Le materialisme spirituel

Concept et Notions pour aider à mourir psychologiquement à soi-même
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Le materialisme spirituel

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Selon Chögyam Trungpa, « les problèmes fondamentaux du matérialisme spirituel sont communs à toutes les disciplines spirituelles. « Un certain nombre de voies de traverse conduisent à une version distordue, égocentrique, de la vie spirituelle. Nous pouvons nous illusionner en pensant que nous nous développons spirituellement, alors qu'en fait nous usons de techniques spirituelles pour renforcer notre ego. Cette distorsion fondamentale mérite le nom de matérialisme spirituel».
Sur ceux je vous partage l'un de ses livres abordant le concept .
https://mega.nz/file/4qZGTJKQ#yT4FBAuN8 ... zrhVRNYhCE
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Assez étonnant de voir un livre que l'on a scanné (bibliothèque perso) et diffusé sur internet le 14/12/10 qui revient sur le forum :smile:

Ecrit en 1973 et traduit en français en 1976, il est en phase avec l'enseignement gnostique.

Nouvelle couverture.
Pratique-de-la-voie-tibetaine.jpg
Table des matières
Introduction
Le matérialisme spirituel
Lâcher prise
Le maître
L’initiation
L’auto-illusion
La voie abrupte
La voie ouverte
Le sens de l’humour
Le développement de l’ego
Les Six Mondes
Les Quatre Nobles Vérités
Le Sentier du Bodhisattva
Shunyata
Prajna et compassion
Tantra


J'aime bien le chapitre sur la voie abrupte.

