a pas pris un moment de repos pour profiter d'autant d'occasion qu'on lui présentait pour faire des recherches sur mes expériences.

Je dois clarifier, comme je l'ai déjà dit avant, que je n'avais pas non plus raconté l'expérience complète au journaliste. comme aux autres personnes, je me suis limité à lui rapporter seulement une partie, puisque je considérais le reste invraisemblable. Je craignais qu'ils me ridiculisent, alors j'acceptais l'idée que les gens ne croient pas à ce qu'ils n'ont pas vu de leurs propres yeux.

Cependant... la promesse que j'avais faite aux membres de l'équipage du vaisseau spatial continuait à hanter mon esprit.

Et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'écrire mon récit en détail, sans les limites qu'impose le journalisme. J'espère qu'on pardonnera mon audace.

Pour les personnes expérimentées en télépathie, je raconte à la fin de cet ouvrage quelque chose que j'ai capté avec tourment sans pouvoir le déchiffrer complètement ; mais que je me sens obligé de raconter afin de respecter ma parole.

Salvador Villanueva Medina

CHAPITRE 1

LE CONTACT


C'ÉTAIT LA DEUXIEME semaine du mois d'août 1953. Je faisais un tour dans une voiture de location lorsque des Américains m'ont arrêté, un homme et une femme. ils m'ont demandé si je pouvais leur recommander un conducteur qui les aiderait à conduire leur voiture jusqu'aux États-unis, par la route de Laredo. contrairement à mes habitudes, ce travail m'intéressa et je leur ai offert mes services. Nous sommes partis deux jours plus tard. L'automobile était une magnifique Buick modèle 52 qui roulait très bien. Le couple était pressé d'arriver et nous avons conduit le véhicule à tour de rôle.

Nous avions parcouru moins de 500 kilomètres — 484 pour être exacte —, quand un bruit s'est produit dans la transmission de la voiture. Nous nous sommes arrêtés, craignant de causer un dommage sérieux.

Mes compagnons décidèrent de rebrousser chemin à la recherche d'une dépanneuse, puisqu'en pleine route et sans outils il était impossible de faire quelque réparation que ce soit. Lorsque mes improvisés patrons s'éloignèrent, j'ai sorti le cric dans le but d'essayer de savoir d'où provenait le bruit.

Je l'ai installé et levé une roue ; j'ai démarré le moteur relié à la transmission et je me suis glissé en dessous, pour entendre plus clairement. En étant dans cette position, j'ai entendu quelqu'un s'approcher. J'entendais des pas dans le sablon qui s'accumule sur le bord de la route. Au moment où mes improvisés patrons étaient partis et que je m'étais mis sous la voiture je n'avais vu personne dans les environs, et l'endroit est désert. Alarmé, j'ai essayé de sortir le plus rapidement possible. Je n'avais pas terminé de le faire lorsque j'ai entendu une voix étrange qui dans un parfait espagnol m'a demandé ce qui était arrivé à la voiture. Je n'ai pas répondu, j'ai plutôt fini de sortir, en restant assis et en récupérant sur la carrosserie.

J'avais en face de moi, à environ un mètre et demi, un homme étrangement habillé, de petite stature. il ne mesurait pas plus d'un mètre vingt.

Il était habillé d'un uniforme fait d'un matériau semblable au velours ou à un lainage. il n'avait pas de partie visible autre que la tête et le visage, dont la couleur s'avérait étonnamment semblable à l'ivoire. Ses cheveux, blonds et légèrement ondulés, lui tombaient un peu plus bas que les épaules et en arrière des oreilles. Les sourcils, le nez et la bouche formaient un ensemble merveilleux, qui s'agençait à une paire d'yeux d'un vert brillant qui rappelaient ceux d'un animal sauvage. il portait une ceinture épaisse aux bords arrondis, remplie de petites perforations et sans joints apparents.

Il avait un casque semblable à ceux qui sont utilisés pour jouer au football américain, mais légèrement déformé à l'arrière. Dans ce casque, il y avait à la hauteur de la nuque une bosse de la taille d'un paquet de cigarettes, recouverte également de perforations qui allaient vers les bords en diminuant.

À la hauteur des oreilles, on voyait deux trous ronds d'environ un centimètre, desquels sortaient une grande quantité de petits fils minces et chancelants qui, regroupés à l'arrière du casque, formaient une circonférence d'environ trois pouces et demi. ces petits fils et la protubérance étaient bleu, de même que la ceinture. il y avait aussi une bande apparemment métallique qui rejoignait le col de l'uniforme. ce dernier ainsi que le reste du casque étaient gris foncé.

L'homme porta sa main droite à sa bouche comme pour me demander si j'étais incapable de parler. J'ai trouvé la sonorité musicale de sa voix hallucinante. Elle sortait d'une bouche parfaite qui encadrait deux rangées de petites dents très blanches.

J'ai fait un effort et je me suis relevé. En constatant ma supériorité physique j'ai repris un peu courage. L'individu m'encourageait en esquissant un sourire plein de douceur. cependant, l'étrange impression que m'avait produite la soudaine apparition de ce type si singulier m'habitait encore. comme je ne me sentais pas forcé de répondre, je lui ai demandé à mon tour s'il était aviateur.

Faisant preuve de bonté il me répondit que oui il l'était et que son avion, comme nous l'appellions, n'était pas loin.

Réconforté par sa réponse, j'ai décidé de l'inviter à monter dans la voiture. il y avait un petit vent froid, assez désagréable, qui augmentait de temps à autre, au passage des véhicules à grande vitesse. L'obscurité commençait à tomber et l'homme, au lieu d'accepter ou de me remercier pour l'invitation, commença à ajuster soigneusement son casque, ce qui fit un bruit très semblable à celui produit par une voiture qui roule à grande vitesse. Dans les perforations de sa ceinture, diverses lumières qui s'intensifiaient commencèrent à s'allumer et à s'éteindre en abondance.

L'homme a levé sa main droite comme pour dire aurevoir. il s'est approché d'un monticule de terre, l'a atteint avec agilité et a sauté dans la forêt qui bordait la route.

Après un moment, j'ai grimpé au même endroit et j'ai essayé de le voir. J'ai vu à une certaine distance la bande lumineuse de sa ceinture qui ressemblait à un amas de lucioles. Je suis resté là jusqu'à ce qu'il disparaisse dans l'obscurité de la forêt.

Je suis retourné à la voiture, j'ai enlevé le cric et, suivant le conseil des gardiens de routes en motocyclettes qui passaient, je l'ai poussé hors de la route en la rapprochant de la bordure où elle était arrêté.

Je me suis recroquevillé dans le siège en songeant à cet être étrange et j'ai pensé que peut-être il était vraiment un aviateur qui avait été victime d'un accident ou d'un incident et que son avion s'était détruit dans la forêt.

Finalement, je me suis endormi. il a dû se passer pas mal de temps, parce que je dormais profondément lorsque de forts coups donnés dans la fenêtre de la porte avant droite m'ont réveillée. Au premier coup d'œil, j'ai aperçu deux personnes à l'extérieur de la voiture. Je me suis dit que c'étaient les propriétaires de cette dernière qui revenaient. Sans réfléchir, j'ai ouvert la porte, et grande fut ma surprise lorsque j'ai constaté que c'était ma « connaissance », maintenant en compagnie d'un autre individu ayant la même apparence et accoutré de la même manière. Sans réfléchir, je les ai invités à monter, chose qu'ils ont acceptée immédiatement. Ce fut alors que, pour la première fois, j'ai eu l'étrange sensation que ces êtres étaient quelque chose de supérieur à moi.

Lorsque j'ai étiré mon bras droit par-dessus eux pour essayer de les aider à fermer la portière, comme s'ils avaient voulu me mettre en garde, j'ai senti une douleur aiguë comme celle produite par un coup sec donné sur un coude, suivi d'un engourdissement qui m'a momentanément paralysé le bras.

L'impression fut si forte que, instinctivement, je me suis tassé vers la gauche pour m'éloigner d'eux.

Un moment après, on pouvait sentir une petite chaleur qui se dégageait de leurs corps ou de leurs uniformes, qui pour sûr s'avérait agréable, puisqu'à cette période de l'année la température dans la région est fraîche.

Sans présentation d'aucune sorte, celui qui plus tôt m'avait rendu visite, et qui se trouvait au centre, m'a demandé si j'étais parvenu à réparer la voiture. Je lui ai répondu que je n'avais pas suffisamment d'outils pour tenter une réparation comme telle et que par conséquent, je n'avais pas d'autre solution que d'attendre mes compagnons qui étaient partis chercher de l'aide.

Il y eut un moment de silence, et je me suis rendu compte qu'ils essayaient de m'observer avec un certain enthousiasme. J'ai allumé les lumières à l'intérieures de la voiture et, simplement pour demander quelque chose, je leur ai demandé s'ils étaient européens. La perfection de leurs traits me faisait comprendre qu'ils n'appartenaient à aucune race que je connaisse.

celui qui était au milieu et qui tenait la conversation, me dit en souriant légèrement qu'ils provenaient d'un endroit beaucoup plus éloigné que ce que je connaissais ou que je pourrais imaginer. cette allusion à leur provenance me produisit une étrange sensation ; mais je n'ai jamais pensé à d'autres planètes, mais plutôt à d'autres pays.

Notre lieu d'origine, a-t-il dit, est bien plus peuplé que celui-ci. Il est difficile de trouver de grands espaces entre les gens.

Ensuite, l'homme se mit à parler tellement que je suis resté perplexe. Il y avait un contraste entre lui et sa facilité de parole, et son compagnon et son silence. Le deuxième, qui était plus rond de visage et plus robuste en général, faisait seulement de petits mouvements de tête, en laissant parfois apercevoir ses petites dents qui se démarquaient par leur blancheur ; mais sans dire un mot.

Le plus petit poursuivit en disant qu'on pouvait considérer l'endroit d'où ils venaient comme étant une ville continue, qui recouvrait tout, car les rues se prolongeaient sans fin, que celles-ci ne se croisaient jamais au même niveau, qu'il y avait tellement de véhicules et que la diversité était tel que j'en serais facilement renversé.

Il affirma que ces véhicules n'utilisaient pas de combustible minéral, ni végétal, car les vapeurs de ce type de combustible s'avéraient dommageable pour les organismes.

Il a aussi déclaré que la force de propulsion était fournie autant par la chaleur centrale de leur planète que du soleil, puisqu'ils étaient des sources inépuisables d'énergie.

Il a continué en disant que, le long de leurs trottoirs, se déplaçaient des bandes sans fin qui permettaient aux passants d'éviter de faire des efforts. Aussi que les gens ne s'aventuraient jamais sur la chaussée, car ceux-ci étaient métalliques et conducteurs de l'énergie avec laquelle étaient propulsés leurs nombreux véhicules.

— Ils sont complètement différents de ceux que vous utilisez. Tu verras qu'avec le matériau et l'espace que vous employez pour transporter six passagers, nous en portons vingt-cinq, et dans certain cas jusqu'à cinquante, et cela seulement sur le premier étage. — Il dit cela en parcourant des yeux l'intérieur de l'automobile spacieuse que nous occupions. — Mais nous en avons qui possède jusqu'à dix étages.

Tout cela me contrariait, puisque je ne connaissais aucun pays dans le monde qui n'utilisait aucun combustible dans leurs véhicules. Peut-être qu'ils les avaient trop peuplés, mais la discussion sur leurs villes s'est arrêtée là. J'ignorais également qu'ils les avaient mécanisées à un tel degré.

ces hommes me semblaient deux farceurs. Je leur ai demandé comment ils faisaient pour produire des légumes, puisqu'ils étaient si peuplés. J'avais posé la question en plaisanterie ; mais il me répondit tranquillement : qu'il y a bien longtemps de cela, ils avaient cultivé des légumes en bien plus grande quantité que ce que nous connaissons. Ils le faisaient dans des perforations, ils se servaient des murs à cette fin, ils produisaient ainsi des légumes intérieurs ou souterrains.

Quelque chose dans cela me semblait logique. Mais d'autres choses décidément non. Maintenant, en essayant de m'orienter, j'ai demandé s'ils étaient près de la mer. Il me répondit, comme sans donner d'importance à la question, qu'ils en avaient seulement une, mais qu'elle était trois fois plus profonde que la nôtre.

La chose m'a paru burlesque, et je lui ai reproché son attitude. Les deux individus ont explosé en un bruyant éclat de rire qui m'a contrarié ; mais j'en suis venu à penser que probablement mon ignorance était plus grande que je l'imaginais, et à vrai dire je ne me suis pas senti offensé.

Devant mon impassibilité, l'homme me lança : — J'espère que tu comprends que nous sommes en train de parler d'une autre planète.

— D'une autre planète ? — lui ai-je demandé indigné et étonné.

— Oui monsieur, un autre « monde » comme vous appelez cet endroit où vous vivez. Je crois que tu sais qu'ils existent ?

— Bien sûr que je le sais — que je me suis empressé de répondre, parce que la question m'a paru offensive.

— Tout de même ! Comment pourrais-je ne pas savoir qu'il existe d'autres planètes ? — Et afin de démontrer mes connaissances en astronomie, j'ai terminé en affirmant que selon nos sages, aucune autre planète au-delà de la nôtre ne pouvait avoir d'habitants rationnels.

— Qu'est-ce qui vous fait penser une chose pareil ?

— me demanda-t-il — Serait-ce les moyens déficients dont vous disposez pour faire vos calculs ? cela ne vous semble-t-il pas trop prétentieux de croire que vous êtes les seuls êtres qui peuplent l'univers ?

cela prenait une tournure plus sérieuse que ce que j'avais pensé. J'ai aussitôt commencé à me rappeler de la douleur que je sentais encore dans mon bras et aussi de l'étrangeté de ces types avec leurs uniformes et leurs ceintures, avec leurs casques, l'étrangeté de la couleur de leur peau, de leurs yeux expressifs et de leur voix étrange, dont le son était sans pareil.

Pour mon pauvre intellect, ces individus étaient trop éprouvants. J'ai décidé de continuer à résister et je leur ai dit que tout cela me paraissait incroyable.

— Bien sûr — m'a-t-il répondu. Cela s'avère incroyable pour votre mentalité ; mais dis-moi, pourquoi est-ce incroyable ?

CHAPITRE 2

LE VAISSEAU


LA QUESTION FUT si inattendue qu'elle me troubla. Je lui ai donc lancé que je croyais savoir, par les calculs de nos astronomes et nos mathématiciens, que certaines planètes parmi celles qui forment notre système solaire sont trop froides et d'autres trop chaudes.

— D'accord. Je vais te donner un exemple simple : vous avez des endroits extrêmement froids et pourtant il y a des gens qui y vivent. Ils arrivent à subsister sans artifices ni aides mécaniques d'aucune sorte, en comptant seulement sur leurs propres moyens. Maintenant, imagine ces mêmes individus dotés des éléments nécessaires, des outils pour façonner le climat ou l'environnement dont ils ont besoin. En quoi la distance à laquelle ils sont du soleil pourrait bien leur importer, si celui-ci leur donne les moyens nécessaires pour se protéger et en outre, de transformer le nuisible en bénéfique ? Maintenant, un autre petit exemple. J'ai continué à l'écouter.

— Tu sais bien qu'un individu, en se prévalant seulement d'un petit réservoir dans lequel il emmagasine ce dont il a besoin pour respirer, peut être hors de son milieu naturel, sans que sa structure organique soit mise en danger. L'exemple a illuminé mon esprit et sans perdre de temps, je lui ai demandé :

— Vous devez donc respirer quelque chose de différent à ce que notre organisme est habitué ?

— Évidemment — il m'a répondu satisfait.

— Mais je ne vois pas d'accessoires.

— Tu ne vois rien parce que, selon ta mentalité, il doit y avoir un accessoire ; mais touche ici. — Il me dit cela en m'invitant à toucher ce qui devait être l'estomac et l'on pouvait y sentir une consistance ferme, différente de la nôtre. Tout de suite après il compléta l'explication :

— Nous portons ici ce qui nous maintient en vie. Cela injecte directement dans les poumons.

— C'est vraiment merveilleux — je m'exclamais avec enthousiasme. Cependant. diable !, les doutes continuaient à m'assaillir. Il m'avait avisé de cela, et c'est pour cette raison qu'il m'avait dit que je pourrais demander ce que je voudrais et qu'il me répondrait.

Pour commencer, je lui ai dit que s'ils venaient d'un autre monde, quel type de véhicule utilisaient-ils ?

Il m'a répondu qu'il m'avait déjà dit que son vaisseau n'était pas très loin et que bientôt j'allais avoir l'occasion de le voir, si cela m'intéressait.

Une question me tracassait, mais je ne trouvais pas la façon de la poser sans les offenser. L'idée m'était venue que, vu que les adultes sont si petits, comment étaient les enfants.

Et devant mon étonnement, comme s'ils lisaient dans mon mental, il a répondu à ma pensée de la façon suivante :

— Je vais t'expliquer ce que tu veux savoir, c'est-à- dire, ce qui concerne les enfants. Dans notre monde, nous ne voyons pas d'enfants dans les rues. Dès leur naissance, ils demeurent sous la tutelle de ce que nous pourrions appeler le « gouvernement », et celui-ci se charge d'eux jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge adéquat. C'est alors qu'on les classifie en accord avec leurs qualités physiques et mentales et on leur assigne un endroit déterminé, où il y a un besoin. Généralement, cette opération est menée à bien par des couples, un homme et une femme.

Et l'idée m'est venue de lui demander comment ils faisaient pour acclimater un individu d'une zone froide à une chaude, ou vice versa.

— Comme tu le verras, nous n'avons pas ce problème. Pour la simple raison que notre monde entier jouit d'un seul climat uniforme et celui-ci n'est pas naturel, mais artificiel, créé par nous-mêmes. Tu comprendras maintenant que nous jouissons d'un seul climat, doux, sans avoir de régions extrêmes comme vous. De plus, la densité de notre population ne permet pas ce luxe.

Cela, pour moi, devenait très convainquant. Tout semblait appuyer ce qu'il prétendait être et maintenant cela commençait à me sembler logique. À nouveau, mon esprit donna lieu à une autre question. C'était concernant leur unique mer, et je n'avais pas terminé de la formuler lorsqu'il interrompit ma pensée :

— Je t'ai déjà dit que nous avons une mer et celle-ci contient autant de liquide que tous les vôtres combiné. De celle-ci nous sortons tous les matériaux, ceux que nous utilisons pour construire nos bâtiments, pour confectionner nos vêtements, pour fabriquer nos véhicules et 60 % ou plus de notre alimentation.

Il continua :

— Nos bateaux actuels ne sont pas comme vous les concevez et les construisez. Les nôtres vont autant dans les airs que sur l'eau qu'à tout autre endroit sans danger d'aucune sorte. Dans cette mer, on a installé à de grandes profondeurs, d'immenses usines qui disposent de systèmes différents de ceux que vous utilisez. Ces systèmes attirent les populations marine. Là, ils sont choisis et utilisés scientifiquement.

Devant mon étonnement, il a ajouté :

— Comme tu le comprendras, dans notre mer il n'y a pas de perturbations d'aucune sorte, parce que nous l'avons à notre service et sous notre contrôle et par conséquent ces contingences sont écartées.

Cela s'était maintenant transformé pour moi en une incessante préoccupation. Je voulais en savoir plus sur ces gens. Je lui ai demandé comment il se faisait qu'ils parlaient si bien l'espagnol. Il m'a répondu qu'ils pouvaient en peu de temps parler n'importe quelle langue aussi difficile qu'elle puisse être ; que, dans son monde, ils avaient déjà parlé, comme dans le nôtre, une quantité infinie de langages ; mais que maintenant ils en employaient seulement un, formé des mots les plus faciles, et l'avaient amélioré de façon extrêmement efficace et simple.

Je leur ai demandé s'ils connaissaient notre monde en entier. Il m'affirma qu'ils le connaissaient bien plus qu'en surface, mais aussi sa structure complexe et toutes les coutumes des différentes régions éloignées. Qu'en premier, ils récoltaient ces informations à l'aide d'appareils appropriés dont tous leurs vaisseaux étaient dotés. Et qu'ensuite, avec l'aide de gens de leur propre peuple, choisi, parmi ceux qui nous ressemblaient le plus physiquement.

En générale, ils le laissent bien ravitaillé près de l'endroit où ils souhaitent faire des recherches et ils le reprennent au moment propice.

Les objectifs qu'ils poursuivaient dans notre monde ont commencé à me préoccuper. Ainsi, donc, en lui demandant, il me répondit, en illustrant la réponse avec un peu d'histoire :

— L'étape que vous traversez en ce moment, nous l'avons vécu il y a quelques milliers d'années. Dans notre monde, il y eut des guerres et de la destruction, des retards et des avancés ; mais un beau jour est arrivée l'équanimité. On a alors renversé des dirigeants politiques et l'on a élu à leur place des sages et de grands humanistes. Au lieu des orgueilleux, ambitieux et égoïstes, qui cherchaient seulement le profit pour leur propre bénéfice, on a mis en place des hommes consacrés à l'amélioration collective.

