Normandie. Au Rozel, un Lascaux normand face à l’érosion

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Normandie. Au Rozel, un Lascaux normand face à l’érosion

Message le 12 septembre 2019, 09:20

Je devais être un homme de Néandertal qui vivait libre sur les plages de la Manche :smile: si on tient compte de la loi de la récurrence.
Mais je ne me souviens pas encore de cette existence...

https://www.ouest-france.fr/sciences/no ... on-6516671
Rozel Lascaux normand.jpg
Normandie. Au Rozel, un Lascaux normand face à l’érosion

Avec 1 650 empreintes humaines néandertaliennes découvertes depuis 2012, le site archéologique du Rozel (Manche) est le gisement connu le plus important dans le monde. Les empreintes ont fait l’objet d’une étude publiée dans une prestigieuse revue scientifique américaine.

La falaise qui marque la pointe du Rozel, sur la façade Ouest de la Manche, se dresse face aux îles anglo-normandes de Jersey et Guernesey. Nous sommes à la fin des années 1960 et Yves Roupin, un prospecteur local vient de faire une découverte historique : un abri néandertalien de 4 m² niché dans les anfractuosités de la roche.

La découverte est rapportée à Frédéric Scuvée, un ancien de l’Indochine devenu archéologue dans la Manche. Bilan des fouilles : des fragments d’ossements de mammifères et du matériel lithique, silex et quartz taillés. Le site est daté du paléolithique supérieur (entre - 45 000 et - 12 000). Une fois vidé de ses trésors, l’abri est abandonné à son sort. Le travail d’érosion de la mer peut continuer.

Il faudra attendre des années pour que le petit site du Rozel attire l’attention de Dominique Cliquet. Le conservateur du patrimoine à la Direction régionale des affaires culturelles de Normandie (Drac) retombe sur des archives et s’intéresse à son histoire. Il veut étendre la zone de recherche.
Pressé par l’érosion du terrain, il demande à effectuer des sondages et découvre des niveaux archéologiques qui pourraient correspondre à ceux de l’abri découverts des dizaines d’années auparavant.

Rhinocéros des prairies

Une dune de sable, qui jouxte la falaise, est déblayée à la pelle mécanique en 2012. Les premières découvertes sont édifiantes. D’abord, la première stratigraphie est inexacte : le site ne date pas du paléolithique supérieur mais du moyen (entre – 350 000 et – 45 000). Les archéologues et les étudiants qui travaillent sur les campagnes estivales découvrent une aire de boucherie.

Il y a là des ossements de cerfs, de rennes, de mégacéros (un très grand daim), d’aurochs (une espèce disparue de bovidé). Ils trouvent également des morceaux de rhinocéros des prairies et d’éléphants des forêts, des enclumes pour briser les os et en extraire la moelle.
Les découvertes permettent aux chercheurs de dater plus précisément le site, au moins l’année – 80 000, et de comprendre l’environnement de l’époque : les températures sont légèrement supérieures, un ou deux degrés de plus, et la mer est éloignée de 2 km.

1 650 empreintes humaines

Et ce n’est que le début. Sept ans après le début des fouilles, « au moins 1 650 empreintes humaines ont été découvertes en 2019, explique Dominique Cliquet. Dont trente-quatre empreintes de mains ». La conservation des empreintes dans le sable serait due à un environnement idéal : grâce à la superposition de coulées de boue et de lames de sable, façon mille-feuille.
Les empreintes sont démontées grâce à une technique inventée sur place, puis transférées dans des hangars de la Drac, en Normandie, afin d’être conservées. Certaines font l’objet d’études, avec des techniques comme la 3D, et sont exposées au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, dans le cadre d’une exposition sur l’homme de Néandertal.

Encore des mystères

Le site renferme encore de nombreux mystères. « Ça pourrait être les premiers voyageurs du peuplement sapiens, s’enthousiasme Dominique Cliquet. Le groupe est composé d’un minimum de dix à treize personnes, avec plusieurs générations. Ils étaient présents sur le site de manière saisonnière, de l’automne au début du printemps. »
Les fouilles pourraient encore durer entre dix à quinze ans. Les archéologues espèrent trouver une zone d’habitation et peut-être même des ossements, à condition de devancer la mer. Pour cela, des projets de construction d’une digue, afin de protéger et sauvegarder le site, sont en cours de discussion.
Modifié en dernier par PetitHommeLibre le 12 septembre 2019, 09:21, modifié 1 fois.

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