La voie abrupte

Dans la mesure où personne ne va faire notre salut, où personne ne va nous illuminer magiquement, le sentier dont nous parlons est dit « voie abrupte ». Le chemin ne correspond pas à notre attente, selon laquelle l’engagement dans les enseignements bouddhistes doit être doux, paisible, agréable, compassionné. C’est la voie abrupte, la simple rencontre de deux esprits; si l’on ouvre son esprit, si l’on veut communiquer, le maître ouvre également son esprit. Il n’y a aucun miracle : la condition de l’ouverture est une création mutuelle.
Généralement, lorsque l’on parle de liberté, de libération ou de connaissance spirituelle on croit que pour en arriver là il faut ne rien faire, et que quelqu’un d’autre va prendre soin de nous. « Tout va bien, ne t’en fais pas, ne pleure pas, tout va aller bien. Je m’occupe de toi. » On a tendance à croire que tout ce que l’on a à faire est de s’engager dans l’organisation, de payer sa cotisation d’initiation, de signer au bas du formulaire d’inscription, et puis de suivre les instructions qui nous sont données. « Je suis fermement convaincu que votre organisation est valable. Elle résout tous mes problèmes, répond à toutes les questions que je me pose. Programmez-moi comme vous l’entendez. Si vous voulez me mettre en difficulté, faites-le. Je laisse tout à votre discrétion. » Cette attitude est celle d’un suppliant, on souhaite tellement être placé dans la position confortable qui consiste à n’avoir rien d’autre à faire qu’exécuter des ordres. On confie tout à autrui, on lui laisse le soin d’éduquer et de soulager des limitations. L’idée que l’on n’a rien à faire par soi-même est séduisante au plus haut point, mais à la grande surprise du disciple, cela ne se passe pas ainsi.
Il est extrêmement dur et difficile de se frayer un passage à travers les difficultés du sentier, et d’entrer réellement dans les situations de l’existence, avec justesse et profondeur. Aussi, l’essentiel dans la voie abrupte semble être qu’il faille bien que le disciple fasse l’effort de se reconnaître, d’en passer par le processus consistant à jeter bas les masques. Il faut être décidé à se tenir seul, ce qui est difficile.
Cela ne signifie pas pour autant que l’accent soit mis, dans la voie abrupte, sur l’héroïsme. L’attitude « héroïque » est fondée sur la présomption que nous sommes mauvais, impurs, sans valeur, et incapables de connaissance spirituelle. Alors on veut se réformer, devenir différent de ce que l’on est. Par exemple, si l’on appartient à la classe moyenne, on laisse tomber son travail, on se laisse pousser les cheveux, on prend des drogues, peut-être. Si l’on est un hippie, on arrête de prendre des drogues, on se coupe les cheveux, on jette au feu son jeans usé. On se croit spécial, héroïque, parce que l’on se détourne de la tentation. On devient végétarien, on devient ceci ou cela. On se croit engagé sur un sentier spirituel parce que l’on est littéralement à contre-courant de ce que l’on avait l’habitude d’être, mais c’est là un faux héroïsme, et le seul héros dans cette histoire est l’ego.
On peut porter ce type de faux héroïsme à de grands extrêmes, se placer dans des situations complètement austères. Si les enseignements que l’on suit recommandent de se tenir sur la tête durant vingt-quatre heures, on le fait. On se purifie, on se mortifie, et l’on se sent vraiment propre, réformé, vertueux. Peut-être que sur le moment, tout a l’air d’aller bien.
Il se peut que l’on essaye d’imiter certaines voies spirituelles, que ce soit celle des Indiens d’Amérique, des yogins, ou des bouddhistes Zen. On abandonne veston et cravate, ceinture, pantalon et chaussures pour tâcher de suivre leur exemple. Ou bien, l’on décide d’aller dans le Nord de l’Inde rendre visite aux Tibétains. Peut-être portera-t-on des vêtements tibétains, adoptera-t-on les coutumes tibétaines. Cela paraîtra une « voie abrupte », parce que l’on rencontrera toujours des obstacles et des tentations pour distraire du programme.
Assis dans un ashram indien, on n’a pas mangé de chocolat depuis six ou sept mois, aussi rêve-t-on de chocolat, ou d’autres nourritures que l’on aime. Peut-être a-t-on la nostalgie de Noël ou du Nouvel An. Mais on croit avoir trouvé la voie de la discipline. On s’est affronté aux difficultés de cette voie, et l’on est devenu compétent, maîtres ès discipline, en quelque sorte. On s’attend à ce que la magie et la sagesse de l’entraînement et de la pratique conduise à l’état d’esprit souhaitable. Quelquefois, on croit avoir atteint le but. Parfois on plane complètement ou l’on reste absorbé durant une période de six ou sept mois. Plus tard, notre extase s’évanouit. Et ainsi, ça va et ça vient. Que faire? Il se peut que nous arrivions à rester dans un état élevé ou plein de félicité durant un temps très long, mais il faut bien un jour revenir ou redescendre ou retourner à la normale.
Je ne prétends pas que des traditions ou des disciplines étrangères ne soient pas applicables au sentier spirituel. Je dis plutôt que l’on croit qu’il doit bien exister un remède ou une potion magique qui aide à atteindre le bon état d’esprit. On espère, en manipulant la matière, le monde physique, atteindre la sagesse et la connaissance. Peut-être même imagine-t-on que des savants, des spécialistes, vont le faire pour vous. Qu’ils vont vous mettre dans un établissement spécialisé, administrer des drogues adéquates, et vous hausser à un niveau élevé de conscience. Mais je crois bien que c’est malheureusement impossible; on ne peut échapper à ce que l’on est, on le transporte partout et tout le temps avec soi.
Aussi en revenons-nous à ceci : quelque type de don ou de sacrifice réel est requis si nous devons nous ouvrir complètement. Le don peut prendre n’importe quelle forme. Mais pour prendre sens, il exige que l’on abandonne l’espoir d’obtenir quelque chose en retour. Peu importent les titres, ou le nombre de complets ou de vêtements exotiques qu’on a usés, et le nombre de doctrines philosophiques, d’engagements et de cérémonies sacramentelles auxquels on a pris part. Il faut abandonner l’espoir de recevoir quelque chose en retour du cadeau. Telle est, réellement, la voie abrupte.