Après une brève pause :

— Il y eut un changement total dans l'administration publique et, peu à peu, la vanité a disparu. Elle qui constituait le meilleur allié des exploiteurs. Et la morale dans tous ses aspects a fini par s'installer fermement. Maintenant, de vrais sages nous gouvernent. Ils nous procurent une meilleure alimentation, de meilleurs vêtements, une éducation meilleure et uniforme. on a mis fin aux privilèges. Maintenant, au même endroit, on éduque physiquement et mentalement celui qui probablement descend de riches et celui qui descend de pauvres. Lorsqu'un individu arrive à une période de sa vie où il se démarque, il est envoyé à un endroit où il peut développer ses aptitudes librement et sans préoccupations.

Il ajouta :

— Ce que vous appelez Nation ou Patrie a totalement disparu. Nous sommes uniquement des citoyens de notre monde. Nous n'utilisons pas de drapeau, ni d'identification d'aucune espèce. Chaque enfant en naissant est tatoué à un endroit sur ses pieds. C'est comme une fiche qui parle de son origine et de ses facultés. Il grandit ainsi sans complexes, sain, et librement.

Les heures avaient passé rapidement. Cela commençait à s'éclaircir quand nous sommes descendus de la voiture. À dire vrai, je ne savais pas si ce qui m'était arrivé était réel, mais ce devait être le cas, car je me trouvais juste à un centimètre de ces deux personnages, qui étaient disposés à me démontrer ce qu'ils venaient de me raconter.

Ils ont pris un peu d'avance et s'ont monté sur le bord en terre. Soudainement, ils se sont retourné, comme s'ils voulaient me surprendre en train de faire quelque chose de louche.

Je me suis rendu compte que de leurs casques et de leurs ceintures sortaient des sons intermittents et à grande échelle, en montant parfois jusqu'à heurter les oreilles. La curiosité m'a envahie et je n'ai pas eu d'autres solutions que de lui demander à quoi leur servaient ces ceintures. La question, apparemment, les remplirent de satisfaction.

Le plus petit fixa son regard sur sa ceinture. Son compagnon a simplement posé ses mains sur lui, sans me quitter des yeux. Mais leur expression était telle qu'ils laissaient comprendre qu'en portant cette merveille, ils se sentaient à l'abri de tout danger. Ou du moins, cela m'a semblé.

Leurs yeux vifs et fulgurants affichaient de l'affection et de la sécurité.

Finalement, le plus petit leva les yeux et me dit :

— Ceci est un appareil qui sert à immobiliser tout mécanisme ou ennemi. Maintenant dit moi — conti- nua-t-il — ta curiosité est-elle satisfaite, désir-tu voir le véhicule ? Viens avec nous — et il a paraphé l'invitation avec un large et aimable sourire.

Il ne m'a pas paru approprié de décliner l'offre. Par conséquent, je me suis empressé de les suivre.

Le terrain était boueux. Nos deux hommes pataugeaient dans les flaques d'eau, en cherchant des endroits plus durs.

Tout à coup, je me suis rendu compte qu'aux endroits où ils posaient les pieds, la boue s'écartait sans y adhérer, avec le même effet que produit un fer chaud.

J'ai regardé mes chaussures. Elles étaient complètement recouvertes de boue. Cela avait souiller jusqu'aux jambes de mon pantalon. Cette constatation m'a donné l'impression de marcher derrière deux fantômes. Inconsciemment, j'ai commencé à ralentir, et à laisser plus de distance entre moi et ces hommes, mais sans cesser de les suivre.

Cela n'était que le commencement d'une série de surprises, qui allaient être gravées à jamais dans mon cerveau.

Quelques mètres plus loin, à ma grande surprise, j'avais devant les yeux le vaisseau majestueux dont ils m'avaient parlé. Il émergeait éblouissant, entourée de feuillage, comme un œuf gigantesque dans un nid énorme.

Je me suis arrêté brusquement et je me suis mis à contempler ce que j'avais devant moi.

Une majestueuse sphère aplatie reposait sur trois bouées qui formaient un triangle. Il y avait, dans la partie supérieure, une cabine légèrement inclinée vers l'intérieur, comme d'un mètre de hauteur, entouré de trous qui ressemblaient à des hublots comme ceux qu'on utilise pour les bateaux.

L'ensemble était impressionnant et donnait l'impression d'une grande forteresse. C'était d'une couleur qui ressemblait beaucoup à celle produite dans un morceau d'acier lorsqu'on le passe à la meule, mais d'une transparence diffuse.

Lorsque les hommes furent à environ un mètre et demi, ils ont tous deux porté la main droite à la ceinture et ont appuyé dessus. Ensuite, une ouverture dans la partie inférieure de la sphère a commencé à se dessiner et à s'agrandir, pour se transformer finalement en un escalier. En guise de rampes, il y avait deux câbles, apparemment élastiques, parce qu'ils pliaient lorsque les hommes s'y appuyaient.

Je m'étais arrêté à une distance d'environ sept mètres. Comme le vaisseau se trouvait dans un creux, j'ai pu remarquer qu'effectivement les hommes ne laissaient sur les marches ni même une seule particule de boue qu'ils auraient dû avoir sur leurs pieds.

J'ai aussi pu voir comment le plus grassouillet a disparu à l'intérieur. L'autre s'est arrêté au milieu de l'escalier, s'est appuyé sur les rampes et s'est retourné pour me voir. Il m'a alors invité à m'approcher. Bien que quelque chose me tirait dans la direction opposée, j'ai fait un effort et j'ai continué à marcher jusqu'à me mettre à un mètre du vaisseau.

Quelque chose devait avoir changé à l'intérieur de mon être, parce que la peur ou la méfiance que j'avais jusqu'alors ressentie s'étaient transformées en audace. J'ai alors commencé à m'imaginer que ce que j'avais en face de moi n'était pas un vaisseau. Je suis même allé jusqu'à trouver une certaine ressemblance avec une maison d'explorateurs de type conventionnel.

Lorsqu'il a réitéré son invitation, j'ai avancé d'un pas décidé et j'ai commencé à monter derrière lui.

Nous sommes passé par une espèce de lucarne, ou trou rond, de plus ou moins un demi-mètre de circonférence, vers une plate-forme horizontale.

Lorsque je m'en suis rendu compte, le trou par où nous étions entrés s'était scellé de façon inattendue. J'étais certainement impressionné. Mais, en dépit d'être enfermé dans cette chose, la lumière passait au travers. La partie qui devait donner sur l'escalier par où nous étions montés, semblait de cristal, car on pouvait y voir au travers jusqu'à dehors avec une parfaite clarté.

J'ai commencé à balayer du regard ce qui m'entourait.

un mur qui partait du plafond était en angle avec la plate-forme.

Sur ce mur, on y devinait quelque chose qui pouvait bien être un dossier de siège, même si cela était trop haut.

En angle avec ce dossier disproportionné, car ce ne pouvait être autre chose, était ce qui devait être le siège, divisé en trois sections, visible de face, avec quelque chose qui semblait être des couvertures pour les sièges, mais celles-ci avaient été rabattues vers les côtés.

Je devais ressembler à un idiot dans un bazar, parce que les hommes ne faisaient que m'observer. Finalement, celui qui parlait espagnol m'invita à une petite promenade. Mais j'avais maintenant l'impression qu'avec mon poids, ce vaisseau n'allait pas monter d'un centimètre, ce pour quoi je lui ai dit ironiquement que j'aimerais essayer.

Ils me pointèrent le siège du milieu, et eux occupèrent ceux de chaque côté.

Le siège était moelleux, à un degré que je n'avais jamais connu. Je suis passé au moins les deux tiers de ma vie à occuper des sièges de voitures, et je ne peux nier que j'aurais bien aimé doter la voiture avec laquelle je travaille d'un tel siège.

Mais attendez, si le siège était étonnamment doux, le dossier l'était plus encore. Je n'avais qu'à replacer un peu mon corps et facilement je me perdais dans cette masse agréablement accueillante.

Les couvertures furent rabattues sur moi et j'ai immédiatement ressenti une légère pression sur mes jambes et une partie de l'abdomen. Cela s'adaptait avec une telle pression et fermeté, que cela m'a donné l'impression d'être dans une balle d'éponge.

Ce qui était sur mes jambes n'était rien de moins qu'un panneau d'instruments. ce panneau était identique à ceux de mes compagnons de chaque côté de moi, et depuis chacun d'eux on pouvait manœuvrer la machine.

J'aimerais beaucoup pouvoir décrire un de ces panneaux, et je vais essayer de le faire. c'était comme une petite table rectangulaire, légèrement inclinée vers moi. À hauteur de poitrine il y avait un écran qui ressortait considérablement des autres instruments. Il n'était pas plus grand qu'un phare d'automobile, avec une surface convexe. Il était limpide et lumineux, et d'une clarté étonnante. conjointement à cet écran, de chaque côté de la partie avant, il y avait deux protubérances rondes, une blanche et l'autre noire. Je dois clarifier que les couleurs de tous les instruments étaient lumineuses, plus puissante que la lumière fluorescente que nous connaissons. Plus en avant, conjointement à notre écran de tout à l'heure, il y avait trois petites roues, deux placées de façon verticale et une au milieu, de façon horizontale.

Au côté droit, on voyait une série de touches. La première touche était large et les autres étaient étroites. ce clavier était blanc à partir du haut, et à mesure qu'on descendait la couleur noircissait jusqu'à finir d'un noir brillant.

Aux extrémités de chaque côté, il y avait à la portée des pouces de ces petits hommes, deux très petits appuis-pouce en forme d'angle.

Au côté gauche, en rangée comme le clavier, se trouvaient des leviers en forme de petites raquettes ou palmettes qui pouvaient être poussées vers l'avant.

Finalement, en face de l'écran et approximativement au centre du panneau, il y avait quatre pièces en forme de demi-lune, dont le dessous était rond et le dessus était plat. cela s'inclinait par le centre, car seulement deux mouvements étaient possibles. ces pièces formaient une croix.

ces panneaux se complétaient d'un cylindre placé à l'extrémité arrière. Dans ce cylindre, cinq sections se déplaçaient à différentes vitesses, en effectuant des mesures à la diagonale. À mesure que cela tournait, la couleur changeait, en allant du blanc au noir.

Le panneau était plus ou moins ainsi. On y voyait se reproduire les mouvements de la machine, selon la volonté du membre d'équipage. En observant tout cela, je ne m'étais pas rendu compte du moment où nous avions commencé à monter. La montée fut douce, lente et à la verticale.

CHAPITRE 3

LE VAISSEAU MÈRE


JE POUVAIS VOIR À MES PIEDS la voiture abandonnée. Nous avons continué à monter, toujours de façon verticale et toujours en ayant la voiture me repère à mes pieds. Au dernier moment, je l'ai vu de manière brouillée et pas plus grande qu'une voiture d'enfant. Mes compagnons m'ont expliqué comment utiliser l'écran. Il suffisait de faire tourner n'importe lequel des petites roues latérales, pour rapprocher de façon nette et précise tout ce qu'il y avait à l'extérieur du vaisseau. On rapprochait ce qui était en haut avec la roue de droite, et ce qui était en bas avec celle de gauche, et l'on se servait de celle du centre qui était à l'horizontale pour rapprocher l'image jusqu'à donner l'impression que cela se trouvait à un mètre de nous.

J'ai oublié de mentionner qu'à l'extrême droite du panneau il y avait une boule encastrée dans une cavité qui se terminait par un levier rond. celui-ci faisait déplacer un point noir dans l'écran qui servait de mire lorsqu'il fallait utiliser différentes armes, que j'essayerai de décrire plus loin.

Finalement, tout fut recouvert de nuages et l'on a continué de monter. Les hommes cherchaient une éclaircie pour que je puisse voir notre planète, parce qu'ils pensaient, et avec raison que cela allait m'impressionner. Pour ma part, je me sentais calme. J'essayais de trouver la raison de cette tranquillité, parce que cela me paraissait anormal. Mon caractère est nerveux de nature, et en plus je n'avais jamais monté dans un avion, et cela me semblait une raison suffisante pour être nerveux. Je me suis rappelé que j'avais ressenti de la crainte seulement quelques instants avant d'entrer dans le vaisseau.

Je me rappelais avoir vu le grassouillet disparaître à l'intérieur de l'escalier et à ce moment-là, j'espérais que l'autre fasse la même chose, pour pouvoir retourner en « volant » à la route et remonter dans l'automobile, où je serais en sécurité. Cependant, à un moment donné, cette peur a disparu et maintenant, par chance je sentais jusqu'à de l'indifférence à ce que la voiture s'éloigne, abandonné.

J'ai commencé à m'inquiéter à l'idée d'être sous l'influence de ces hommes. Néanmoins, j'essayais de chasser ces préoccupations de mon esprit. Je me distrayais en observant les manœuvres qu'ils faisaient avec les panneaux de contrôle et je regardais dehors à travers les murs pour en voir les effets. Je sentais jusqu'à de l'admiration pour la simplicité et la manœuvrabilité de ce vaisseau, que même un enfant pourrait manier.

Lorsque nous avons pénétrés dans un espace dégagé, ils m'ont pointé ce que nous avions à nos pieds.

J'admets que même si j'étais amère, et que même si j'avais été sûr d'avoir monté dans le vaisseau sous une certaine influence étrange, cela m'aurait semblé pardonnable.

Ce que j'avais dans mon champ de vision était un spectacle merveilleux, une sphère légèrement opaque, quelque chose d'effacé, qui par des moments se transformait en une masse ronde et tremblante comme de la gélatine solide.

Je pourrais préciser que nous survolions la partie centrale du continent américain, puisqu'on le distinguait avec une certaine facilité. On pouvait distinguer également la partie large de la République mexicaine et la partie la plus étroite du continent. Tout le reste se perdait dans un abîme sans fin.

Ensuite, les hommes me pointèrent le petit écran, et me conseillèrent d'actionner la petite roue du centre.

Et pourquoi aurais-je refuser. Je n'ai ni ne connais de mots pour exprimer ce que j'ai ressenti. Ni non plus pour décrire ce que j'avais à quelques mètres seulement de mes yeux étonnés. Pour le croire, je devais quitter l'écran et regarder à travers la paroi du vaisseau. Cela me semblait plus réel de cette façon, plus vraisemblable.

Dans ce petit écran circulaire d'une grande clarté, je pouvais rapprocher et éloigner tout un monde, simplement en déplaçant ce tout petit contrôle à ma guise, jusqu'à dans ses détails les plus insignifiants. Ou voir notre long continent baigner dans une masse liquide qui s'évanouit en des couleurs bleu et rouge, jusqu'à ce que ses contours disparaissent dans un vide infini.

Ce spectacle incroyable s'est gravé dans mon esprit d'une telle manière, que je me suis souvent réveillé en sursaut. Je me sentait dans le vide et attiré par cette énorme sphère qu'une fois j'ai contemplée peut-être malgré moi.

Lorsque les hommes crurent que c'était suffisant, et je dis « crurent » parce que s'ils m'avaient consulté je leur aurais demandé de me laisser admirer cela jusqu'à satisfaction ; mais pour eux, le temps comptait et nous avons vite pénétré dans de grandes masses de nuages, certaines si noires qu'elles obscurcissaient l'intérieur du vaisseau.

Là, j'ai eu une autre impression merveilleuse.

Nous venions de sortir du ventre très obscur d'un nuage noir lorsque, intempestivement, le vaisseau a été inondé d'une lumière rouge de couleur sang, très vive, qui changeait l'aspect de tout l'intérieur du vaisseau. Tout a changé de forme, les visages des hommes étaient squelettiques et spectraux et le mien devait aussi avoir pris un aspect terrible, parce que le petit homme s'est empressé de me dire de ne pas avoir peur, que c'était le soleil qui nous donnait cette couleur. Mais j'avais plus l'impression d'être dans un puissant réflecteur rouge.

Soudainement, le mouvement a cessé, ou pour mieux dire la sensation que nous allions à une vitesse effrayante. Et nous sommes demeurés suspendus dans les airs.

Maintenant, voilà une autre grande surprise non moins agréable que la précédente. Il s'agissait d'un gigantesque disque noir, éblouissant, aveuglant. Nous avons tourné autour lentement, comme en reconnaissance. Les rayons du soleil reflétaient sur sa surface polie. C'était immobile, comme s'il se laissait renifler par le petit appareil que nous occupions.

Finalement, nous nous sommes immobilisés en face du gigantesque disque. Nous avons vu dans la partie supérieure s'ouvrir un couvercle ayant les mêmes dimensions que notre vaisseau, et ce dernier a commencé à se glisser dans ce monstre.

On sentait parfaitement le frottement dans la partie inférieure, sous nos pieds, comme si l'on glissait sur des rails. Cette sensation s'arrêta. Les panneaux se sont ouvert, nous laissant à nouveau libres. Les hommes se sont arrêtés et m'ont fait signe de les suivre. La lucarne s'est ouverte et nous avons quitté cette partie du vaisseau. La porte du vaisseau était ouverte, et nous sommes descendus dans un énorme dôme dans lequel il n'y avait rien d'autre que des colonnes qui constituaient le support sur lequel reposait notre petit vaisseau.

Il y avait dans ce dôme un éclairage intense, sans que la source soit visible. On aurait dit plutôt que toutes les surfaces que l'on voyait produisaient de la lumière.

Les hommes se sont dirigés au-delà de l'endroit où ils avaient garé notre vaisseau, vers un mur qui divisait la circonférence. Et moi je les suivais avec une indifférence qui juste en y pensant me donne des frissons.

Un peu avant d'arriver au mur, une section d'environ un mètre et demi a glissé doucement de côté. Nous avons continué par là, pour nous retrouver dans un endroit en forme de demi-lune. La partie d'en face, c'est-à-dire la semi-circulaire, était occupée par un genre d'écran panoramique de cinéma, mais intensément lumineux.

Au pied de l'écran, il y avait une table longue et étroite considérablement recouverte d'instruments, parmi lesquels ressortaient une grande quantité de petits cadrans, mais incroyablement visible avec différentes lectures. Trois rangées de touches étaient également assez visibles, qui ressemblaient à celles de pianos disposés pour un concert. Et une grande quantité de protubérances complétaient ce panneau d'instruments merveilleux.

Il y avait avec cela trois sièges volumineux.

J'étais tellement distrait à observer tout cela, que je ne m'étais pas rendue compte que j'étais entouré de gens. Il y en avait huit au total avec mes amis. Je leur ai demandé pardon pour mon inexcusable distraction.

Ils m'ont répondu qu'ils étaient contents que dans leur vaisseau — car ce monstre n'était rien d'autre que leur vaisseau —, il y avait quelque chose qui attirait mon attention. Quatre de ceux qui étaient là étaient habillés de la même manière que mes amis. Les deux autres étaient incontestablement les chefs, parce que leur allure et leur aspect en général dénotaient non seulement un âge plus avancé, mais une plus grande personnalité. Sans compter que l'uniforme qu'ils portaient était d'une couleur marron brillante qui leur donnait une allure distinguée, une plus grande hiérarchie. Si cela n'était pas suffisant pour les différencier, il suffisait d'observer la vénération avec laquelle les autres les regardaient.

Tout ce qui m'était arrivé depuis le matin que nous étions descendus de l'automobile me paraissait tellement irréel que je commençais à me sentir embrouillé. Je craignais de revenir d'un moment à l'autre et de me retrouver dans la voiture. Mais ce n'était pas le cas. J'étais vivant et bien éveillé.

Les chefs du vaisseau m'ont invité à rester avec eux quelque temps, car, selon leur dire, ils ressentaient une réelle satisfaction d'avoir un homme de ma race comme invité.

Au côté droit et en face de l'énorme écran, il y avait une rangée de lits. Je ne crois pas que quelqu'un de notre race qui verrait cela penserait que c'est autre chose. Naturellement, ils avaient quelque chose de différent des nôtres ; mais seulement par leur simplicité. Ces lits étaient de simple cadres d'environ un mètre et demi de long, un de large et deux pouces d'épais.

Le matériau de remplissage était capitonné, poreux, doux et était soutenu par un filet d'un matériau résistant et peu élastique. Le long de ce cadre il y avait deux poignées moulées assez espacées qui, en les faisant tourner, le lit prenait des positions différentes. on pouvait le transformer en un fauteuil confortable, sans aucune sorte de patte, parce que le cadre était encastré dans le mur. Et par conséquent, lorsqu'il était transformé en fauteuil, celui-ci se trouvait accroché ou suspendu.

Après m'avoir offert de me faire une démonstration de comment fonctionnait ce merveilleux vaisseau, ils ont transformé les lits, et mes deux amis, les chefs et un de ceux qui se trouvaient dans le vaisseau se sont assis. Les trois autres ont disparu dans les énormes sièges, à côté du panneau d'instruments.

Tout à coup, on a commencé à entendre un genre de sifflement très aigu, et l'écran s'est divisé en trois bandes sur toute la longueur. Des lumières rouges ont commencé à traverser la bande du milieu. Elles apparaissaient à des endroits au hasard et disparaissaient toujours à une extrémité, et la plupart du temps en augmentant de grosseur avant de disparaître. Cela a attiré mon attention et j'ai demandé à un des chefs de quoi il s'agissait, parce que j'occupais une place au milieu d'eux. Ils m'ont expliqué que c'étaient des particules cosmiques, et que la machine produisait une puissante force de répulsion qui les écartait de notre chemin, pour qu'elles ne causent pas de dommages au vaisseau.

Cela s'avérait intéressant, parce que comme elles se croisaient dans différentes directions, cela formait des figures fantastiques. Cela aurait été suffisant pour me divertir plusieurs jours sans m'ennuyer.

Il est indubitable qu'il s'était passé beaucoup de temps, parce que mon estomac m'en avertissait. De manière inattendue, un des hommes qui nous accompagnait s'est arrêté, et en allant au côté gauche de chacune des chaises il a retiré une pièce qui faisait partie d'un long bras articulé. Il alla ensuite dans un coin à l'opposé d'où nous nous trouvions, et il est revenu avec deux petits plateaux, un dans chaque bras.

Les plateaux formaient une table d'environ six pouces d'épaisseur, et ils étaient divisés en cinq sections profondes, chacune pleine de quelque chose de consistant, d'une saveur tellement agréable qu'il m'était difficile de comparer cela à quelque chose que j'aurais mangé auparavant. Mais non seulement c'était d'une saveur agréable, mais cela s'avérait également réconfortant à l'extrême. Peu après avoir mangé ces aliments, j'ai senti une agréable satisfaction d'optimisme réconfortant qui effaçait de mon esprit tous mes problèmes et mes préoccupations.

Mes yeux se fermaient. Naturellement, ceci avait une explication. La nuit précédente, je n'avais presque pas dormi, j'avais conduit la voiture sur au moins trois cents kilomètres. Puis, les différentes émotions par lesquelles j'étais passé et, si cela n'était pas suffisant, maintenant je me trouvais dans un fantastique vaisseau et entouré de gens étranges.

Étranges, oui ; mais qui me faisait sentir l'homme le plus important que la Terre.

Ils débordaient d'amabilité et de gentillesse, comme si en réalité ils se sentaient obligés à moi. Et pourquoi le nierais-je, face à eux je me sentais honteux et insignifiant. Finalement, malgré tous mes efforts et mes résistances, je n'ai pu l'empêcher, le sommeil m'emporta et tout s'est embrouillé.

Lorsqu'ils m'ont réveillé, mes vêtements avaient été changés, même si je n'avais pas changé de position ni d'endroit. Tout ce que je portais sur moi avait disparu.

Mon corps était maintenant recouvert d'un uniforme semblable aux leurs, mais sans ceinture. Il manquait aussi le ruban du col, ainsi que les chaussures. Celles que je portais étaient un genre de sandales d'une seule pièce, qui couvraient jusqu'aux chevilles. Je portais également un pantalon, aussi ajusté que celui d'un toréador. Je sentais le matériau adhérer à mon corps, mais sans me gêner le moindrement.

Ce qui me couvrait de la ceinture vers le haut ressemblait à un chandail comme ceux que l'on enfile par le col. Les manches arrivaient aux poignets et le col fermé et ajusté m'arrivait à la gorge. Aucun de ces vêtements n'avait de fermetures, ni de boutons, ni de poches, ni on ne voyait de coutures d'aucune espèce. Le matériau était épais, parce qu'à certains endroits je le sentais d'au moins un pouce. D'une fraîcheur incomparable, cela me donnait la sensation d'être nu.

Les hommes, devant mon étonnement, m'ont expliqué qu'ils avaient pris cette liberté parce que c'était absolument nécessaire pour me protéger. Ils avaient tenté de me réveiller, mais ils n'y étaient pas parvenus.

Cependant, ils étaient parvenus à m'attrister, car de changer mes vêtements sans m'en informer, c'était le comble. Mais je les ai crus, parce que je me suis rappelé qu'une fois, étant encore un enfant, des amis m'avaient sorti d'une auto pendant que je dormais et m'avaient accroché à un arbre. Alors, pourquoi ne pas croire ce qu'ils affirmaient. De plus, nous n'avions pas de temps à perdre avec des enfantillages. Les hommes m'avaient réveillé pour que je puisse voir de mes yeux le spectacle merveilleux qu'ils allaient me présenter sous peu. Ils me dirent de ne pas quitter l'écran des yeux, afin de ne manquer aucun détail.

Effectivement, peu après est apparue une petite boule de la taille d'une bille. C'était complètement différent de tout ce qui traversait l'écran d'une rapidité vertigineuse. Cela ne changeait pas d'endroit et augmentait seulement de taille. C'était maintenant de la taille d'une balle de golf. C'était merveilleux et cela venait vers nous, en ligne droite.

Quelques instants plus tard, cela ressemblait à une balle de taille moyenne. Cela ne changeait pas de couleur et c'était d'un rouge miroitant, comme une boule de braises de charbon. Ensuite, c'était de la taille d'un ballon. Cela n'avait pas changé de position et si cette chose continuait ainsi, cela menaçait d'envahir tout l'écran. Déjà, on ne voyait presque plus que cette chose. Serait-ce que cette boule m'obsédait au point de ne pouvoir la quitter des yeux ? Je commençais à ressentir de la crainte.

Tous ceux qui étaient à bord le ressentaient aussi. On le voyait sur leur visage. Je crois qu'ils étaient aussi contents, mais préoccupés. Notre objectif avait maintenant au moins un mètre. J'ai essayé de me lever.

Les deux chefs, en même temps, me dirent que je devais rester tranquille dans mon siège ; mais personne ne faisait rien pour éviter la terrible collision. Je les regardais, désespéré ; mais ils m'ignoraient.

Cette boule fantastique couvrait déjà l'écran de moitié.

J'ai essayé à nouveau de me lever, mais cette fois-ci j'ai senti la pression sur mes jambes de deux petits, mais puissants bras. L'homme qui se trouvait à ma droite me dit que nous ne courions aucun danger, que nous étions en train d'entrer dans un autre monde, dans le monde où ils vivaient et que ce que nous apercevions n'était qu'une couche atmosphérique qui le recouvrait.

CHAPITRE 4

L'ARRIVÉE SUR VÉNUS


L'INÉVITABLE SE PRODUISIT. La boule a couvert les trois écrans. J'ai commencé à ressentir une chaleur suffocante ; mais seulement moi, les autres étaient immuables, et j'ai attribué cela à mon état nerveux. Nous étions parvenus à surmonter la dangereuse sensation de choc. Maintenant, l'écran inférieur s'est couvert de petits carrés, divisés par des canaux profonds et droits.

Les carrés ont commencé à grandir, on les distinguait déjà mieux. Ils étaient couverts de quelque chose qui semblait être des arbustes et sur les arbustes il y avait autre chose. Nous en avons survolé quelques-uns où l'on pouvait y distinguer des vaisseaux semblables au petit dans lequel nous nous trouvions, et un où un vaisseau couvrait tout le carré.

Nous avons commencé à descendre verticalement. Nous nous sommes dirigés à la droite d'un des carrés, comme on pouvait le voir parfaitement sur l'écran du bas. Tout le monde s'est arrêté et nous nous sommes préparés à sortir. La porte de la cabine s'est ouverte. À notre gauche, il y avait une grosse colonne, collée au mur, que je n'avais pas vue lorsque nous étions entrés. une section a tourné, et a laissé à découvert un escalier en barreaux semi-circulaires.

Les chefs se sont avancés. L'un d'eux est descendu, ensuite l'autre. Ils ont disparu dans la colonne creuse. Mes amis m'ont fait signe de les suivre. Cette opération m'a rappelé les descentes en parachute. J'ai posé le pied sur un barreau et en me tenant avec les mains sur le barreau qu'il y avait en face de moi, cela a doucement commencé à descendre comme un ascenseur. Cela ne s'est pas arrêté avant d'atteindre le sol, cinq mètres sous la paroi inférieure du vaisseau. Nous nous sommes retrouvés sous le ventre de ce dernier qui effectivement était noir et brillant.

Autour de moi, c'était rempli de petits arbres, tous chargés de fruits. On respirait du parfum. Entre les arbres il y avait de gros poteaux de métal, noirs également. Sur ces derniers reposait notre vaisseau. Il y avait aussi des passages qui allaient dans toutes les directions et qui s'élevaient au moins à un demi-mètre au-dessus du niveau du sol, en marchant dessus cela sonnait creux.

Les arbres ne mesuraient pas plus de deux mètres de hauteur ; mais ils étaient touffus. Leurs branches dépouillées n'avaient pas de feuilles, ni on ne voyait de feuilles tombées sur le sol. Leurs branches étaient assez grosses et n'étaient pas proportionnelles avec le tronc. Chaque branche avait des fruits en abondance.

J'en ai touché un et j'ai eu l'impression que la pelure était extrêmement mince. Le fruit était doux, comme lorsqu'il est mûr.

Chaque arbre était soutenu au niveau du tronc par quatre supports qui partaient du sol. Ces supports étaient ouverts en angle comme des pattes et fixés au tronc. Ceux-ci étaient reliés à deux canaux qui entouraient l'arbre.

J'ai examiné la terre, mais elle n'avait rien de semblable à la nôtre. Elle ressemblait à de la poussière de quelque chose comme du caoutchouc broyé ou du sablon fin. Elle était noire et humide, extrêmement humide ; mais pas à base d'eau, plutôt d'un liquide visqueux. Mes amis confirmèrent qu'effectivement ce n'était pas de la terre, mais un produit chimique, et que les arbres n'étaient pas soutenus par les racines, mais que ces dernières leur servaient seulement à se nourrir. Ils me confirmèrent aussi que nous étions sur une terrasse et que celle-ci était un réservoir qui contenait tout le nécessaire pour alimenter leur fruiticulture.

Nous avons suivi un couloir jusqu'au bord, qui était une épaisse balustrade. J'ai regardé vers le bas et je me suis rendu compte que ce que je croyais être des canaux était des rues. Là en bas, plusieurs véhicules se déplaçaient et le long des murs il y avait une grande quantité de gens, tous alignés, en ordre. Ils ne se rencontraient pas, ni ne s'accrochaient.

En me levant la tête, j'ai vu quelque chose de vraiment étonnant : un dôme très haut et sans fin, dont on ne peut voir où il finit. Mes amis m'ont dit que cela couvrait leur monde au complet, mais que ce n'était pas seulement cela, cela répandait des rayons lumineux dans toutes les directions.

Ils continuèrent à m'expliquer qu'il s'agissait d'une couche épaisse de nuages, à laquelle ils avaient mélangé des substances. En recevant les rayons du soleil, cette couche absorbait la chaleur et la lumière et la retransmettait multiplié, et c'est avec cette lumière qu'ils s'éclairaient. Ils m'assurèrent qu'ils n'avaient pas de nuits.

Le climat était étouffant et je commençais à manquer d'air. L'air que je respirais n'était pas suffisant. Je me sentais mal, j'ai étiré le col de ma chemise qui était élastique, mais ce n'était pas suffisant. Le visage me brûlait. Je croyais que j'allais m'évanouir et je me suis appuyé sur la balustrade.

Les hommes qui veillaient sur moi s'attendaient à cette réaction et sont aussitôt arrivés préparés. Ils m'ont donné quelque chose qui ressemblait à un morceau de caoutchouc de la taille d'un cigare et ils me dirent d'aspirer comme si je le fumais.

La réaction fut remarquable. À chaque bouffée, je récupérais mes forces jusqu'à me sentir normal. Le col de ma chemise serrait encore, mais ne me dérangeait plus.

Sous ce dôme monumental, on voyait une infinité de vaisseaux comme celui que nous avions ramené à l'intérieur, et énormément comme le plus grand, et tous étaient noirs. Ils se croisaient rapidement à différentes altitudes. J'ai remarqué que l'altitude à laquelle ils volaient était selon la direction qu'ils allaient.

Il n'y avait pas qu'une forme de vaisseaux. Il y en avait aussi des tubulaires, de plusieurs tailles, longueurs et largeurs. Il y en avait des sphériques aussi de différentes dimensions. Ils ressemblaient à des boules de cristal.

Au-dessus de nous, il y en a une qui passa et qui ressemblait à une poire ou un œuf. Il était près de nous à basse altitude et se déplaçait lentement. Ils m'affirmèrent qu'il était aussi un vaisseau transporteur. une chose attira mon attention : malgré la vitesse et la profusion de véhicules, ceux-ci ne se heurtaient pas.

un vaisseau gigantesque est descendu en face de nous et, en rencontrant un plus petit, ce dernier dévia avec une rapidité étonnante. Il m'a semblé que les membres de l'équipage n'étaient pas intervenus.

Je les ai interrogés, et ils m'ont expliqué le phénomène. Toutes les machines possèdent une force de répulsion, et si quelqu'un se met imprudemment en travers de la route d'un autre, il est repoussé comme un ballon.

Nous avons marché dans un passage le long de la balustrade, jusqu'à arriver à un coin du toit.

Là se trouvaient les ascenseurs, disposés sur toute la longueur de ce côté du toit. Ils ne sont pas du style fermé comme ceux que nous connaissons. Ils ont trois côtés recouverts d'une grille massive et rigide. Nous nous sommes appuyé le dos sur cette grille, et je me tenais fermement avec mes mains ; mais les contrôles se trouvaient justement où je me tenais.

Un des chefs m'a demandé si j'avais faim et, ma foi, je ne la sentais pas, je l'avais même oublié ; mais je lui ai répondu que oui.

— Parce que par hasard, ce bâtiment est une salle à manger — il a commenté en riant.

Effectivement, en descendant nous arrêtions à chaque étage ; mais elles étaient toutes pleines de gens. On a continué à descendre. Nous avons finalement trouvé plusieurs places vides et nous sommes sorties à cet étage.

une grande harmonie régnait dans tous les mouvements des gens. Personne n'entravait ni ne chuchotait. Chacun arrivait, prenait sa nourriture, s'assoyait, terminait, rapportait le plateau vide et se retirait.

Je me rendis compte que le mur qui faisait face à celui par lequel nous étions descendus était également recouvert d'ascenseurs. Et les deux autres murs étaient transformés en armoires, remplis de plateaux identiques à ceux que nous avions utilisés dans le vaisseau.

Le plancher de ce local était couvert de petites chaises qui étaient munies d'une planche réversible sur laquelle on déposait le plateau. Mais pauvre de moi !

Maintenant que je connaissais mieux les aliments, mes amis m'offrirent une double ration et j'ai mangé jusqu'à satiété. Il y avait dix saveurs et elles étaient toutes différentes. J'ai pu aussi observer que les plateaux étaient de couleurs très variés, tellement que je me suis lassé de les compter. Ils m'affirmèrent que chaque couleur avait cinq saveurs différentes, ce qui donnait des milliers de saveurs, cependant, ils avaient tous la même consistance. Les petites cuillères qu'ils utilisent ont une certaine ressemblance avec nos pelles carrées, mais légèrement courbées et sont très petites.

Les gens que j'ai vus dans cet édifice ne mesuraient pas plus d'un mètre. Tous très petits, mais bien proportionnés. Ils portaient tous des vêtements identiques à ceux qu'on m'avait mis, mais de couleurs différentes. Dans ce monde au climat contrôlé, il y a une orgie ininterrompue de couleurs, et ce partout où l'on pose le regard. Les hommes et les femmes s'habillent de la même manière. Visuellement, on les distingue seulement par les formes propres à la femme. Lorsqu'elle parle, sa voix est détendue. ce n'est pas le cas de celle des hommes, qui est rude et jusqu'à un certain point désagréable à l'oreille. Tous ont les cheveux blonds et vagué et tous les ont qui tombent sur les épaules. Ils ont aussi tous les yeux verts et la peau ivoire.

Mes amis m'expliquèrent que la race était petite parce qu'ils le voulaient ainsi, et que le processus était scientifique. Quant à la couleur de leur peau, de leurs cheveux et de leurs yeux, elle était due au climat qui règne sur cette planète.

Mes deux premiers amis et moi étions restés dans la salle à manger. Les autres personnes nous avaient quittés, parce qu'elles devaient faire leurs rapports et se reporter.

Nous nous consacrions à fouiner librement. Il s'avérait merveilleux d'être parmi tant de poupées humaines, pour qui je devais ressembler à un monstre.

Nous avons quitté la salle à manger par le même ascenseur et sommes arrivés à ce qui devait être la mezzanine. Cet étage était complètement vide. Les gens circulaient par cet endroit. De rue en rue, il n'y avait pas de portes. Les deux murs frontaux, qui n'avaient pas d'ascenseurs, comportaient une série d'entrées en forme d'arc, et au centre il y en avait deux qui étaient plus larges que les autres. À cet endroit se croisaient les véhicules. Il y avait énormément de lumière, mais on ne voyait pas la source. On aurait dit que les murs la produisaient. Nous avons marché sur un plancher amortisseur, qui était poli comme un métal.

Nous sommes sortis en direction de la rue et en arrivant devant le bâtiment nous nous sommes arrêtés. Les trottoirs circulaient à une vitesse modérée. Ils étaient divisés en trois bandes, deux se déplaçaient dans des directions opposées et celle du milieu était immobile. Les gens changeaient facilement d'une bande en mouvement à celle qui était immobile, et de celle-ci à celle qui venait en sens inverse, ou ils entraient dans un bâtiment. Les façades étaient lisses et n'avaient aucune espèce de fenêtres, complètement lisses. Leurs belles couleurs ressemblaient au verre ou pour mieux dire, à du miroirs, parce que l'image se reflétait clairement. On remarquait l'union du matériau à chaque étage ; mais seulement sur la largeur.

Chaque bâtiment était d'une seule couleur. Ils sont ainsi différenciés. Il n'y avait pas de panneaux indicateurs d'aucune espèce. Les salles à manger par exemple étaient bleues, et on les retrouvait à chaque quatre pâtés de maisons.

La chaussée de la rue était large. Elle se divisait au centre par un demi-tour étroit. Elle était recouverte de sortes de bandes métalliques, l'une étroite et l'autre large. L'étroite était jaune et la bande large était marron foncé.

Je n'ai vu que deux types de véhicules, de sol, dirons-nous, puisque nous ne pouvons pas dire terrestres. Il y a un petit modèle, individuel, pour une personne. Celui-ci est muni de deux rouleaux. Ce n'est pas comme l'idée que nous avons de la roue bien proportionnée, car elles sont grosses et larges. Ceux-là sont conçus pour seulement une personne, mais il y en a qui ont trois rouleaux. Dans le petit modèle, il y a un siège avec un dossier et sur la roue avant il y a seulement un manchon, pas plus grand que la main de l'un d'entre eux. On manie cela comme une manivelle. Dans le grand modèle, le siège est large et il y a aussi un dossier et un appui-pieds. Tout comme les autres, il est contrôlé avec un manchon.

On voit ce type de véhicules abandonnés dans les mezzanines dans presque tous les bâtiments. N'importe qui les utilise et les abandonne lorsqu'ils en ont envie. Ceux à trois rouleaux sont généralement utilisés par les couples, hommes et femmes. On les voit circuler à une bonne vitesse et généralement sur les bandes étroites.

L'autre type de véhicule de sol, nous pourrions l'appeler « le collectif ». Ils ressemblent à des armatures de petits bâtiments à moitié terminées. La plupart ont dix étages, bien qu'il y en a qui en ont moins. Ce type de transports est plutôt rare, parce qu'une personne seule ne peut en descendre ni y monter, on y fait plutôt descendre et monter des étages au complet.

Et comme le système m'a paru intéressant, je vais essayer de le décrire dans tous ses détails, mais pour cela d'abord voyons comment sont les rues, pour que nous puissions mieux comprendre. Celles-ci montent, et descendent en formant des viaducs à chaque coin de rue. Les véhicules passent toujours sous un pont à chaque deux pâtés de maisons. Ils utilisent l'espace de ces viaducs pour loger les plates-formes qui reçoivent les passagers. voyons maintenant comment sont les véhicules qui circulent à environ un mètre des trottoirs. Et puisque nous parlons des trottoirs, nous allons compléter leur description. Sur toute leur longueur, il y a une rambarde rigide qui les sépare de la circulation de la rue. Dans ce qui pourrait être la garniture se trouve l'ouverture d'un aspirateur sans fin qui se charge d'aspirer la poussière au sol que pourrait produire le roulement continu des véhicules. Seuls déchets admissibles dans ce monde, où l'on remarque une propreté absolue.

Les véhicules sont, comme je l'ai déjà dit, des armatures qui sont fixées sur une plate-forme qui leur sert de base. Cette plate-forme repose à son tour sur plusieurs rangées de rouleaux. Généralement, chaque rangée comporte cinq gros rouleaux et l'on compte jusqu'à dix rangées. Le véhicule est une armature « caravane » et il y en a deux identiques dans chaque arrêt. Ces armatures sont sans rouleaux et sont regroupées l'une derrière l'autre. Je vais maintenant essayer de décrire le dernier élément, c'est-à-dire l'endroit où s'assoient les passagers. C'est une caisse qui contient jusqu'à dix banquettes, et sur chacune des banquettes peuvent s'asseoir de cinq à six personnes. De petites personnes, naturellement. Chaque caisse est tout un mécanisme.

Le véhicule arrive à un arrêt et il s'ajuste avec une précision aux millimètres près, parallèle à la première armature stationnaire. On entend un coup sec et une section se sépare vers ladite armature stationnaire. Elle avance quelques mètres de plus jusqu'à s'ajuster avec la section suivante et reçoit une autre caisse pleine de passagers.

J'ai dit plus tôt que chacune de ces caisses était tout un mécanisme, c'est parce que les sièges sont installés sur une bande qui dès qu'elle se retrouve dans l'armature stationnaire, cette bande tourne et positionne chaque siège en direction d'une sorte d'escalier mécanique, automatique.

Les gens utilisent ces escaliers élévateurs et ces sièges avec grande facilité. Ces élévateurs les emmènent à des couloirs souterrains et, pour aborder un de ces véhicules, l'opération se fait à l'envers. Il n'y a pas de conducteurs ni de machinistes. Ils n'utilisent pas de remorques. Ils ne roulent pas non plus sur des rails et cependant ils sont tellement précis dans leurs arrêts, que je pense que même si une intelligence les manœuvrait, elle ne pourrait pas être plus précise. Ils vont l'un après l'autre, parfois en file indienne. À certains endroits, ils atteignent des vitesses de soixante-dix kilomètres-heure ou plus. Ils circulent toujours sur deux des bandes étroites.

La lumière dans les rues provient du ciel ou de la voûte céleste. Elle n'est pas aussi vive que celle que nous avons le jour. Elle ressemble plutôt un peu à celle qui inonde notre monde au lever du jour. On la voit jaillir des milliers d'endroits à la fois, comme des rayons de soleil, en passant à travers des nuages blanc et argenté qui forment un réflecteur sans fin.

Mes amis m'avaient dit qu'ils n'avaient pas de lumière artificielle dans les rues et qu'ils n'avaient pas non plus de nuits, et le fait qu'aucun véhicule ne possède de moyen de produire de la lumière semblait confirmer ce qu'ils me disaient. Mais à l'intérieur des bâtiments, l'intensité de la lumière qu'ils utilisent est quelque chose de surprenant, elle semble émaner des murs et des plafonds.

Nous sommes sortis marcher, car même si les banquettes peuvent se déplacer, les gens sentent le besoin d'utiliser leurs petites jambes sans se laisser porter. Bien au contraire, il semble que certains s'amusent en sautant de banquette en banquette. Je marchais maladroitement et ma seule préoccupation était de ne pas marcher sur quelqu'un, car je ne me le serais pas pardonné.

Le changement qui se produisait dans mon être était admirable. Je sentais mon mental dégagé et un grand pouvoir d'observation. J'assimilais facilement ce qu'ils m'expliquaient et éprouvais un tel degré d'insouciance, que j'avais presque oublié que je devais retourner à mon monde, bien que mes amis ignoraient quand. Je ne m'étais non plus rendue compte que les deux parlaient l'espagnol, et je suis seulement revenus à la réalité en voyant ma disproportion avec tous les êtres qui m'entouraient, non seulement en stature, mais aussi en laideur.

CHAPITRE 5

LES PREMIÈRES IMPRESSIONS


DÈS QUE JE SUIS ALLÉ pour la première fois sur un de leurs jardins de toitures, j'ai vu quelque chose qui a fortement attiré mon attention. Il s'agissait d'édifices qui, bien qu'ils étaient semblables aux autres, ils l'étaient seulement jusqu'à la moitié. À partir de là, cela avait une forme circulaire et montait à une hauteur de peut-être 200 mètres, et se terminait en forme de coupole, ronde et lisse.

Cette prolongation était de couleur noir brillant, identique à celle des vaisseaux circulaires, comme celui qui nous avait transportés jusqu'à ce monde merveilleux. Il y en avait à profusion, car seulement quatre bâtiments les séparaient les unes des autres, et ce de n'importe quel côté qu'on pouvait compter. C'est-à-dire que chacun d'eux était situé au milieu d'un groupe de vingt-quatre bâtiments. Il s'agissait des seuls bâtiments qui comportaient des signalisations ou des guides, mais ces indications, selon les dires de mes amis, n'indiquait que le numéro de la zone qui est gérée depuis cet édifice.

Mes amis m'ont expliqué que ces monstres étaient les édifices les plus importants, car c'était à partir de ces tours qu'étaient administrés les bâtiments environnants. Et parmi ces derniers, il y a des salles à manger, des dortoirs, des cinémas, des salles de jeu, des salles de son, des laboratoires pour la préparation des aliments, un centre médical, une usine de vêtement et un laboratoire d'hygiène pour cette dernière. On y contrôle également la distribution des vêtements et des aliments ainsi que le climat et l'éclairage du groupe de bâtiments environnant, et tout cela automatiquement.

Ils m'ont aussi expliqué qu'à partir de leurs coupoles ils maintenaient une communication constante avec les vaisseaux et les bâtiments. Dans leurs tours, ils captent des sons qui proviennent de tout l'univers.

Ils les étudient, les classifient et les matérialisent. À partir de leurs coupoles, ils maintiennent la forme et la hauteur de leur dôme atmosphérique. Ils contrôlent également le climat à l'extérieur des bâtiments, ils veillent à ce qu'il soit maintenu. Et comme si ce n'était pas suffisant, dans chacun de ces édifices, il y a un dossier actualisé dans lequel on peut étudier son passé, voir le présent et la gestation du futur.

On peut y voir, sans en sortir, les processus de construction des édifices, la fabrication et l'assemblage de toutes les sortes de véhicules aériens et terrestres ainsi que la préparation de leurs aliments et de leurs vêtements à partir du tout début.

Ils utilisent un système merveilleux de « autosonovision ». Le mot est juste, car on peut contrôler le spectacle à volonté. Il y a dans chacune de leurs salles, sur les murs, des rideaux qui sont contrôlés à partir de poignées situées de chaque côté de l'ouverture. Sur ces poignées, on pose la main au complet, en gardant le pouce sur un bouton. Tout comme dans les salles de cinéma, on a une sensation de profondeur incroyable, et l'idée nous envahit qu'on voit réellement des hommes, du matériau, des machines et leur processus. Avec les poignées, on peut faire déplacer le spectacle à droite et à gauche, ou l'arrêter, comme si l'on se trouvait dans un véhicule et que l'on voudrait visiter cette zone. Pour cela, il suffit de presser les boutons.

Comme je considère que ce que j'ai vu dans certains de ces spectacles est intéressant, je vais essayer de décrire ces impressions intéressantes :

Nous allons commencer par quelque chose que nous connaissons tous, les pneus d'un quelconque véhicule. c'est une chose de leur passé, car ils ont maintenant un sol lisse comme du miroir et ils utilisent un système d'essieux différent. Mais, comme je le disais, ils ont utilisé jadis un type de pneu très semblable au nôtre, bien que le procédé de fabrication fut différent. Nous, à la question du transport, autant terrestre qu'aérien, nous avons fait du progrès pour ce qui est de la vitesse, mais pas en matière de sécurité. Nous propulsons une automobile à plus de 200 km/h et laissons le résultat entre les mains de la chance. Nos véhicules sont montés sur quatre pneus soutenus par des noyaux d'air. Nous savons par expérience que non seulement à cette vitesse, mais même à un tiers de celle- ci, si un de ces pneus perd l'air qui le soutient de façon imprévue, notre survie dépendra seulement de la chance.

cela dit, ils ne jouent pas avec leur vie, ni ne la laissent entre les mains de la chance. Par conséquent, ils cherchent la sécurité dans la fiabilité, dans la solidité d'un matériau.

Et leurs pneus sous toutes les formes sont construits sur ce principe.

Et comme j'ai vu tout le processus de fabrication, je suis en mesure de le décrire. J'espère que dans ce cas- ci, j'arriverais à me faire comprendre, parce que mon vocabulaire est si délabré que je ne sais pas si j'arriverais à m'exprimer correctement.

Nous commencerons par le noyau, c'est-à-dire ce qui dans nos pneus représente l'air sous pression, qui est la base d'un pneu fiable.

Pour arriver à comprendre, nous allons imaginer un moule pour ce noyau, comme si nous voulions y mettre un de nos pneus. ce moule est ouvert dans sa partie supérieure. En outre, il est divisé sur la largeur, au centre, formant ainsi deux sections égales qu'ils pourront ouvrir pour déloger le noyau une fois construit. Les deux parois qui forment le moule sont couvertes de perforations sur toute leur surface.

Ce moule tourne dans une machine et dans sa cavité s'enroule le matériau qui formera le pneu. J'ai vu trois types de matériau, à savoir : un petit tuyau ou un tube du diamètre d'un crayon. Il était fait d'un plastique spécial, mais cela aurait bien pu être du caoutchouc comme nous connaissons. Le matériau suivant était le même tuyau, mais renforcé de fibre, pour qu'il ait une plus grande résistance, et enfin un autre d'un matériau ni creux ni solide. c'était un cordon ou un câble du même diamètre que les précédents. Il était fabriqué de fibres peut-être de sisal, d'agave, de jarcia, ou tout autre matériau fibreux. Il était tordu naturellement et traité chimiquement pour pouvoir recevoir une enveloppe de plastique et ensuite de caoutchouc, tout comme les fibres qui forment la semelle de nos pneus.

Maintenant, une fois que le moule est rempli de ce matériau, naturellement toujours avec la même tension, quantité et poids, le tout part au processus de cuisson, dans le but d'obtenir une unité compacte qui ne se brisera pas en retirant le moule.

Lorsque le noyau est terminé, les deux sections tournent en sens inverse sans être retirées du matériau et c'est ainsi que les sections se détachent du noyau sans l'endommager.

Arrivés à cette étape, nous avons déjà la base pour un bon pneu semi-solide et fiable. Ensuite, nous passons à la fabrication d'un treillis de métal, qui se chargera d'augmenter la résistance et de conserver la forme. Il y a une machine qui tresse ce treillis de la forme de l'extérieure de notre noyau. À mesure qu'il est tressé, le noyau y entre, accompagné d'une barre d'espacement qui contient une rainure à la moitié de sa longueur.

Cette rainure est nécessaire parce que sur son chemin elle passe par un couteau circulaire qui se charge de diviser avec précision le matériau nécessaire pour chaque noyau. Peu de temps après avoir coupé le treillis, les noyaux sont séparés des barres d'espacement. Ils continuent et entrent dans des canaux qui s'approfondissent graduellement jusqu'à ce que le treillis adhère aux parois latérales. ce qui forme une ouverture fixe et sûre. Ensuite, ils sont recouverts du matériau qui constituera la semelle, dans notre cas ce serait du caoutchouc. Ensuite, ils vont aux moules qui vont les marquer du motif de roulement. Ils les utilisent lisses. Mais poursuivons avec le processus.

Une fois notre pneu terminé selon cette méthode, nous ne pourrions pas l'installer sur les sortes de roues que nous utilisons actuellement. car ces dernières sont faites pour être utilisées avec des pneus creux, dans lesquels on met de l'air sous pression après les avoir installés.

Mais nous pourrions utiliser de façon avantageuse le procédé qu'ils utilisent. c'est-à-dire, deux disques faits de feuilles de bonne épaisseur, frappés de la forme du pneu et unis par le centre. concluant avec les trous nécessaires pour tout type d'automobile.

Nous pourrions remplacer notre système actuel de roues non sécuritaire par des unités complètes de ce type.

Comme vous pouvez le voir, ces disques pourraient être très beaux, dignes de l'automobile la plus raffinée.

Ce système comporte quelques avantages et le principal est le remplacement des pneus usés par recouvrement. Dans notre monde, cela représenterait une grande industrie.

Ils utilisent des moteurs en forme de rouleaux qui travaillent à l'inverse des nôtres. Nous faisons tourner le centre ou la bobine, mais eux, c'est le contour et ils fixent l'axe.

Comme vous pouvez le voir, la différence en ce sens n'est pas très grande.

Passons maintenant à leurs vaisseaux aériens. Ils m'avaient assuré que la formule que nous utilisions pour voler n'était pas efficace. Non seulement nos vaisseaux étaient fragiles et non sécuritaires, mais ils dépendaient de combustible pour leur propulsion. En plus d'augmenter leur volume, cela réduisait leur rayon d'action.

Selon lui nous devions chercher la façon de construire des machines qui utilisaient les forces qui nous entourent, qui sont très vastes. Qu'eux, dans chaque vaisseau, ils transportaient de petites, mais puissantes sources d'énergie. Qu'ils tiraient profit de la chaleur tout comme du froid, de la lumière comme de l'obscurité, des champs magnétiques comme des orages électriques.

La conception de leurs machineries dans tous leurs vaisseaux était la même, et que seule la disposition variait.

J'essayerai de découvrir le procédé de construction d'un petit vaisseau circulaire, c'est-à-dire ce que nous appelons communément dans notre monde une soucoupe volante.

La première chose que nous voyons est la base ou la partie inférieure. La pièce arrive brute. On peut voir l'énorme circonférence creuse. on peut voir aussi les trois cavités, où seront installées les bouées de sustentation. La pièce comporte aussi cinq bases qui recevront autant de roulements à billes, impressionnantes pour sûr, auxquelles ils injectent un matériau liquide, non naturel, un produit de laboratoire très semblable à l'étain. Chaque roulement à billes logera l'extrémité d'un axe vertical.

Il y en aura cinq et dans chacun d'entre eux tourneront de grandes roues minces, joint à d'autres, plus petites.

Dans trois de ces axes sont logées cinq des grandes roues ; dans les deux autres seulement quatre. Ces grandes roues se terminent en un angle très aigu, qui se logera dans une fente du même diamètre dans laquelle est contrainte la petite roue. Cette partie aiguë dont je parle est couverte de petits cercles, qui pourraient bien être des bobines, parce que les petites roues qui y sont logées sont couvertes à leur tour de barres, disposées en angle tout autour.

Après cette opération, c'est la mise en place des sources d'énergie, qui sont aussi au nombre de cinq et qui ont la forme d'un récipient pour rôtir les dindes.

Tout est bien assemblé. Maintenant on continu avec l'échelle intérieure en forme de tube. Elle est logée entre deux séries de roues, et maintenant que tout est disposé de cette manière, ils placent la couverture centrale. Elle arrive entre quatre bras motorisés qu'ils tournent, montent ou baissent, selon la volonté des opérateurs. Cette couverture comporte à son tour des roulements à billes correctement placées et s'emboîte parfaitement avec les axes, l'échelle et la partie inférieure du vaisseau. Nous avons déjà la salle des machines qui propulsera ce vaisseau. Bien que ce soit la partie la plus laborieuse, tout est exécuté avec précision et facilité.

La même machine qui apportait la couverture centrale fait maintenant monter l'ensemble, et ainsi facilite la mise en place des bouées de sustentation. Celles-ci doivent être fixées avec précision, car lorsqu'elles ne sont pas nécessaires elles tournent et s'encastrent dans leurs cavités, créant ainsi une surface uniforme avec le reste de cette partie du vaisseau.

Ces appareils disposent de deux types d'échelle, la circulaire qui peut descendre sous le vaisseau et une autre coupée à la partie inférieure de celle-ci ; mais qui coïncide avec l'autre. C'est celle qui mène à la partie supérieure du vaisseau, transformé en salle de contrôles. La partie supérieure arrive aussi par une grue à quatre bras motorisés. Tout comme la couverture centrale, elle comporte un col ou couronne, comme nous voulons l'appeler. Ce col a de petites fenêtres rondes tout autour, qui montent et descendent à volonté. En descendant, elles créent tout comme les bouées de sustentation, une surface lisse qui uniformise le vaisseau. Le vaisseau a une forme oblongue si on le regarde de profil. Ces petites fenêtres ne sont pas pour faire de l'observation directe, c'est plutôt des écrans capteur pour différentes utilisations.

Et voilà le vaisseau terminé. Nous voyons entrer des techniciens qui s'assureront que tout fonctionne ; mais il manque le plus important. Ici le vaisseau se déplace déjà selon la volonté de son équipage. Il monte, descend, bouge de différentes manières et à différents angles, cependant il n'est pas armé.

À partir de notre point observation, nous suivons le vaisseau dans ses déplacements. Nous le voyons s'approcher d'un autre département où il y a une sorte de réservoirs d'eau tubulaire avec une capacité d'environ deux cents litres. Un de ceux-ci se sépare du groupe et va à la rencontre du vaisseau, qui s'approche à basse altitude jusqu'à se positionner sur ce cylindre. Tout s'est déplacé sans l'intervention directe de personne. Le vaisseau descend lentement jusqu'à donner l'impression d'avoir avalé le cylindre. Lorsqu'il se relève à nouveau, il le conserve dans son ventre et il ne reste plus sur le plancher que la petite plate-forme sur laquelle il se déplaçait, qui retourne lentement à son département.

Avez-vous une idée de ce qu'était ce cylindre ? Rien de moins qu'une arme terrible qui peut tout désintégrer, absolument tout, à n'importe quelle distance imaginable. Cela produit des vibrations capables de démolir des édifices en seulement quelques minutes.

L'épaisseur des parois du vaisseau fait plus de dix pouces. Le matériau est transparent, avec une plus grande visibilité dans la partie inférieure, car parfois on peut voir tourner les roues des machines. Ce sont ces roues qui produisent des luminescences qui augmentent ou diminuent d'intensité selon la zone où ils se trouvent. Ces roues tournent à différentes vitesses et les plus lentes sont celles d'en dessous.

Notre vaisseau, que nous avons suivi étape par étape, est à demi terminé, il ne manque maintenant que le polissage. Pour ce processus final nous le regardons flotter doucement et se diriger vers un autre département, jusqu'à atteindre et se positionner au centre d'une machine gigantesque, équipée d'une série de disques qui tournent à de grandes vitesses, en se déplaçant dans toutes les directions jusqu'à couvrir totalement le vaisseau, le faisant disparaître de nôtre vu.

Après cette opération, notre vaisseau est flambant neuf et prêt à se livrer à toute sorte d'essais. Il sort à l'air libre et ils le font fonctionner de manière incroyable. À cause de notre mentalité, c'est seulement en voyant ces merveilles qu'on peut y croire.

Les vaisseaux tubulaires ont deux séries de roues disposées sur toute leur longueur et peuvent contenir, selon leur longueur, jusqu'à vingt petits vaisseaux sur chaque axe de grandes dimensions.

Une des caractéristiques de ces vaisseaux, selon mes amis, à qui j'ai demandé s'ils perdaient des vaisseaux dans leurs incursions sur d'autres planètes, est qu'ils en ont perdu quelques-uns, mais qu'ils les font toujours exploser en mer lorsqu'ils sont endommagés, après avoir récupéré les membres de l'équipage. Ceci dans le but d'éviter que les restes se retrouvent entre des mains ambitieuses. Et dans tous leurs vaisseaux, absolument dans tous, leur machinerie est constituée de roues de différents diamètres selon la taille du vaisseau.

Je crois que plus tard ce sera le concept que nous utiliserons pour propulser nos véhicules indépendants. Cependant, il y a une chose remarquable qui peut servir de donnée à nos sages et c'est ceci :

Le nombre de roues, leur diamètre et le nombre de sources d'énergie sont selon la taille du vaisseau. En gardant à l'esprit que ces sources d'énergie sont de petites tailles, comme j'ai dit précédemment, pas plus grand qu'un récipient pour rôtir des dindes. Et la partie extérieure ou couverture est recouverte de petites perforations.

CHAPITRE 6

ANALYSE DU PASSÉ VÉNUSIEN


MAINTENANT, NOUS ALLONS poursuivre la narration en jetant un coup d'oeil au processus de préparation de leurs aliments. Nous allons diviser le sujet en deux parties, car c'est effectivement ainsi, c'est deux choses séparées, c'est-à-dire qu'une des matières premières vient de la mer, et l'autre des jardins de toitures ; mais ils convergent au même endroit qui est les laboratoires.

Commençons par la mer : ce sont de grandes usines flottantes et chacune d'elles dispose d'enclos formés de filets qui les entourent à une grande profondeur. Mais il y a un endroit duquel s'éloignent rarement les gros poissons. Il s'agit d'une chose qui ressemble à un abreuvoir pour les bêtes dans notre monde, sauf qu'ici il s'agit d'une zone d'oxygénation. Et c'est là qu'ils attrapent les poissons pour leurs études et leur alimentation.

Dans cette même zone, ils leur servent des aliments qui sont composés de régimes spéciaux qui donnent un résultat magnifique. Je crois avoir resté là au moins une heure à observer cette manoeuvre depuis un des observatoires, et je ne les aie pas vu sacrifier un seul poisson de moins de deux mètres, et j'en ai même vu de plus de quatre mètres. Je n'ai pas vu non plus d'espèces différentes, disons des requins, des raies ou autres sortes. Tous ceux qu'ils manipulaient avaient l'apparence de gigantesques saumons à chair blanche et appétissante.

Ces énormes poissons passent par un processus complet qui me parut merveilleux. À la fin, ils sont transformés en farine extrêmement fine.

Et nous avons maintenant une des matières premières. L'autre matière vient comme j'ai déjà dit de leurs jardins de toitures. Mais nous allons l'expliquer. Ils ont développé un type de fruit, qui est généralement rond et pas plus grand qu'une petite orange — comme la papaye et le « miguelito » et tous les fruits charnus, mais sans fibre —. Leur pelure est mince comme celle des prunes et n'a pas de noyau. Ils me l'avaient confirmé, et je l'ai vérifié. La transformation de ces fruits se termine aussi en farine extrêmement fine.

Les deux matières sont à nouveau converties en liquides, pour être ensuite envoyés par une tuyauterie aux laboratoires, et de là aux lieux d'approvisionnement.

Et je suis aussi allé dans un bâtiment où j'ai vu le processus de construction de leurs bâtiments. on m'avait affirmé que dans leur monde se trouvaient d'autres gens de ma race et, en allant recueillir des informations à leur sujet, j'ai remarqué que le bâtiment dans lequel j'entrais grandissait ou se détachait du sol. Ils m'ont expliqué que ce sont les étages qui étaient grimpés dans les airs (et non les ouvriers), qu'ils faisaient le contraire de nous, chose des plus logique. Et ils utilisent les toitures comme jardins et comme pistes d'atterrissage. Pour que je puisse voir le processus en entier, ils m'ont conduit au sous-sol, où s'effectue l'opération.

Je me suis rendu compte que le sous-sol n'était rien de moins qu'une rue souterraine, par laquelle transitaient un type particulier de véhicules utilisés pour transporter les matériaux de construction. c'est aussi par ces sous-sols que passent d'épaisses tuyauteries noires, par lesquelles sont transportés nourriture, vêtements et tout ce dont leurs habitants ont besoin.

Mais poursuivons avec le bâtiment. Dans tous les sous-sols, il y a des colonnes d'une vingtaine de centimètres d'épaisseur qui les traversent et ce sont ces colonnes qui forment la charpente des bâtiments.

À l'endroit où nous étions, tout était prêt pour être soulevé. Dans chacune des colonnes se trouve un vérin qui a la forme d'une demi-lune et qui se fond avec la colonne, se maintenant à ce dernier au moyen d'une rainure avec une saillie contenant ledit vérin ou presse.

Ceux-ci sont composés de plusieurs sections intérieures. Ils sont pneumatiques et sont reliés entre eux avec des joints souples. Quand tout est prêt, à partir d'une petite machine, ils appliquent une force sur les presses et le bâtiment est soulevé sur les colonnes. Les sections de colonnes, d'environ deux mètres de long et vingt centimètres d'épaisseur, sont massives et ont un accouplement à chaque coin qui s'ajuste avec précision. Elles sont extrêmement légères, tellement que j'en ai porté une sous mon bras très facilement.

Après avoir soulevé le bâtiment, on les place une à une dans chacun des trous prévus à cet effet et elles y restent fixées fermement.

Ils enlèvent la force aux presses, le bâtiment s'installe et demeure en place. Entrent en jeu les remplisseurs, ils mettent la cage des ascenseurs, qui dit en passant ne sont pas comme les nôtres. Ce sont des unités autonomes pourvues de rouleaux de chaque côté, qui roulent dans un cube qui est d'une seule pièce, et qui sont assemblées en sections, tout comme les colonnes. Par conséquent, ils n'utilisent pas de câbles encombrants et dangereux de surcroît.

Lorsque vient le tour à la partie extérieure, il suffit de glisser la couverture en forme d'arc, et ils remplissent le creux qui reste.

Viennent alors des appareils à recouvrement, portant un rouleau de matériau chacun. Ce matériau est de la largeur de la partie non recouverte. C'est tout un spectacle de voir un petit homme installé confortablement dans un siège faisant partie de ce qui ressemble à une araignée géante, à la maniabilité étonnante, s'approchant avec son rouleau de matériau avec assurance jusqu'à un endroit précis.

Un autre homme installé sur un appareil semblable, mais cette fois-ci sans rouleau. Il est uniquement équipé d'un petit appareil qu'il manipule d'une main, et de l'autre il ajuste l'extrémité du matériau à l'endroit où il sera soudé. C'est ni plus ni moins ce qu'ils font. Ils manipulent les contrôles de leur appareil avec leurs pieds, ce qui les fait monter et descendre, toujours dans leur confortable siège. Lorsqu'arrive la fin du rouleau, les deux appareils avancent, un portant le rouleau et l'autre le soudant en place et ainsi, en moins de temps qu'il me faut pour le dire, tout est fini.

Eh bien, tout ce que j'ai pu voir là en direct, je l'ai vu à nouveau dans l'un des bâtiments de contrôle. Là, sous forme de projection, qui scrute le travail réalisé à partir d'angles différents. Ce qui se révèle vraiment merveilleux pour voir tout en détail.

Dans ce même bâtiment de contrôle, ils localisèrent et entrèrent en contact avec les deux terriens avec qui ils voulaient que je m'entretienne. Cela démontrait le degré d'efficacité de leurs communications. Comme je l'ai réalisé plus tard, ces individus se trouvaient à l'autre bout de ce monde, comme si c'était, disons du Mexique à la Chine. J'ai appris qu'ils n'étaient pas espagnols, mais français, et qu'ils avaient vécu sur Vénus durant environ cinq ans de notre monde.

Dans un bâtiment, j'ai pu également admirer quelque chose qui a attiré mon attention. Il s'agissait de quelque chose relatif à leur passé, dans le domaine du transport et de l'alimentation.

La première chose était une boule de transport, un moyen efficace et rapide. Après cela est arrivé le transport aérien afin de couvrir de longues distances et ce moyen est passé à l'histoire.

Il s'agissait d'une boule géante, plus grande que le vaisseau sphérique qu'on avait utilisé. Elle était divisée en trois sections et les deux joints qui scellaient la sphère formaient la surface de roulement. Elles circulaient dans des canaux qui remontaient à plus de la moitié du véhicule. Elle devait, en raison de sa circonférence énorme, atteindre des vitesses fulgurantes, car leurs rails étaient très lisses.

Mais la chose ne s'arrête pas là. Ce moyen de transport pourrait être appelé « vitesse par inertie », parce qu'il n'utilise aucune propulsion naturelle. Mes amis me firent une démonstration avec un modèle réduit et j'ai pu le voir monter à une hauteur de quatre mètres, et il en aurait monté cinq cents si l'on n'avait pas interrompu la démonstration. Les stations d'arrêt sont des cubes du même diamètre que la boule. Cette dernière s'arrête par l'action de l'air qui se comprime à l'intérieur du cube. Ce cube ou tunnel est équipé de portails et de vannes pour permettre à l'appareil de sortir.

Une autre chose qui a attiré mon attention a été le moyen primitif qu'ils utilisaient pour se ravitailler en légumes, dans des temps reculés.

On m'a dit qu'il y eut une époque où ils cultivaient plus de légumes que nous. Alors, lorsque j'en ai eu la chance, j'ai demandé s'il était possible de connaître les moyens qu'ils avaient utilisés pour y parvenir. Comme il nous restait déjà peu de temps, nous sommes entrés dans un bâtiment de contrôle à la recherche d'une reproduction de cet ancien appareil. on m'a assuré que ce que j'allais voir ici en modèle, on me le montrerait en vrai, si on allait avoir le temps.

La reproduction était un tapis roulant, qu'ils pouvaient perforer à la profondeur qu'ils voulaient ou qui était nécessaire. Sur la surface de ce tapis roulant, ils faisaient des découpes en circonférence, en donnant une forme d'angle ou de plateau à ce qui allait constituer le dessus de la coupe à plat du bas, et en même temps le bas et soutien de celle du haut. Ce système de coupes en section ressemblait à un ensemble de cônes placés l'un sur l'autre, avec la partie étroite vers le haut.

Ce type de jardin avait plusieurs avantages, dont le principal était de le mettre à l'abri des rayons brûlants du soleil. Donc selon eux, ces jardins étaient utilisés à l'époque où ils n'avaient toujours pas appris à se protéger correctement des rayons du soleil.

Le second avantage était que sur une petite superficie ils obtenaient une grande production, et avec peu d'effort, car depuis des temps anciens, ils utilisaient un système d'élévateurs efficace. Selon mes amis, il y eut des tapis roulants comme celui-ci qui comportaient des centaines d'étages et de découpes. Maintenant, je vais essayer de raconter certaines choses en rapport avec la mer :

Je vais commencer avec quelques modèles de bateaux. Je disais précédemment que ce que je vis là- bas ne ressemblait pas beaucoup à nos bateaux. Plus d'une fois j'ai pensé qu'il était tout à fait possible que la différence soit nécessaire étant donné que leur eau ou le liquide dans lequel doit flotter leurs embarcations est soit plus dense ou plus délicat. Chose que je n'ai pas pensé parce que je l'aurais demandé à mes amis. Il y avait un modèle dont le plancher plat ressemblait plus à une barge rudimentaire à rames lente que d'un navire construit pour atteindre de grandes vitesses.

Ce modèle avait été conçu pour prendre des charges et se composait de compartiments sur toute sa longueur. Entre chaque compartiment, il y avait une paroi creuse hermétique, en nid d'abeilles, dont les sections étaient remplies d'un matériau flottant. Il y avait tellement de ces parois sur la largeur qu'on aurait dit que cela dépassait hors du bateau. La forme extérieure de ces derniers était conique à ses extrémités, c'est comme si l'un de nos navires aurait été couché sur le côté, ou mieux encore, comme si deux de nos bateaux auraient été couchés et qu'on les joignait par leur partie ouverte, et c'est ni plus ni moins, la forme de ces navires.

Il n'y a aucun danger de naufrage, car, comme je l'ai dit, il y a des parois flottantes, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, en abondance. Ce type de bateau ne se limitait pas à la mer, car il avait été construit de telle manière que, après la traversée marine, il continuait sur la terre ferme. Toute la partie extérieure était recouverte de rouleaux propulseurs disposés dans des canaux horizontaux. Entre ces rouleaux, il y a des embouchures où sort de l'eau sous pression pour se propulser sur des liquides. Cela fait de chaque rouleau une unité indépendante, qui est aussi en même temps la pompe. Le double rôle de chacune des unités est franchement remarquable.

Ce type d'embarcation, comme je le disais, ils l'avaient dans toutes les dimensions imaginables, mais toujours en conservant le même style. Toute la partie supérieure, ou le toit était recouvert de trappes par où ils étaient chargés, à l'aide de grues qui couvraient de leurs flèches toute la longueur. Ces navires jouaient un rôle très important dans l'alimentation de la population, car ils transportaient le poisson, la base de leur alimentation. Pour que vous arriviez mieux à comprendre, avant de décrire un autre type d'embarcation, je vais décrire les habitations marines.

Ces habitations marines se composaient d'une série de tubes scellés à leurs extrémités. Elles étaient disposées côte à côte, formant une grande plate-forme, ou un radeau, reliés entre elles par des pièces spéciales. Sur ces plates-formes il y avait un plancher de maille résistant, et sur celui-ci se trouvaient les chambres en forme de bulles distribuées convenablement. De la même manière, ils disposaient d'une terrasse où ils élevaient des oiseaux comestibles et cultivaient des légumes développés spécialement pour cela.

Ils avaient au centre de ces plates-formes flottantes, de petites tours qui leur permettaient indubitablement d'être en communication avec ceux au sol, ou leurs voisins, parce qu'il y avait selon mes amis, des colonies parfaitement réparties. Chacune de ces unités disposait aussi d'un petit bateau pour pêcher en gros. Chaque logement avait un réservoir de forme spéciale, flottant, où ils déposaient le fruit de leur pêche, en attendant les grands bateaux qui passaient les collecter d'une manière plus que pratique.

Étant donné que ces réservoirs étaient dotés d'oeillets spéciaux sur le dessus, l'embarcation allongeait seulement la flèche de sa grue afin d'atteindre le réservoir. Il l'emportait à n'importe lequel de ses compartiments supérieurs, il ouvrait une trappe que le réservoir avait au-dessous et vidait son contenu. Il rapportait ensuite le réservoir à sa place.

Parmi ses colonies il y avait des embarcations qui étaient destinées à leur rendre visite, afin de leur fournir les produits qu'ils ne produisaient pas dans leurs jardins flottants.

Il y avait aussi une sorte de tour marine qui était en service avant qu'ils ne couvrent leurs mers d'édifices. Ils les utilisaient pour la radio et la télévision à l'aube de cette science. Ces tours étaient composées d'une armature en forme de cônes reliés à leur base. Dans la jonction, c'est-à-dire dans le centre de la tour, se trouvait une masse de flotteurs sur laquelle celle-ci s'appuyait. Ces tours étaient alignées de manière à marquer par des signaux toutes les routes que suivaient les embarcations, à l'époque où la mer n'était pas peuplée. Et non seulement ils servaient de signaux, mais leurs éléments flottants étaient transformés en stations de jeux pour voyageurs marins. Elles étaient pourvues de contrepoids et d'ancres.

Ces contrepoids les maintenaient à la verticale. Ils utilisaient, entre autres, deux types d'ancres, une en forme de sphère hérissée de dards, lesquelles se projetaient, ou se rétractaient à l'intérieur de la sphère à la volonté des opérateurs. L'autre type qu'ils utilisaient plus, on pourrait l'appeler « queue de porc », car cela ressemblait à cela. Il est muni d'un foret à son extrémité plus lourde, pour pénétrer en profondeur dans le lit marin. Arrivées à une certaine profondeur, les épines se hérissaient empêchant ainsi le recul. Autant avec ce type d'ancre qu'avec celui d'avant, les épines ou les dards sont contrôlés depuis l'embarcation par des impulsions électriques.

Ils n'utilisaient pas de chaînes de métal ni aucun autre type de matériau ferreux comme nous connaissons. Ils remplaçaient celles-ci par quelque chose que nous pourrions appeler du plastique, et qui était composé d'un grand nombre de petits tubes unis ensemble. Ils augmentaient le diamètre du matériau selon la quantité de tubes qui la composait. C'était semblable à nos câbles, composés de fils mince, uni, mais sans les tordre.

CHAPITRE 7

UN VOL SUR VÉNUS


MAINTENANT, NOUS ALLONS passer au type élégant d'embarcation. Ceux-ci furent aussi le point culminant du système maritime. C'est de là que sont nés les différents types de vaisseaux aériens qu'ils utilisent de nos jours, et qui en fait sont très semblables.

Je vais essayer de décrire ce type d'embarcation élégant. Imaginons que nous avons au minimum deux corps de nos avions modernes, cela pourrait bien être 3 ou 4, nous les installons en parallèle, et séparé, et sur eux nous mettons un des vaisseaux circulaires modernes qu'ils utilisent. Le résultat est une de leurs fantastiques embarcations de luxe, une sorte de catamaran insonorisé et fantastique. Il n'y a pas de doute qu'ils ont dû être beaux et efficaces, mais c'est de là qu'est né le transport aérien, par ce design. Actuellement, leurs vaisseaux aériens ont des similitudes. Et non seulement dans les parties inférieures des embarcations marine, mais aussi la partie supérieure est très semblable à leurs vaisseaux circulaires modernes gigantesques.

Et avant que j'oublie, je vais vous raconter quelque chose d'une très grande importance et qui s'avère vitale pour ce monde standardisé. Il s'agit de leurs toilettes. Il n'y a aucun édifice qui ne soit équipé de celle-ci. Elles sont situées bien en évidence, dans toutes les mezzanines.

Lorsque personne ne les utilise, elles sont à la vue de tous, mais il suffit qu'une personne entre dans une zone d'un mètre et demi alentour, pour qu'elle disparaisse à l'intérieur d'un mur d'une dense obscurité, identique à celle qui protège les lits des dortoirs. La surface de cette toilette est en forme de mangue, je fais référence au fruit que nous connaissons. Il y a dans la partie du haut une coupe d'une forme ovoïde aiguë. Cela s'utilise à califourchon, et cela s'ajuste avec précision. C'est fabriqué d'un matériau semi-mou.

Pour une question d'hygiène, elle est munie sur le côté droit d'une petite oreillette qui, en la pressant vers le bas, déclenche une pluie fine et intense, qui non seulement assainit, mais également rafraîchit. En tirant cette oreillette, il se forme un vide qui assèche tout parfaitement.

Nous allons maintenant poursuivre notre route à la recherche des terriens.

Pour aller à leur recherche, nous avons dû utiliser un type de vaisseau différent de celui que je connaissais. Apparemment, ces terriens se trouvaient à l'autre bout de la planète. Cependant, là-bas la distance n'importe pas.

Pour nous rendre à un des édifices où se trouvaient ces vaisseaux (posés sur le toit), nous avons dû prendre un autobus, ou comme nous voulons bien l'appeler. Mais là, j'ai vraiment eu peur, parce que les sièges étaient de telle manière qu'on devait mettre les pieds à moitié sur le dossier d'en face. Mais moi, en plus des pieds, j'ai dû y mettre la tête et je priais Dieu que nous puissions arriver à notre destination.

Nous sommes parties, et par un couloir souterrain, dans lequel je devais faire attention à ma tête, nous sommes arrivés à une banquette. Nous avons poursuivi jusqu'au rez-de-chaussée d'un immeuble, c'était une bibliothèque, mais nous ne nous sommes pas arrêtés, nous avons plutôt continué jusqu'au toit. Mes amis me promirent alors qu'au retour je pourrais la visiter.

Sur le toit, il y avait trois vaisseaux. On m'a alors confirmé que c'était bien cela. Car pour moi il ne s'agissait seulement que de trois gigantesques et brillantes balles qui, je crois, bien faisaient au moins cinq mètres de circonférence.

Nous sommes alors passés par un couloir, entre de petits arbustes parfumés et de gros poteaux noirs, sur lesquels étaient posés les vaisseaux. Lorsque nous nous sommes retrouvés tout près, un tube est descendu du centre du vaisseau. une section est descendue, dévoilant une série de marches semi-circulaire, par laquelle nous sommes montés, jusqu'à arriver à la partie supérieure du vaisseau.

Cet ascenseur faisait partie de la cabine de contrôle. De forme circulaire et faisant partie de la paroi extérieure, il y avait des sièges avec des dossiers et des appuis pour les jambes et l'abdomen. Pour des raisons naturelles de poids, je m'y suis retrouvé plus serré que mes amis. Cependant, je n'y étais pas mal à l'aise, car le matériau utilisé pour les sièges, les dossiers et les appuis était très élastique. Je trouvais que cela ressemblait à des blocs de caoutchouc spongieux.

À l'intérieur de la cabine se trouvait un homme. Même s'ils se vêtissent de la même manière que les femmes, il y a un je ne sais quoi qui rend leurs traits complètement différents. Cela leur donne une allure dans lequel on remarque une présence masculine indubitable.

Mes amis dirent quelque chose dans leur langue, qui est rude et désagréable, à l'oreille du membre d'équipage. Après s'être assuré que nous étions correctement attachés, il a fait des manœuvres et nous avons immédiatement pris de l'altitude à la verticale.

Le vaisseau était fait d'un matériau transparent, quasi comme le cristal, et l'on pouvait remarquer que ses parois étaient épaisses. La seule chose qui rendait la visibilité extérieure quelque légèrement diffus était son épaisseur. C'était comme si nous regardions à travers un bloc de verre d'un demi-mètre d'épais.

Arrivé à une certaine hauteur, notre vaisseau s'est déplacé à une vitesse vertigineuse. Aussitôt, j'ai eu la tête qui tournait, chose qui ne m'était pas arrivée auparavant. Mes amis vinrent me voir à ma demande, et me conseillèrent de garder la tête vers l'arrière, appuyé sur le dossier, en fermant les yeux et en aspirant plus fortement mon « cigare » en caoutchouc, et en retenant ma respiration par les fosses nasales. Chose étrange, je me suis aussitôt senti bien.

Mes amis m'ont expliqué que l'appareil que je tenais dans ma bouche était une sorte de filtre, qui allégeait ma respiration, en me fournissant à la fois de l'oxygène, car à l'intérieur de ce petit navire, l'atmosphère s'avérait plutôt lourde pour mes poumons. Heureusement, cela passa rapidement.

Nous sommes passés par une zone très étendue, où toutes les constructions étaient disposées de façon circulaire, mais les couleurs de leurs édifices étaient semblables à ceux que nous connaissons. Mais amis m'expliquèrent qu'il s'agissait d'une espèce de ville infantile, d'un foyer collectif. Ils m'expliquèrent le tout en détail, depuis la zone de maternité qui se trouvait à faire partie des cercles extérieurs, jusqu'à arriver aux cercles centraux.

Chaque bâtiment était entouré de vastes étendues libres, transformées en terrains de jeux. Dans cette zone se vit la vie quotidienne du reste du monde. J'aurais aimé voir tout cela en détail, mais je crois que nous n'avions pas le temps nécessaire, ou ils crurent que cela était de moindre importance pour moi.

Nous avons repris de la vitesse, pour peu après survoler une autre zone qui était semblable à celle d'avant en sa constitution, mais différente en aspect. Il s'agissait d'un ensemble d'édifices argentés, reluisant, inondé par les rayons de lumière projetés depuis le ciel. Cette lumière se fragmentait en des milliers de rayons, qui se dispersaient dans toutes les directions, créant dans son ensemble une vision merveilleuse. Il s'agissait rien de moins que d'une zone de recherches.

Nous sommes descendus lentement, parce que l'endroit était saturé de vaisseaux de toutes formes et de toutes tailles qui se croisaient à différentes altitudes et vitesses. C'était merveilleux, spectaculaire.

Plus on descendait et plus on voyait tout en détail. Cela est devenu un spectacle si merveilleux que je ne crois pas qu'il soit possible de l'imaginer. Le simple fait de perdre de l'altitude lentement m'a donné la sensation d'être suspendu à un parachute. on a commencé à distinguer des cigares gigantesques, fantastiques, noirs, reluisants, de la même couleur que le vaisseau circulaire gigantesque qui nous avait transportés à ce monde merveilleux. Mais c'était incroyable : ces cigares étaient au moins quatre fois plus grands.

Nous nous sommes posés doucement dans le nez d'un de ces monstres.

Nous sommes descendus par le même escalier. Cependant, cette fois-ci, ils n'avaient pas descendu le tube qui le contenait, il s'était plutôt ouvert une section en face de celle-ci. Je suis descendu de la même manière que dans le petit vaisseau, le premier que j'avais abordé, c'est-à-dire en faisant face à ma propre peur. Maintenant, en me rappelant ces souvenirs, cela me semble un simple rêve fantastique.

L'endroit où nous nous trouvons, c'est-à-dire le nez de ce colosse, est plat, recouvert sur toute sa longueur de nervures étroites.

Il n'y a pas d'endroits où l'on puisse regarder qui ne soient pas couverts de ces appareils monstrueux. Je calcul qu'ils ne font pas moins de 400 mètres de long et 50 de large.

La vision est si fantastique que je pense que si un tel vaisseau apparaissait soudainement dans notre monde, cela sèmerait inévitablement la panique, et provoquerait peut-être même une tragédie. Mes amis me confirmèrent qu'il s'agissait de vaisseaux mères, et qu'ils étaient sûrs que j'allais trouver intéressant d'apprendre sa destination. on allait m'accorder le privilège de visiter les entrailles de l'un d'eux.

Un couvercle d'environ 20 mètres de long et 35 de larges s'est levé devant nous, dévoilant une glissade devant nos yeux. À l'intérieur, il y avait autant d'éclairage que dans l'un des édifices que nous avions visité auparavant.

La glissade était recouverte de canaux ou de systèmes de rails qui conduisaient à l'intérieur de cette caverne hallucinante. Le dessus de ces gros rails était lisse et poli. Cependant, les canaux sont amortissant, comme un gros tapis. Nous sommes entrés par un de ces canaux, et je n'ai pas de mots pour décrire la sensation qui m'a alors envahi. Cela s'avéra plus impressionnant encore que lorsque j'étais entré dans le vaisseau circulaire ancré dans l'espace, là-bas, dans mon monde lointain. Cependant, la surprise était à venir.

CHAPITRE 8

RENCONTRE AVEC LES FRANÇAIS


NOUS AVONS MARCHÉ quelque 100 mètres jusqu'à nous retrouver face à deux grands cercles, comme deux grands fantastiques yeux ronds d'un fauve mythologique. Des yeux exorbités et volumineux, comme deux coupoles d'églises projetées vers nous.

Mais ce qui dans l'immense vide de l'énorme dôme, que l'on pouvait facilement imaginer comme étant les seins ronds d'une femme fabuleuse, n'était rien d'autre que deux vaisseaux. Ni plus ni moins, des vaisseaux qui aux dires de mes amis, étaient automatiques, qui n'avaient pas besoin d'équipage d'aucune nature. Nous pourrions dire sans exagérer que c'étaient de grands cerveaux électroniques qui étaient munis d'un grand nombre d'yeux, d'oreilles et de nez.

Ils étaient destinés aux explorations, dans lesquelles non seulement ils recueillaient des sons et prenaient des images, mais ils recueillaient des échantillons des matériaux qui se trouvaient aux alentours. Ce navire gigantesque qui les contenait était tout indiqué pour les emmener à leur destination.

Celui que nous étions en train de visiter contenait deux rangées de 60 vaisseaux automatiques, ce qui faisait un total de 120. Il y avait dans cette zone de recherche des milliers de ces gigantesques et étranges vaisseaux à la tête en « V » aigus.

Comme j'ai regretté posséder une si pauvre instruction, et comme j'aurais voulu avoir les capacités suffisantes de relater cette merveilleuse chance que le destin m'a offert ! Cependant, que pouvons-nous faire. Certaines personnes me consolent en me disant qu'il faut se conformer, mais pour comble de malheur, je suis un type non conformiste, qui lutte contre les moqueries de mon destin. Bon, question de cesser de pleurnicher, nous allons reprendre cette promenade.

Nous sommes sorties sur le toit d'un des édifices qui se trouvaient sous le ventre de ce gigantesque vaisseau. Dans cette zone il n'y a pas d'arbres, ni d'épis ou de poteaux, sinon que les vaisseaux reposent sur la majeure partie de la toiture.

Nous avons pris l'ascenseur, et sommes descendus à un des étages intermédiaires. Comme les terriers travaillaient et vivaient dans cette zone, mes amis leur avaient demandé de se rendre à ce bâtiment.

Aussitôt que je les ai vus, je reconnus en eux le produit anachronique de notre monde de laideurs. Maintenant que j'avais la chance de comparer mes amis avec un type semblable à moi, le contraste était encore plus grand. De petits gros, déformés, disproportionnés, ainsi étaient mes hôtes. Enfin, il s'agissait de deux frères jumeaux, fils d'un mariage entre un individu de nationalité française et d'une dame espagnol, né et élevé sur une propriété française de l'autre côté de la Méditerranée. Il ne parlait pas l'espagnole, cependant, ils se sont retrouvés très jeunes orphelins de leur mère et ont seulement appris la langue paternelle. Ils étaient de bonne taille, en accord avec les standards de notre race. Il était étrange de les observer ensemble avec les petits habitants soignés de ce monde fantastique. Car tandis que ceux-ci avaient des corps libres de poils, en en portant seulement sur la tête, nos compatriotes ressemblaient à des orangs-outans en leur présence.

Ils avaient le corps sensiblement recouvert de poils, et seul leur visage était gardé propre, grâce à une crème qu'ils avaient inventée pour se raser. Les poils sur le reste de leur corps avaient obtenu une teinte de plombs. Ils traitaient leurs cheveux de la même manière que les gens parmi qui ils vivent. Même s'ils paraissent assez bien, la disproportion avec ce qui les entoure est évidente.

Ils sont indisciplinés, car ils ne s'habillent pas comme le reste de la population, en portant seulement un pantalon court pour vêtement, alléguant être inconfortables en s'habillant tout comme les autres gens.

Ils m'ont assuré, par le biais de l'interprétation de mes aimables guides, que cela faisait plus de 5 ans qu'ils vivaient là-bas, où ils avaient été seulement en visite. Ils se vantaient d'avoir des poumons merveilleux, qui en peu de temps s'étaient adaptés au climat dense de là-bas. Ils affirmèrent également avoir combattu dans la dernière guerre, et que maintenant notre mode de vie leur semble stupide.

Je leur ai demandé s'ils étaient parvenus à apprendre la langue étrange de ce monde, et ils m'ont répondu en riant qu'ils n'en comprenaient même pas un mot. Mais qu'ils étaient parvenus à ce que tous le bâtiment apprennent la langue française.

Nous avons pris congé d'eux et sommes retournés à notre vaisseau sphérique en rebroussant chemin. J'avais été intrigué par la bibliothèque, et j'ai demandé à mes amis s'ils pouvaient m'emmener la visiter. Eux, avec une grande courtoisie, me répondirent que nous devions laisser cela pour plus tard, car le moment de manger et de se reposer était déjà arrivé, nous sommes donc retourné au bâtiment où nous avions entamé ce semble-t-il petit voyage.

À nouveau, je me suis conformé en jetant un simple coup d'œil à l'intérieur de cette bibliothèque lors de notre descente.

Cette fois-ci, nous ne prirent aucun moyen de transport au sol. Mais dans ce mode de vie fantastique, il revient au même d'aller soit dans une salle à manger ou un hôtel d'un lieu en particulier, ou de le faire dans un autre à des milliers de kilomètres plus loin. Par conséquent, nous avons marché quelques rues jusqu'à arriver à une salle à manger. Rassasiés, par autant d'aliments délicieux, nous sommes demeurés un certain temps à fouiner, à admirer de petites choses. Mes amis me pardonnèrent cette attitude qui était contraire à leurs habitudes.

Nous sommes ressortis dans la rue. Le niveau de lumière naturelle ne diminuait pas et même augmentait. Cela s'avérait inhabituel de voir des gens qui à toute heure entraient et sortaient de toute sorte d'endroits. On ne voyait aucun appareil ou quelque chose qui pouvait mesurer le temps, ni personne qui en utilisait. Cela n'avait aucune importance, car si on a faim, on entre et l'on mange, si on a sommeil, on entre et l'on se couche. Si on a envie de se divertir, on le fait. Personne ne rend compte de quoi que ce soit, selon mes amis. Avec cinq minutes de chaque heure qu'ils vivent, qu'ils investissent en faisant quelque chose pour le bien de la collectivité, c'est un paiement suffisant pour cet ensemble de commodités.

Eh bien, en savourant lentement le spectacle qui m'entourait, je me suis laissé guider par mes aimables guides, qui avec un intérêt peu commun, m'assistaient jusqu'à dans les moindres détails. Tellement que par moments je me sentais même insignifiant, j'avais l'impression qu'ils me donnaient seulement de la corde pour voir si je m'enorgueillissais et me donnait de l'importance. Parfois, désolé, je leur demandais qu'ils me disent si je me conduisais de façon inadéquate envers leurs coutumes. Cependant eux, quasi dans tous les cas, me répondaient qu'ils étaient heureux de marcher avec moi et d'observer ma façon d'être et de réagir devant tout ce que je voyais.

Nous sommes finalement arrivés à un édifice, à un hôtel ou un dortoir, ou comme nous voudrions bien l'appeler. Mes amis m'expliquèrent qu'il y en avait trois sortes : pour les célibataires masculins, pour les célibataires féminins et pour les mariés, et qu'il n'y avait pas grand différences entre eux.

Là, tout comme dans les autres bâtiments que j'avais visités, il y avait dans les mezzanines, deux murs couverts d'ascenseurs et deux couverts d'arches et de corridors. Cependant, j'ai remarqué une différence. Sur les murs où étaient situés les ascenseurs, et dans un espace d'environ deux mètres sur toute la largeur de l'édifice, il y avait autant de rangées de petites lumières qu'il y avait d'étages dans l'édifice. Chaque lumière marquait un couloir, parce que là, ils n'utilisent pas de chambres.

Nous étions à la recherche d'un endroit où il y aurait trois lits vides groupés. Ainsi donc, par la rangée de lumières, nous savions à quel étage nous diriger, et par la lumière à quel couloir. Donc, la rangée « 12-A » par exemple, cela indiquait qu'il y avait des lits vides. Nous sommes donc monté cet étage, et en arrivant nous nous sommes retrouvé dans un couloir qui donnait sur notre droite, et ensuite sur notre gauche.

À ce couloir convergeaient les entrées d'une autre série de couloirs, et dans les entrées il y avait aussi de petites lumières indiquant les lits vides. Nous sommes arrivés jusqu'au couloir qui nous intéressait. Comme il y avait quelques ampoules allumées et d'autres parmi elles éteintes, cela voulait dire que nous aurions à passer près de lits occupés pour nous rendre jusqu'aux nôtres. Avant d'entrer, il faut se déshabiller complètement. Mes amis commencèrent à se déshabiller et me firent signe de les imiter.

Dans les murs droit et gauche, il y a de longues ouvertures. Sur le côté droit, nous avons déposé nos vêtements, et ils ont disparu de notre vue, et nous nous sommes retrouvés nus, complètement nus.

Mes amis me pointèrent le couloir. Cependant. Sapristi ! Ils me préparaient une plaisanterie. Je n'avais pas fait dix pas, que j'ai sentis qu'on me criblait d'une espèce de pluie vaporisée, tiède et agréable. Ce bombardement intempestif m'a procuré une sensation désagréable, duquel j'ai tenté de me libérer en reculant. Mais derrière moi, se trouvaient mes amis qui s'attendaient à cette réaction à leur diversion. Avec une force incroyable, ils m'ont poussé, m'obligeant à aller de l'avant. J'avais à peine passé cet accueil humide, que je suis entré dans un autre, et encore plus désagréable. Maintenant, je sentais comme si on m'aspirait, ou on formait un vide à l'entour de moi. Cela débarrassait mon corps de jusqu'à la plus infime particule de saleté qui pouvait s'y trouver, en me procurant une incroyable sensation de propreté et de fraîcheur.

Lorsque j'eus fini de boire ces deux coupes amères, je n'ai pas eu d'autres choix que d'éclater de rire, comme pour faire comprendre qu'ils ne m'avaient pas impressionné, mais je ne pouvais tromper personne, ni même moi-même.

Dans ces couloirs-dortoirs, ils utilisent un système qui m'a semblé très pratique. Ils possèdent un contrôle absolu sur la lumière et l'obscurité. Je les avais déjà vus utiliser ce système dans les salles de bain, donc il ne m'était pas inconnu, cependant j'ignorais qu'ils l'utilisaient aussi dans les dortoirs. Par conséquent, je vais essayer de le décrire. Les lits, comme ceux du vaisseau, sont des cadres qui portent un matériau épais et poreux, et sont par le biais d'une étagère, encastrée dans les murs. Cependant, dans ces dortoirs, près de chaque lit et à la portée de leur petit bras, se trouve une petite roulette qui, en la faisant tourner à droite ou à gauche, produit une lumière qui peut être aveuglante ou d'une épaisse obscurité. En fait, elle est si épaisse que cela donne l'impression que c'est un mur noir impénétrable.

Lorsque nous nous sommes retrouvés dans nos lits, mes amis m'instruisirent sur le maniement de ce petit, mais efficace contrôle qui en étant activé, couvre d'obscurité seulement l'espace qu'occupe le lit. C'est comme si on faisait descendre un rideau épais et noir qui isole ce lit de la curiosité des autres gens.

Lorsque je fus étendu dans mon lit, j'ai actionné à plusieurs reprises la petite roue, question de m'assurer de son efficacité. Cependant, une fois perdu dans cette petite immensité, tout a disparu, et je me sentais sur une île couverte d'une épaisse obscurité. Une espèce de torpeur m'a envahi et m'invitait à abandonner toute pensée étrangère à tout ce qui ne fut pas dormir et se reposer.

Le réveil fut tranquille et satisfaisant. Je sentais mon esprit clair. Je suis demeuré songeur un certain temps, appréciant, savourant cet incroyable confort. Je me suis senti plein de vigueur, désireux de travailler, de dépenser l'énergie qui débordait dans mon corps. Cela me faisait sentir jeune, peut-être même trop jeune.

Ce fut à ce moment que j'ai compris pourquoi on n'obligeait personne à travailler. Parce qu'il est indubitable qu'avec cette alimentation et ce repos, quiconque en vient à se sentir désireux de travailler, question de dépenser l'énergie qui bouillonne dans son organisme.

Lorsque j'eus éclairé mon lit, j'ai découvert que mes amis étaient réveillés et étaient occupés, utilisant de petits appareils qu'il y a entre les lits. Ces appareils ne sont pas plus grands qu'une montre de poche et pendent du mur par un cordon lisse et élastique. Cordons qui, lorsque personne ne les utilise, les rappellent et les retiennent au mur. Cet appareil a un petit écran sur une de ses faces, et de l'autre côté un genre de microphone, qui comporte un petit bouton sur le côté.

Mes amis se sont reportés et ont demandé des ordres. Dans le petit écran, j'ai pu reconnaître clairement un des chefs et entendre sa voix distinctive.

Mes amis me dirent alors que nous avions suffisamment de temps disponible, et que nous allions en profiter adéquatement. Nous nous sommes donc dirigés vers la sortie, en passant par l'inéluctable bain ainsi que le séchoir que j'ai trouvé très agréable. Au niveau du sol, il y avait une fente où l'on pouvait y rentrer les pieds. On y ressent une sensation de chatouillement et lorsqu'on les retire, nos ongles sont taillés et polis. Il y a la même chose à un mètre et demi de hauteur, où l'on peut répéter l'opération avec les mains.

Et voilà que je devais subir une autre plaisanterie de mes bons amis. Le fait est que je n'avais pas essayé leurs vêtements, et ainsi donc, j'ignorais leurs caractéristiques. Donc, en arrivant aux placards, nous nous sommes dirigés vers celui qui se trouvait en face de celui dans lequel nous avions déposé nos vêtements sales. Ils ont pris n'importe lequel et ont commencé à s'habiller. Ils ne portaient pas attention à ce qui m'arrivait, et même si je cherchais et recherchais, je ne trouvais rien qui pouvait me servir. Je crois qu'ils étaient sur le point de rire aux larmes, car c'était évident : la chemise la plus grande aurait à peine fait à un de mes petits enfants, et l'on ne parle pas des pantalons.

CHAPITRE 9

COMMENT LES VÉNUSIENS SE DIVERTISSENT


FINALEMENT, SATISFAITS de leur plaisanterie, ils prirent une chemise et l'ont étirée jusqu'à ce qu'elle aille ma taille, et ils firent la même chose avec des pantalons et des chaussures. Un matériau approprié aux qualités merveilleuses dans un monde standardisé. Mes amis m'expliquèrent que ce matériau pouvait s'agrandir jusqu'à trois fois sa taille originale, taille à laquelle il revenait facilement, seulement en l'immergeant dans un liquide qui lave et désodorise. Cependant, la chose ne s'arrête pas là. Une fois enfilée sur le corps, avec la chaleur de celui-ci cela rétrécit et adhère, donnant la sensation d'être nu, il s'agit d'une fraîcheur incomparable.

À une extrémité de ces ouvertures où on laisse et on reprend les vêtements, il y a un genre de casque de protection, qui couvre du front jusqu'aux épaules. on y met la tête et cet appareil se charge de peigner et d'ajouter aux cheveux une substance grasse. En même temps, cela les coupe à la longueur des épaules, et aspire l'excédant.

Nous avons alors quitté le bâtiment-dortoir, et sommes sorties à la recherche d'une salle à manger. Nous en avons trouvé une quelques pâtés de maisons plus loin. En réalité, je n'avais pas faim, mais j'étais curieux de goûter et de savoir si effectivement chaque plat avait une saveur différente selon sa couleur. Je dois souligner que cette nourriture substantielle, qu'on ait de l'appétit ou non, se mange très bien. Du moins, je n'avais jamais refusé une crème glacée ou une bonne sucrerie dans notre monde, et ses choses qu'ils utilisent là-bas sont très semblables avec ces gourmandises.

Et comme j'ai dit, sans même avoir faim, j'ai facilement vidé le contenu de deux plateaux. Je crois même que si j'étais resté là-bas plus longtemps, la courbe de mon estomac aurait pris des caractéristiques alarmantes, comme celle des deux Français que j'ai rencontrés.

Après avoir satisfait mon appétit ou ma curiosité, nous sommes allés à la recherche d'une bibliothèque, car ce que j'avais pu observer en passant avait éveillé un certain intérêt en moi.

Ces bâtiments n'étaient pas très différents des salles à manger, dans leur disposition. Semblables aux autres, deux murs accueillent les ascenseurs, et les autres deux sont toujours couverts d'étagères pleines de livres. Tout comme les nôtres ? Non, ils sont un peu différents. Je vais essayer de les décrire, mais pas seulement les livres, sinon tout ce que j'ai vu.

Mes amis semblaient être peu affectueux de la lecture, car ils me dirent que pendant que je fouinerais, ils allaient monter sur le toit prendre de l'air. Je me suis alors dirigé vers une étagère et j'ai pris un livre. Il n'y a personne à qui les demander, ni non plus à qui poser des questions. Donc, j'ai choisi au hasard, et là même, debout, je me suis mis à feuilleter.

Comme couverture, pour utiliser notre langage, ils utilisent deux plateaux, carrés ou rectangulaires, reliés de manière à former comme une boite. Le matériau intérieur est une bande continue pliée en forme d'accordéon et jointe aux couvertures par ses extrémités. ce matériau est quadrillé finement et l'écriture qu'il contient est constituée de minuscules petits points, des angles et des cercles, placés dans différentes positions à l'intérieur du quadrillé.

Les livres peuvent être ouverts de deux côtés, donc quand on a terminé un côté, on le ferme et on ouvre l'autre afin de poursuivre la lecture. En complément, il y a de petites pattes qui servent à le maintenir ouvert. Cela s'avère nécessaire pour la raison suivante : l'étage au complet est rempli de petits fauteuils.

Ces fauteuils ont des repose-bras et des appuis- pieds et l'on peut les incliner dans tous les angles. Ils sont munis d'un bras articulé pourvu à son extrémité de deux tiges qui se terminent avec un petit cercle aimanté. Donc, assis confortablement, on installe notre bras à la distance voulu, on met le livre ouvert entre les deux cercles, on maintient le matériau de lecture avec les petites pattes. Alors s'il vous plait, qui ne souhaiterait pas lire avec autant de confort ? Et le plus intéressant, c'est que si une personne souhaite écrire, il trouvera aussi tout ce qu'il faut pour le faire. Il y a plusieurs rangées de chaises qui sont munies d'un plateau à la place des repose-bras, semblables à ceux des cantines, et il y a bonne provision de livres vierge.

Ils utilisent de petits appareils pas plus grands qu'une petite plume fontaine pour femme, mais cela ne comporte pas de plume. À la place, il y a une petite boite. À l'intérieur de celle-ci se trouve un cercle, et dans son centre se trouve une pointe pour écrire. Ils utilisent n'importe lequel des angles. Le cercle sort en appuyant sur un bouton dans la partie supérieure, et en faisant la même chose au milieu de l'appareil, cela fait un point. Ils n'utilisent pas d'encre d'aucune sorte, mais plutôt une réaction électrique qui réagit sur le matériau d'écriture, qui n'est pas du papier. Cela semblait être du tissu imperméable ou un matériau semblable qui ne froisse pas ni ne se déchire facilement.

Ces locaux sont très hauts, ils atteignent trois mètres et les étagères recouvrent le mur en entier. Pour atteindre n'importe quel livre, il y a des appareils qui sont composés d'une barre pourvue d'un siège, qui monte ou descend à volonté dans ladite barre et ceci se déplacent à droite et à gauche.

Il y a de dix à douze de ces appareils sur chaque mur et ils sont manipulés à l'aide de boutons situés dans le siège. Comme dans tous les bâtiments, dans ceux-ci il y a une véritable fête de lumière, et ce, sans en découvrir la source. De partout règne une variété de couleurs, et chaque rangée de livres utilise une seule couleur.

Mes amis ont appelé l'ascenseur pour que nous puissions aller sur le toit et voir quelque chose d'intéressant, et Dieu sait si ça l'était : il s'agissait d'individus qui récoltaient des fruits.

Comme j'ai dit auparavant, tous les toits sont transformés en vergés fruitiers de différentes sortes. Bien entendu, tout dans ce monde est nouveau, du moins cela m'a semblé. Peut-être qu'il y a des personnes pour qui rien de tout cela ne leur semble pas même logique ; mais de toute façon, je vais me limiter à décrire ce que j'ai vu.

Dans un coin du toit se trouvait un tout petit vaisseau. Il ne mesurait pas plus de trois mètres de diamètre. De son centre est descendu une échelle qui passa entre les arbres jusqu'à l'une des allés.

Lorsque je suis monté sur le toit, j'ai appelé mes amis, et ils m'ont montré deux petits hommes qui effectuaient un travail qui, dit en passant, dans notre monde est fastidieux : ils étaient en train de récolter des fruits.

Mais ces petits hommes qui ne mesuraient pas plus d'un mètre ni un ni l'autre, le faisaient d'une manière des plus facile. Dans leur petit vaisseau, ils transportent un plateau d'environ deux mètres de circonférence. Ce dernier est divisé en deux, comportant une coupe circulaire au centre. Ce plateau est comme quasi tout ce qu'ils utilisent là-bas, il est d'un matériau extrêmement léger. Chacune des moitiés est placée immédiatement au-dessus de l'anneau qui maintient l'arbre par le tronc. Une de ces moitiés a un trou d'environ dix pouces. Ils branchent dans ce trou un tube élastique du même diamètre et soulèvent la couverture d'un des couloirs, qui en plus occupe la fonction de canaux.

Quand tout est prêt, ils se servent d'un petit appareil, pas plus grand qu'une boite de cigares, qu'ils placent sous le plateau dans de petits rails fixés à l'anneau. Ils le font fonctionner et il se met à pleuvoir des fruits dans le plateau. Ces fruits passent par le tube vers le petit canal et de-là, vers l'intérieur du bâtiment, pour arriver au lieu d'approvisionnement par des conduits intérieurs. Le petit appareil émet des vibrations qui font tomber le fruit qui est mûr. Comme vous pouvez le voir, la récolte est très facile. Lorsque l'opération est terminée dans un arbre, ils recommencent avec un autre. Ils poursuivent ainsi de toit en toit avec leurs petits vaisseaux et leurs instruments étranges.

J'ai demandé à mes amis ce qu'ils faisaient avec les fruits. Chose certaine, les arbres sont très petits, et ne mesurent pas plus de deux mètres, mais ils sont très touffus. La partie supérieure de ces arbres est recouverte de branches, réparties dans une symétrie surprenante et bien proportionnée. On n'y retrouve aucune feuille, cependant, ils sont couverts de petits bourgeons, qui en majorité ont une tige qui soutient un fruit. Son écorce est verte, d'apparence tendre et lisse comme le tronc d'un bananier. Les fruits que j'ai vu et que j'ai touchés avaient une pelure lisse, comme les prunes, entre autres. Je ne l'ai pas vérifié, mais mes amis m'ont assuré qu'ils ne produisaient pas de noyaux.

En retournant au sujet que nous étions en train de traiter, c'est-à-dire celui de que faisaient-ils avec le fruit, ils me répondirent en riant aux éclats :

— Que crois-tu que tu as mangé ? Cela que tu as tellement aimé n'est rien d'autre qu'un mélange élaboré de fruits et de poisson. Cependant, cela n'a pas la saveur de poisson ni de fruits, bien sûr que non, ils sont préparés dans les laboratoires, leur enlevant l'odeur et la saveur originales. C'est pourquoi il goûtait différemment, mais toute notre alimentation vient de ces arbres, complétée avec des produits de la mer dûment élaborés et équilibrés.

Maintenant, mes amis étaient intéressés à ce que je connaisse certains de leurs divertissements favoris. Ils me dirent :

— Nous allons commencer avec le premier que nous trouverons. — me dirent-ils; et ce fut une salle de cinéma.

Lorsqu'ils me dirent qu'il s'agissait d'un bâtiment cinématographique, je m'étais alors imaginé quelque chose de différent, quelque chose de semblable à ce que nous connaissons. Je m'attendais évidemment à un écran gigantesque, à un public dans l'obscurité, à des fauteuils inconfortables, bon, quelque chose de semblable aux nôtres. Bien sûr, je m'attendais à ce que tous les étages du bâtiment soient utilisés aux mêmes fins.

J'étais habitué à cela, mais voyons plutôt ce que j'ai trouvé.

Dans ces bâtiments, qui sont probablement uniques en leur genre, les ascenseurs se trouvent au centre, et l'écran occupe un mur circulaire qui entoure le bâtiment en grande partie. Les spectateurs ont le dos tourné à la tour d'ascenseur, de cette manière ils ne sont pas dérangés par ceux qui arrivent ou partent.

La salle est plus éclairée qu'une de nos journées les plus lumineuses, avec la même clarté que nous connaissons.

Je vous ai déjà dit que ces gens ont une grande maîtrise tant de la lumière que de l'obscurité. Par conséquent, en entrant dans cette salle, j'ai eu l'impression de sortir d'un bâtiment semi-obscur.

Nous nous sommes assis dans les premiers sièges que nous avons trouvés. Naturellement, oui on peut appeler cela des sièges. C'était un cadre de lamelles dur, recouvert d'un matériau frais et spongieux. Étant donné que j'ai le double de volume de mes amis, je suis entré dans le siège de force, et j'y suis demeuré. Disons plutôt que je faisais partie d'un amas de matériau qui m'était inconnu, mais qui me procurait un confort jamais ressenti. Personne n'entrave la vue, le plancher est conique et l'on peut voir jusqu'au bas de l'écran.

Le spectacle tourne lentement tout autour du bâtiment. Intrigué, j'ai arrêté et j'ai cherché où commençait et se terminait cet écran merveilleux. J'ai trouvé à la fin une rainure, où on pouvait voir clairement sortir et se perdre différents morceaux du spectacle. Cela tourne tellement lentement que cela devrait être ennuyant, pourtant notre mental est immédiatement saisi. Il ne s'agit pas d'un quelconque cinéma comme nous le concevons, ni comme nous le connaissons. Confortablement assis, j'ai la sensation de me trouver tout en haut d'une colline et là-bas, plus bas, je vois un ruisseau qui court lentement, et qui descend un chemin, un attroupement d'ânes qui hurlent harcelé par trois muletiers.

C'est merveilleux, doublement, parce que j'entends les cris des muletiers, le halètement des animaux et jusqu'aux bruits particuliers que produisent leurs estomacs lorsqu'ils font un grand effort. on entend tout et l'on voit avec une telle clarté qu'on en perd la notion du lieu et de la distance.

Les spectateurs, en majorité, ne se limitent pas à regarder. Ils viennent avec des morceaux de matériau, semblable au verre. Cependant, bien que ce ne soit pas plus épais que du verre ordinaire, cela donne l'impression que c'est le couvercle d'une boite illuminée. Dans ce matériau, ils essaient de reproduire ce qu'ils voient, et parfois ils y parviennent avec précision. Je ne dirais pas qu'ils peignent, car ils n'utilisent pas de peinture ni de pinceaux, mais plutôt une chose qui ressemble beaucoup aux plumes avec lesquelles ils écrivent. La seule différence avec cet appareil se trouve dans la pointe, par où, à volonté et seulement en faisant une pression sur le gonflement qui se trouve au milieu, cela produit un petit ventilateur, semblable à ce que produit un pistolet pour peindre avec de l'air sous pression. Comme je disais plus tôt, il ne s'agit pas de peinture, mais plutôt d'une espèce de petit rayon de lumière qui en tournant le bouton supérieur change de couleur et d'intensité. Certains d'entre eux utilisent cet appareil avec tant de maîtrise qu'ils produisent des teintes vraiment merveilleuses, car le rayon de lumière va jusqu'à deux centimètres de large et produit dans le matériau le même effet que le feu à différentes distances. À la mezzanine se trouvent des étagères où est fourni le matériau nécessaire, et c'est à ce même endroit qu'ils remettent leurs travaux.

À nouveau, nous sommes sorties dans la rue, cette fois-ci à la recherche d'une salle de sport. Quand mes amis me dirent cela, je me suis imaginé un gymnase. Cependant, on m'a emmené à un bâtiment qui n'avait rien de tout cela.

Tout le plancher était rempli de petites tables carrées qui avaient seulement une patte au centre. Sur chacun de leurs côtés pendait une barre où on pouvait y glisser à volonté un siège avec un dossier et des appuis-pieds.

Le dessus de la table était quadrillé, en blanc et noir, et dans celui-ci glissent de petites marques, que l'on peut déplacer comme dans un jeu d'échecs ou dans le jeu de dames que nous utilisons.

Mes amis m'ont affirmé que cela se joue des milliers de façons, que continuellement ils en inventent de nouvelles, en rejetant les plus faciles. Cela était intéressant, mais je pensais que cela n'était pas ce qu'ils m'avaient promis. Je leur ai donc demandé pour la salle de sport. À ce qu'ils me répondirent que là-bas, seul le cerveau fait de l'exercice, et qu'ils ne perdaient pas d'énergie inutilement, car la santé et la forme étaient contrôlées depuis les laboratoires par le biais des salles à manger.

C'était maintenant le tour pour une autre sorte de divertissement. À quelques pâtés de maisons plus loin, nous sommes entrés dans un autre bâtiment. Quand je me suis retrouvé face à la première salle, je me suis senti déconcerté. Je me suis souvenu de certaines scènes d'un film oriental dans lequel on pouvait voir une fumerie d'opium, où des êtres sordides vaincus par le vice étaient étendus dans des couchettes sales, desservies par des êtres mystérieux et tout aussi sordides.

Cette salle est remplie de fauteuils inclinables confortables dans lesquels on s'enfonce facilement, en s'y perdant. Ils sont munis de supports pour les pieds et ils donnent l'impression qu'ils furent faits pour dormir ou se reposer. Le dossier, qui se prolonge plus haut que la tête, est confectionné de telle manière que la tête demeure enfoncée et les parties latérales sont munies d'appareils qui ressemblent à des microphones.

Pour ce divertissement, ils utilisent un petit bandeau dont j'ai compris par moi-même l'utilité, d'un matériau élastique noir, lisse et légèrement épais. Cela se met autour de la tête et son affectation est de couvrir les yeux, donnant la sensation d'obscurité. La salle est totalement illuminée. Pourvu de cet accessoire et correctement installé dans le fauteuil, le spectacle commence, qui cette fois-ci est uniquement pour l'oreille et l'imagination.

Dans le premier des fauteuils que j'ai occupés, où je me suis assis avec une certaine difficulté, mais sans inconfort, un son plutôt connu a submergé mes oreilles.

C'était comme le son produit par la circulation dans les grandes villes, avec un scandale de meurtre d'homme d'affaires endurci, les sirènes hurlantes des différents services publics d'urgence, le tintement distinctif des petits chariots des humbles vendeurs, les cris classiques des marchés, des coups de sifflet des agents qui essaie de mettre l'ordre, le grondement des lourds tramways dans les rails usés, sans oublier les secousses d'un chemin de fer monotone avec ses sifflets et ses cloches particulières, ses échappements de vapeur cadencés et plusieurs autres bruits que je connais, mais qui échappe à ma mémoire.

Tout cela était si réel que, à maintes reprises, devant la proximité d'un train, j'ai dû me dégager du bandeau avec lequel je me couvrais les yeux pour m'assurer que je ne courais aucun danger.

Étant donné que mes amis m'avaient dit que dans chacune des rangées de fauteuils on pouvait entendre un son différent, je suis passé à un autre fauteuil, plusieurs rangés plus loin. Là, je me suis retrouvé avec quelque chose qui, bien que je ne le connaisse pas réellement, je pourrais facilement l'identifier.
Issu d'une civilisation décadente qui est plus admirative des pseudo-miracles de la science que du chemin emprunté par les alchimistes et Maîtres des écoles de régénération, comment puis-je me détourner des fausses valeurs ?
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Est-il possible de soulever le voile d'Isis avec une pure intention quand on est un animal intellectuel ?
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Pourquoi faut-il que la mystique me tente mais pas assez pour que je prenne le ciel d'assaut ?
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Quels egos me faut-il éliminer afin de pouvoir emprunter le chemin de l'intégration de L’Être ?

Hors ligne Gemani
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Message le 24 novembre 2012, 08:13

CHAPITRE 10

LES ADIEUX


IL S'AGISSAIT D'UN CONCERT d'opéra et l'on entendait avec tellement de fidélité qu'on pouvait identifier non seulement les chuchotements des dames qui voisinaient celui qui enregistrait, mais aussi le bruit que produisent les vêtements en s'installant dans leur siège ainsi que le froissement à peine perceptible des fines tarlatanes. Ce qui se déroulait sur la scène était dans une langue étrangère et inconnue pour moi et je ne saurais avec certitude de quel opéra il s'agissait.

La fidélité avec laquelle on entend tout dans ces salles est vraiment surprenante. Dans un autre siège, ils reproduisaient les bruits caractéristiques d'un grand incendie, qui indubitablement était dans une forêt, et était aux proportions dévastatrices. on entendait alors, le crépitement des flammes, le fracas terrible d'un arbre gigantesque, qui dans sa chute, entraîne et brise des branches à tout ce qui se trouve dans son passage et finalement le coup sec, sourd, impressionnant, d'un réalisme incroyable. on pouvait sentir des vagues de chaleur intense qui se propageaient dans toutes les directions, et avec elles de nouvelles régions commençaient à brûler, se multipliant et augmentant le rayon de l'incendie.

Cette scène avait été prise pour sûr depuis un vaisseau à haute altitude et l'incendie se produisait dans une forêt protégée. Parce qu'avec une rapidité étonnante cela passait du feu indomptable aux endroits où se trouvaient des spécialistes, avec le calme caractéristique de celui qui est habitué à ces questions, de ceux qui accomplissent leur mission sans se faire violence et sans se précipiter.

On peut entendre les ordres, donnés indubitablement par radio avec parcimonie, comme quelqu'un qui donne des conseils. Il poursuit en donnant des ordres pour appeler des renforts. Ensuite, le son change d'endroit. C'est maintenant une bande d'oiseaux. Tout de suite après on entend le bruit caractéristique que produisent de grands groupes de petits animaux qui s'enfuient, affolé, essayant de s'éloigner à la recherche d'un refuge sûr. C'est pour cela que je disais que ces scènes étaient prises à haute altitude, à partir d'où ils peuvent couvrir des zones extrêmement grandes.

J'ai entendu par exemple, dans une autre rangée, quelque chose qui sans aucun doute était aussi un incendie. Mais qui, cette fois-ci probablement se produisait dans une zone commerciale avec des avancements modernes. on pouvait entendre clairement des cris assourdissants, des courses effrénées en désordre, propre aux gens dont la panique s'est emparée d'eux. Ensuite, des tirs dispersés contre quelqu'un qui n'obéissait pas, parce qu'il avait entendu des sifflets de police.

Le hurlement des sirènes des camions de pompiers, les freins de ces derniers, les cris entre eux donnant des ordres et la trainé des boyaux. Le bruit métallique des connexions dans les prises d'eau, le choc des jets puissants contre les parois incendiées, le bruit de leur effondrement, les cris étouffés de la foule en attente, maintenu dans la zone de l'incendie.

On distinguait facilement jusqu'aux commentaires des gens, tout cela dans des langues qui me sont familières, bien que je ne saurais dire précisément à quelle race de notre monde ils appartenaient.

J'ai aussi entendu le rugissement terrible d'un ouragan, qui balayait de façon importance tout ce qu'il trouvait sur son passage, le bruit des pierres qui roulent sur des pentes raides, le choc des unes contre les autres, se brisant en morceaux et en multipliant les bruits. Des arbres déracinés et lancés au loin, le sifflement réfrigérant du vent, la coursent de grands torrents d'eau au sortir du lit d'une rivière puissante, et de temps en temps, le rugissement d'une bête prise au piège, ou les clapotis désespérés d'un animal en danger de noyade.

J'ai tout vu seulement avec les yeux de l'imagination. Plus d'une fois, j'ai enlevé le bandeau qui couvrait mes yeux, afin de m'assurer que ce que j'entendais n'était que des sons et que tout cela était loin de la réalité.

Tout cela dans une seule salle, dans laquelle il suffisait de changer de rangée et d'occuper un ou deux sièges plus en avant ou en arrière pour trouver une variation de spectacles imaginatifs.

Le plus surprenant de tout est que, même si un siège est vide, il n'en sort rien de ce qui s'entend lorsque quelqu'un l'occupe.

Un des bruits que ces gens ont aimé le plus est celui produit par nos mers, car ces rangées sont généralement occupées, mais j'ai réussi à occuper un de ces sièges lorsqu'une personne est partie, et je peux dire que moi aussi j'ai aimé. Il s'agissait de quelque chose de caractéristique, ce qu'on pourrait appeler une symphonie de la mer.

On devine que la première scène est un port maritime, et il devait être très important. on devine également que c'est un matin brumeux.

Commence le bruit des chaînes, bruit caractéristique qui se produit en récupérant les ancres. Par moment, il est amorti par les vagues qui frappent les flancs du bateau. Ensuite, des mots d'ordre amplifiés par l'utilisation de mégaphones, des courses d'individus qui accomplissent les ordres, des grincements de câbles qui se tendent entre les bateaux et les remorqueurs. Chaque fois, le nombre de bruits augmente. Maintenant s'ajoutent la sirène du bateau, apparemment gigantesque, et les sifflets de prévention des remorqueurs.

Apparaissent maintenant, des cris désespérés de marins débutants inexpérimentés, contrastant avec les voix donnant des ordres des capitaines matures à partir de leur poste de commandement. Ensuite vient le bruit produit par plus de machines en commençant par faire monter la pression dans les chaudières, et finalement les coups donnés au levier de commande.

Ce fut si facile d'identifier ces sons que j'éprouvais la sensation d'être à bord, observant toutes les manoeuvres préliminaires à la sortie du port d'un grand bateau. Ensuite, cela a passé au quai, certainement dans la matinée.

Des groupes de travailleurs criant des salutations à leurs compagnons, où commentant aussi à voix haute leurs aventures de la nuit passée. Des roulements de chariots, des cargaisons à être déchargées qui s'entre- choc, des grincements de câbles d'acier qui déplacent les paniers de grues gigantesques, et les cris augmentaient par moments jusqu'à transformer cela en un enfer.

Maintenant, on se déplace vers une station balnéaire. On commence à capter le rugissement des moteurs de quelques bateaux engagés dans une compétition. Ensuite on entend le bourdonnement d'un avion qui traverse pas très loin. À nouveau des moteurs de bateaux, qui remorquent maintenant des skis nautiques. on sent le souffle de la personne qui guide le ski et l'on peut même différencier, par le son, quel sillage appartient au bateau et quel au ski.

Nous nous approchons d'un groupe de baigneurs. on entend clapoter dans l'eau, ainsi que leurs cris lorsqu'ils sont entrainés par une vague. Ensuite vient un groupe d'enfants avec leurs cris joyeux et distincts, leurs attroupements, leurs guerres avec l'eau ou avec le sable, leurs protestations, et ensuite leurs pleurs. Finalement les cris autoritaires de leurs pères mettant de l'ordre dans la pagaille.

Maintenant, nous nous trouvons sur une plage, sans aucun bruit humain. Les vagues se brisent sur les falaises avec fracas. Ensuite on passe à un endroit sans barrières, où meurent lentement les vagues en roulant sur le sable. Le vent bourdonne avec force entre les palmiers et d'énormes regroupements de mouettes cherchant une terre de refuge, criant fortement.

Nous nous sommes enfoncés en haute mer. Le vent continu à bourdonner, maintenant avec plus de force. Les vagues augmentent de taille, on les entend au loin se rompre sur les falaises. Indubitablement, c'est une tempête, cependant nous nous éloignons, à la recherche d'un endroit paisible, et nous le trouvons. Nous entendons le doux glissement des petits poissons. Nous distinguons facilement la taille du poisson par la force avec laquelle ils propulsent le fouet de sa nageoire dans l'eau. Nous continuons plus loin. Maintenant, c'est au tour d'un groupe de poissons volants. on dirait qu'au moment où ils sont propulsés hors de l'eau, ils tombent par en avant de façon continue et cadencée.

Ensuite arrive la pêche d'un certain poisson de bonne taille, le combat de celui-ci pour se libérer de l'hameçon, frappant l'eau avec fracas, le sifflement de la ligne qui est récupéré dans la bobine, les essoufflements du pêcheur anonyme dû à l'effort développé, et finalement un cri de découragement ou de déception en échappant la prise. Nous poursuivons en nous déplaçant à la recherche de nouveauté.

Maintenant, ce que je vis fut vraiment impressionnant : la pêche d'une baleine. Un véritable ouragan à la surface de l'eau. une excursion à bord d'un bateau, un harpon siffle dans l'air, la traction rapide du câble met subitement en mouvement les bobines qui le contiennent, et la cible précise dans le corps de l'animal, le déchirement de celui-ci en se sentant blessé, entraînant le bateau et son équipage intrépide. Quelques moments d'attente. Ce que j'entends est si réel que je crains pour la vie des pêcheurs et je pressens un dénouement fatal.

L'animal plonge, dans son désespoir pour se sauver du fer qui est en train de lui enlever la vie. Finalement, c'est le triomphe de l'homme sur l'animal, des cris de joie qui ne laissent aucun doute : la prise fut vaincue par l'intelligence de l'homme. Maintenant, ils la remorquent lentement et lourdement jusqu'au bateau principal.

L'agitation est endiablée : des bruits de chaînes, des sifflets de jet de vapeur ou d'air sous pression, des lames gigantesques qui se cognent, et le bourdonnement des sirènes dans une course folle contre le temps, l'ébullition incomparable dans d'énormes chaudières et finalement des torrents d'eau balayant les ponts.

J'ai beaucoup aimé cette forme de divertissement, et je crois que j'y ai passé plus de temps que ce que nous disposions. Car lorsque je m'apprêtais à changer de rangée à la recherche d'autres sons différents de ceux que j'avais identifiés, car je me sentais comme dans un concours, mes amis vinrent me parler parce que nous avions déjà été appelés au vaisseau.

Nous sortions lorsque j'ai vu que deux hommes sortaient un individu d'un fauteuil et le déposaient dans une ouverture encastrée dans le mur. Quelque chose me donnait l'impression qu'on l'enveloppait dans un cercueil. Pour ne pas demeurer dans le doute, je demandais à mes amis de quoi il s'agissait.

Ils m'ont expliqué qu'étant donné qu'ils n'ont pas de cimetières, ils vont vers des moyens plus scientifiques pour se départir des personnes qui meurent. Que bien qu'il y ait des lieux de réclusion pour les vieillards, où ils se regroupent lorsqu'ils se sentent trop vieux, il arrive fréquemment que dans n'importe quel bâtiment, et même en pleine rue, un individu meure. Par conséquent, c'est l'obligation des personnes qui se trouvent le plus proche de la victime de la déposer dans l'appareil désintégrateur le plus proche. Cet endroit où je les ai vu mettre ce corps qui semblait sans vie n'était rien d'autre que cela.

Mes amis m'ont expliqué qu'il n'y a pas de bâtiment qui ne possède pas un de ces appareils à chaque étage. Et c'est si important, que même les lits dans les bâtiments-dortoirs possédaient un avertisseur qui sonnait l'alarme lorsqu'un individu passait un certain temps sans bouger. Lorsque cela arrivait, des spécialistes se rendaient à l'endroit et se chargeaient de l'opération.

Je leur ai demandé s'il était possible qu'ils désintègrent une personne toujours en vie, et ils me répondirent que cela n'arrivait pas, car ce système était si parfait que, tant que la personne déposée était en vie, il ne se passait rien. Il était fréquemment arrivé que l'on sorte du désintégrateur un individu que l'on croyait mort, et qu'il ne souffrait que d'un problème de santé. Cependant, cela leur servait d'avertissement pour l'héberger dans un centre de réclusion, où ils s'occuperaient de sa maladie.

Mes avis m'ont prévenu qu'il était probable que nous allions déjà partir, mais que si ce n'était pas le cas, de toute manière nous allions dormir dans le vaisseau qui nous avait transportés, et que là même nous allions manger, donc, il était déjà temps de le faire.

Ainsi donc, nous sommes montés sur le toit pour aborder un de ces fantastiques vaisseaux sphériques. Lorsqu'ils volent, on les aperçoit comme de gigantesques globes. cependant, lorsqu'on va dans l'un d'eux et qu'on se rend compte de la vitesse qu'ils atteignent, on est terrorisé. cela donne l'impression que ce n'est qu'une boule de cristal qui d'un moment à l'autre va se fracasser contre un autre vaisseau et se briser en miettes.

Pendant cette incursion, et volant dans le vaisseau sphérique, dans ce monde lointain, j'ai aperçu plus bas dans une rue éloignée, une série de roues minces et gigantesques qui semblaient plates. Elles étaient traînées ou faisaient partie d'une machine étrange. J'ai demandé aux amis ce que c'était, et comme réponse, l'un d'eux prit un microphone pas très loin et ordonna quelque chose à l'équipage du vaisseau. on a réduit la vitesse, tourné en spirale tout en perdant de l'altitude et on s'est positionné à quelques mètres devant l'étrange appareil.

Même à quelques mètres cela me semblait toujours être des roues plates, énormes, et de couleur jaune. Incapable de deviner de quoi il s'agissait, j'ai demandé. Ils m'expliquèrent alors qu'il s'agissait seulement d'une machine qui étalait un plancher métallique.

Devant cette machine, le plancher était de couleur marron foncé et avait une surface grossière, comme un genre de béton.

Dans cette machine, les rouleaux de métal laminés, qui n'étaient rien d'autre que les énormes roues, étaient espacé les unes des autres, d'un mètre approximativement. La fonction de la machine était de polir le plancher, d'ouvrir un socle ou un canal et lorsque le plancher est ainsi préparé, on y dépose à l'endroit prévu des bandes métalliques qui ont environ douze pouces de large. Leur fonction est de devenir des conducteurs de la force qu'utilisent les véhicules.

Nous avons atterri sur un toit, en face du bâtiment où se trouvait notre vaisseau. Nous avons pris l'ascenseur jusqu'au sous-sol. Là, nous avons passé par un tunnel pour traverser la rue, et nous rendre à l'autre bâtiment. Nous sommes entrés à nouveau dans un ascenseur pour nous rendre au toit, sous le ventre de notre vaisseau. En cherchant un sujet de discussion, je leur ai posé une question à propos de quelque chose qui avait attiré mon attention dans les gens de leur peuple.

Je n'avais pas trouvé une seule personne qui souffrait d'un quelconque défaut physique. Cela vint à mon imagination, que si dans notre monde on utilisait un vêtement comme celui qu'ils utilisaient là-bas, qui se moule au corps, de quoi aurait l'air nos congénères ? Laid et disproportionné que nous sommes, avec de tels ventres, des jambes gonflées, des épaules tombantes et des dos courbés, ce serait à mourir de rire.

Ils m'ont alors expliqué que le développement physique de leur population est contrôlé à partir des laboratoires. Ils y préparent les aliments, qui sont parfaitement équilibrés et faciles à digérer. Ils ne souffrent jamais de maladies causées pas la mauvaise digestion, causée à son tour par la mastication déficiente et de l'interférence des surplus de liquide, qui tendent à augmenter le volume des estomacs et à disproportionner les intestins irrités par l'effort. Dans le vaisseau, la cabine de pilotage était semi-éclairée, et s'y trouvait seulement un des individus de ceux qui formaient l'équipage. Apparemment, mes amis étaient supérieurs à lui en hiérarchie, car il était en charge de nous servir. Après avoir mangé, le même individu a transformé les fauteuils en lits et nous nous sommes allongés.

CHAPITRE 11

DE RETOUR SUR TERRE


PLUS D'UNE FOIS, en repassant tout ce qui m'était arrivé dans cette occasion, je me suis retrouvé devant la certitude que tout le temps, à partir du moment où tout à coup j'ai senti le désir de connaître la machine, là-bas dans Ciudad Valles, je me trouvais sous leur contrôle mental, car cela me semblait le plus logique. Mais cela, vous devrez l'élucider vous- même. Maintenant, je vais continuer à tout raconter, tel comme cela s'est passé.

Lorsque je me suis réveillé, j'étais à nouveau vêtu de mes propres vêtements, et ceux que j'avais utilisés là-bas, je les voyais nul-pars. Naturellement, cette manière de procéder de mes amis m'a sortie de mes gonds. Cependant, ils avaient toujours une façon de se justifier. Maintenant, ils me disaient qu'ils avaient changé mes vêtements eux-mêmes, car cela ne valait pas la peine de me réveiller et qu'en plus, cela leur donnait la chance de faire quelques études sur mon organisme à ce moment précis. Donc, sans ma volonté, ils m'ont transformé en « cochon d'Inde ».

Mais je dois avouer que devant la bonté de ces gens, j'étais désarmé et je ne voyais pas de raison de devenir violent. Il y a une chose que je suis maintenant sûr, c'est que dans les aliments qu'ils m'ont servis dans le vaisseau ils ont dû y avoir ajouté une substance quelconque, et c'est cela qui a provoqué un tel sommeil. Nous étions de retour dans notre monde.

Le vaisseau mère était « ancré » dans notre espace. Nous avons été raccompagnés par les deux chefs jusqu'à la porte du petit vaisseau et nous sommes montés à bord de celui-ci sous leurs regards vigilants. Quelques instants plus tard, j'ai le sentiment indescriptible d'être lancé dans l'espace. La rampe par où nous avions doucement pénétré dans le vaisseau mère s'était maintenant transformée en une catapulte qui nous renvoyait d'une manière peu courtoise. La sensation fut extrêmement désagréable, car j'ai senti la même chose que doivent sentir les fameux « hommes-canon » qui dans certains cirques se laissent lancer à partir d'un canon.

Étant donné que cela me semblait bizarre, car lorsque les vaisseaux volaient avec leur propre énergie on ne sentait aucune sensation désagréable, j'ai demandé à mes amis à quoi était dû ce changement. Ils m'expliquèrent que ces vaisseaux créaient leur propre force de gravité, en devenant des petits mondes lorsqu'ils se propulsaient de cette manière. J'en ai profité pour leur demander quel type de force ils utilisent pour se déplacer. Ils me donnèrent une explication simple. Entre autres, ils utilisent des lignes magnétiques ou des champs magnétiques comme nous nous les appelons, et ceux-ci se génèrent entre des masses en mouvement, en me confirmant que chaque vaisseau possède une machine qui tire profit de cette force. La chose est simple, non ?

Je leur ai demandé s'il était possible pour eux de nous donner un coup de main avec certaines de leurs connaissances. Ils me répondirent que c'était quelque chose qu'ils aimeraient beaucoup, mais que cela s'avérait extrêmement dangereux.

Car ils sont convaincus que, en plus de rompre notre processus évolutif, cela accélérerait notre destruction mutuelle, car ils devraient mettre entre nos mains des connaissances inappropriées à notre nature destructrice. Et comme pour me convaincre de leurs paroles, ils m'ont demandé de regarder par le petit écran que j'avais devant mes yeux.

Je l'ai alors fixé, et je ne voyais que des nuages, mais en actionnant le contrôle, les nuages ont commencé à se dissiper et une colline est apparue. Lorsque j'ai eu cet objectif à seulement quelques mètres de l'écran, ils me dirent de ne pas le perdre de vue. Ladite colline a commencé à s'enfoncer, comme si on dirigeait un jet de feu d'un puissant chalumeau sur un grand morceau de beurre. La colline a presque disparu, et à la place on pouvait maintenant voir un grand trou gigantesque dont les parois semblaient coupées à la perfection, d'une profondeur impressionnante, et seulement en quelques minutes.

— Maintenant, regarde bien ce qui va se passer. — me dirent-ils.

— Ce que tu as vu n'était que de la force de désintégration. Mais après cette arme, en voici une autre.

Et terrifié, j'ai vu les parois de ce fantastique trou commencer à se désagréger, en lançant des tonnes de terre et de pierres jusqu'au fond. Lorsque cela a cessé, il n'en restait qu'un cône ou entonnoir d'une taille colossale.

— Comme tu peux le voir, — me dirent-ils, ces armes sont vraiment destructrices, donc sans utiliser la première qui est simplement mortelle, avec la seconde, en seulement quelques minutes nous pourrions faire sauter en pièces une ville entière, sans qu'une seule poutre d'acier qui forment l'armature des grands édifices ne reste en place. Maintenant, dis-nous, tu aimerais que nous mettions entre les mains d'un pays quelconque de ton monde l'une de ces armes ?

C'était si terrifiant que je n'osais même pas répondre, mais le plus petit d'entre eux, probablement voulant profiter de mon état d'esprit, m'a dit :

— Ne crois pas que nous irions utiliser ces armes contre vous. Si nous souhaitions vous dominer, nous aurions seulement besoin d'utiliser un gaz qui est disponible dans chaque vaisseau en bonne quantité. Ce gaz est plus lourd que l'atmosphère de ce monde et en l'inspirant votre mental serait sous notre contrôle.

J'étais stupéfait, et il a ajouté :

— Ne va pas penser que nous allons l'utiliser sur toi. — En me disant cela, il me regarda avec une certaine malice, ou j'ai remarqué quelque chose de suspect dans ses traits qui me firent frémir. J'ai alors remercié Dieu d'être de retour dans mon monde.

Quelques instants plus tard, je reconnus l'endroit où je m'étais arrêté avec la voiture des Américains. Nous sommes descendus lentement, jusqu'à sentir que nous avions touché terre. Mais amis me firent promettre que l'expérience qu'ils m'avaient concédée, j'allais la faire connaitre partout, et par tous les moyens dont je dispose. Ce fut alors que je les ai avisés que ma préparation intellectuelle était nulle, et ils me promirent leur aide.

Quelques instants plus tard, je me suis retrouvé courant vers la route, car ils m'avaient dit que tant que je ne m'éloignerais pas suffisamment, ils ne pourraient pas s'élever, car ils mettraient ma vie en danger.

Quand je suis arrivé au bord de terre, j'ai tourné le regard à l'endroit, espérant voir comment le vaisseau s'élevait. Mais celui-ci se balançait majestueusement à quelque 500 mètres d'altitude, comme pour me dire au revoir. Ensuite, il donna un coup si fort qu'il disparut de ma vue, et j'ai seulement pu le localiser lorsqu'il fut seulement un petit ovale de six ou sept centimètres.

À nouveau, mon mental est devenu confus. J'ai fixé mon regard sur les jambes de mon pantalon et elles étaient complètement propres. Tout le contraire de ce qu'elles étaient en traversant le bourbier cinq jours plus tôt, lequel nous avions dû traverser entre la route et le vaisseau. Je suis demeuré un bon moment à analyser le terrain, et à réfléchir sur cette fantastique aventure. Et chose étrange, j'étais certain que tout le monde allait me croire lorsque je leur raconterais, car je pourrais répondre n'importe quelle question qu'ils me ferait en rapport avec ce fantastique voyage. Cependant, j'étais intrigué de savoir combien de temps s'était passé.

Je vis venir une voiture en direction sud, j'ai traversé la route et sans oser l'arrêter, celle-ci s'est arrêtée en face de moi. Cette voiture avait des plaques de l'État du Mexique, et était occupée apparemment par une famille. Dans le siège du conducteur, il y avait un gros monsieur, à ses côtés une dame bien vêtue et derrière, deux petits jeunes.

Le monsieur m'a demandé que si j'allais au village je pouvais monter et qu'il m'y emmènerait. L'homme pensait que j'étais du coin, et comme il avait de la difficulté avec son moteur, il croyait que je pourrais lui indiquer où se trouvait un garage. Mais je ne connaissais pas ce village et ses habitants. Je me suis limité à lui conseiller d'arrêter à la première station-service. Là- bas, nous avons eu la chance de rencontrer un mécanicien arrogant et à moitié ivre, qui a immédiatement pronostiqué le problème, amadouant le propriétaire de la voiture pour qu'il le suive, étant donné que celui-ci conduisait un tas de ferraille.

Je suis demeuré à la station-service. Peu après, arriva par la même direction un camion de transport, et j'ai demandé au chauffeur de m'emmener. L'homme qui conduisait à accepter de m'emmener, car il se dirigeait à la ville de Mexico. Pour ma part, je me sentais débordant d'optimisme. Je me souvenais parfaitement de tous les incidents du voyage, et j'étais sûr que personne ne pourrait me confondre.

J'ai demandé à mon compagnon quel jour on était. En me répondant, il me jeta un regard mélangé d'étrangeté et de moquerie. Mais j'étais si optimiste que je n'y ai pas donné d'importance. Je fis le compte des jours que je fus hors de chez moi, et je me suis disposé à raconter mon aventure à mon compagnon.

Il m'a écouté calmement, sans cesser de me lancer des regards de méfiance, peut-être en pensant que j'étais fou, mais que j'étais un fou passif, sans danger. Finalement, lorsqu'il fut sûr qu'il ne courait aucun danger en ma compagnie, et que je lui avais inspiré la confiance nécessaire, il me dit :

— Regarde mon frère, l'herbe est mauvaise quand on la fume pur. Tu verras quand l'effet se dissipera. Si je te racontais ce que moi j'ai vu, tu serais émerveillé.

Cela m'attrista. Était-ce vrai que cet homme pensait que j'étais un drogué ? Ainsi donc, pendant tout le trajet j'ai dormi, car à nouveau j'ai vu clairement l'ampleur de mon expérience et j'ai perdu alors tout désir de le rendre public. Cependant, je me suis rappelé la promesse que j'avais faite à mes amis, celle de rendre publique la chance qu'ils m'avaient donnée. Ainsi donc, à partir de maintenant, j'allais devoir lutter pour vaincre ce complexe qui s'était profondément enraciné en moi, après avoir tout raconté à mon compagnon chauffeur qui me reconduisait.

Ce fut pour cette raison que pendant un an et demi je n'ai raconté cela à personne. Je m'y suis seulement risqué lorsque les gens ont commencé à lire régulièrement dans les magazines des histoires de personnes qui affirmaient avoir eu la chance d'admirer ces fantastiques vaisseaux spatiaux.

Comme je disais au début de ce livre, j'ai eu tellement d'ennuis depuis que j'ai décidé de raconter cela que j'en suis arrivé à considérer comme incroyable cette aventure, et à justifier les personnes qui se moquent de moi. Car ils ont le droit de ne pas croire ce qu'ils n'ont pas vu ou vécu. Ainsi, quand je me heurte à une personne qui vient m'interroger en plaisantant, je lui dis que c'était seulement un voyage que j'ai fait avec mon mental et les ailes de l'imagination, et de cette façon ils sont satisfaits. Mais presque tout le temps, ils se bombent le torse et disent :

— Je me disais aussi que c'était impossible. Moi personne ne me trompe. — De cette façon, nous demeurons contents tous les deux.

Maintenant, lorsque je rencontre une personne exempte d'arrogance et de « sagesse », presque toujours je lui raconte tout avec grand plaisir. Nous nous mettons à discuter sur ce qui est possible et sur ce qui ne l'est pas. Et supposons qu'il ne me croit pas, il reste tout de même avec un doute et en plus, il se divertit, chose qui me satisfait.

Après ce voyage, il m'est arrivé des choses si étranges que cela me dépasse encore.

Mon témoignage abrite l'espoir qu'un de mes lecteurs sache de quoi il s'agit.

Beaucoup de personnes m'ont assiégée en me demandant si je savais de quelle planète venaient ces hommes, et cela me mortifiait à tel point que cela m'a obsédé. Car il était stupide de ne pas avoir pensé à leur demander, ils m'auraient sorti du doute.

Un jour pendant lequel cette idée me mortifiait plus que jamais, j'ai commencé à sentir une pression mentale insupportable. Par moments cela était très lourd, à tel point que j'ai dû cesser de travailler, car c'était devenu dangereux.

Je suis allé à la maison vers trois heures du matin et, même si je n'avais pas sommeil, je me suis allongé dans mon lit.

La pièce était obscure. Je ne voulais pas réveiller mon épouse, et pour cette raison je me suis abstenu d'allumer la lumière. J'étais, je m'en souviens parfaitement, éveillé et pensif, et planait dans mon esprit le reproche que je me faisais de ne pas avoir pensé à poser une si importante question. Soudain, l'endroit s'est illuminé, s'inondant de lumière, mais de cette lumière que j'avais vue sur cette planète. J'ai essayé d'y pénétrer sans y parvenir, et à mon grand étonnement, est disparu tous de qu'il y avait de familier autour de moi. Je me suis vu participant à une scène dans laquelle prenait part mes deux amis, qui me donnaient une conférence sur l'astronomie.

Ils peignaient sur quelque chose placé sur un des murs, ce qui devait être un diagramme de notre système solaire. Je reconnus le Soleil et 9 planètes de différents diamètres, ayant 37 lunes aux totales, réparties 30 d'entre-elles entre les 5 dernières planètes, et les 7 restantes entre la nôtre et le Soleil. Lorsque tous furent distribués, celui qui jouait le rôle du professeur — qui n'était personne d'autre que l'homme le plus mince des deux premiers — a simplement tracé une croix sur la seconde planète à partir du Soleil. Ensuite, le même homme se retourna vers moi et me dit de sa voix reconnaissable :

— Tu te rappelles quand nous sommes arrivés sur notre planète, tu as demandé si c'était le Soleil que l'on voyait, et un de nos supérieurs t'as répondu que non, mais que oui nous arrivions sur notre planète par la porte du Soleil, c'est-à-dire par la partie dans laquelle notre Astre-roi est toujours illuminé ?

Et ma foi, je ne me souvenais pas de ces paroles, car à ce moment j'étais tellement effrayé par ce que je voyais que je ne l'avais pas mémorisé. C'est interrogatoire terminé, la lumière a disparu, ainsi que mes amis et tout ce que je voyais, et de ce pas, je n'ai pas pu dormir jusqu'au jour suivant.

FIN
Issu d'une civilisation décadente qui est plus admirative des pseudo-miracles de la science que du chemin emprunté par les alchimistes et Maîtres des écoles de régénération, comment puis-je me détourner des fausses valeurs ?
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Est-il possible de soulever le voile d'Isis avec une pure intention quand on est un animal intellectuel ?
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Pourquoi faut-il que la mystique me tente mais pas assez pour que je prenne le ciel d'assaut ?
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Quels egos me faut-il éliminer afin de pouvoir emprunter le chemin de l'intégration de L’Être ?

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