Peut-être avons-nous fait un merveilleux voyage au Japon. Nous avons apprécié la culture japonaise, les magnifiques temples Zen, les délicates œuvres d’art. Et non seulement ces expériences ont été belles, mais elles nous ont aussi dit quelque chose. Cette culture est la création de tout un style de vie complètement différent de celui du monde occidental, et ces créations se sont adressées à nous. Mais jusqu’à quel point cette culture et ces images exquises, ces admirables formes extérieures nous secouent-elles, nous touchent-elles réellement? Nous ne le savons pas. Tout ce que nous souhaitons est de savourer nos beaux souvenirs. Nous ne souhaitons pas questionner de trop près nos expériences. C’est une zone délicate.
Ou peut-être un certain maître nous a-t-il initié lors d’une cérémonie très émouvante et pleine de sens. Cette cérémonie était bien réelle, directe et belle, mais quelle part de l’expérience sommes-nous prêts à questionner? C’est un domaine trop privé, trop sensible. Nous préférons thésauriser, préserver le goût et la beauté de l’expérience, de telle sorte que, lorsque viennent les mauvais jours, lorsque nous sommes déprimés, il soit possible de rappeler ces souvenirs afin de nous réconforter, de nous dire que vraiment ce que nous avons fait valait quelque chose, que, oui, nous sommes sur le sentier. Cela ne semble pas le moins du monde être la voie abrupte.
Au contraire, il semble bien que nous ayons amassé plutôt que donné. Si nous reconsidérons nos acquisitions spirituelles, pouvons-nous nous rappeler une occasion où nous avons donné quelque chose de façon complète et juste, où nous nous sommes ouverts et où nous avons tout donné? Nous sommes-nous jamais démasqués, nous sommes-nous jamais défaits de notre cuirasse, de notre chemise, de notre peau, de notre chair et de notre sang, jusqu’à en arriver au cœur? Avons-nous réellement fait l’expérience de la nudité, de l’ouverture et du don? C’est la question fondamentale. Il nous faut réellement lâcher prise, donner quelque chose, abandonner quelque chose, et c’est très douloureux. Il nous faut commencer à démanteler la structure fondamentale de cet ego que nous avons réussi à créer. Le processus de la destruction, de l’ouverture, de l’abandon est le véritable processus d’apprentissage. Quelle part de l’écharde qui tenaille notre chair avons-nous décidé d’ôter? Il est fort vraisemblable que nous avons réussi à ne rien abandonner du tout. Tout ce que nous avons fait est rassembler, construire, ajouter couche après couche. Aussi le propos de la voie abrupte est-il fort effrayant.
Le problème est que nous cherchons une réponse facile et anesthésiante. Mais ce type de solution est inopérant dans le sentier spirituel, dans lequel nous n’aurions peut-être pas dû nous engager. Mais une fois que nous y sommes, c’est dur, c’est douloureux, et nous y sommes pour ça. Nous nous sommes engagés dans la souffrance consistant à nous exposer, à nous déshabiller, à donner notre peau, nos nerfs, notre cœur, notre cerveau, jusqu’à ce que nous soyons offerts à l’univers. Rien ne doit rester. Ce sera terrible, crucifiant, mais c’est comme ça.
Nous nous trouvons en quelque sorte en compagnie d’un étrange chirurgien. Il va nous opérer, mais sans anesthésie, car il veut réellement communiquer avec notre mal. Il va percer notre façade de spiritualité, de sophistication psychologique, de faux mal psychique, ou tout autre masque. Nous préférerions ne jamais l’avoir rencontré. Nous aimerions savoir nous anesthésier. Mais maintenant, nous sommes en plein dedans. Il n’y a pas moyen d’en sortir. Non pas qu’il soit si puissant. Nous pourrions lui dire adieu et prendre la porte. Mais nous nous sommes tellement confiés à lui que, s’il faut tout recommencer, ce sera encore plus dur. Nous ne voulons pas avoir à tout recommencer. Aussi nous faut-il maintenant aller jusqu’au bout.
C’est très inconfortable pour nous d’être avec le médecin car nous essayons continuellement de nous jouer de lui, mais, en même temps, nous savons qu’il voit notre jeu. Cette opération est sa seule façon de communiquer avec nous, aussi devons-nous l’accepter; nous devons nous ouvrir à la voie abrupte, à cette opération. Plus nous posons de questions - « Qu’allez-vous me faire? » - et plus nous devenons embarrassés, car il sait ce que nous sommes. C’est un sentier extrêmement étroit, sans possibilité de fuir, un sentier de douleur. Nous devons nous abandonner complètement et communiquer avec ce chirurgien. Bien plus, il nous faut dévoiler notre attente d’un miracle de la part du maître qui, grâce à ses pouvoirs magiques, va nous initier à certains états extraordinaires et indolores. Il nous faut abandonner l’attente d’une opération sans douleur, abandonner l’espoir qu’il va se servir d’un anesthésiant ou d’un sédatif, de telle sorte que, lorsque nous nous réveillerons, tout sera parfait. Il nous faut vouloir communiquer de façon complètement ouverte et directe avec notre ami spirituel et avec notre vie, sans laisser de zones d’ombre. La voie abrupte est difficile et douloureuse.
Q. L’ouverture est-elle quelque chose qui arrive simplement, ou bien y a-t-il une façon de le faire, une façon de s’ouvrir?
R. Je crois que nous sommes déjà impliqués dans le processus d’ouverture et que moins on essaye de s’ouvrir plus ce processus devient évident. Je dirais que c’est un acte automatique plutôt que quelque chose que nous avons à faire. Au début, lorsque nous avons parlé de l’abandon, j’ai dit qu’une fois que l’on a tout exposé à l’ami spirituel, il n’y a plus rien à faire. Il s’agit simplement d’accepter ce qui est, ce que nous avons d’ailleurs toujours tendance à faire. Nous nous trouvons souvent dans des situations où nous sommes complètement nus, et nous souhaiterions pouvoir vêtir notre nudité. Ce type de situation embarrassante se rencontre fréquemment dans la vie.
Q. Nous faut-il un ami spirituel pour être à même de nous ouvrir, ou bien pouvons-nous simplement nous ouvrir aux situations de la vie?
R. Je crois qu’il faut que quelqu’un nous voie le faire parce qu’alors cela nous paraîtra plus réel. Il est facile de se déshabiller lorsque l’on est seul dans une chambre, et difficile de le faire dans une pièce pleine de gens.
Q. S’agit-il réellement de nous ouvrir à nous-mêmes?
R. Oui. Mais nous ne le voyons pas ainsi. Nous sommes fortement conscients du public parce que nous avons tout à fait conscience de nous-mêmes.
Q. Je ne comprends pas pourquoi l’ascétisme et la discipline ne sont pas la véritable voie abrupte.
R. On s’illusionne soi-même, on croit que l’on est engagé dans la voie abrupte, alors qu’en fait on n’y est pas. On est comme l’acteur d’un drame héroïque. L’expérience de l’héroïsme implique tout à fait la « voie douce », alors que la voie abrupte est beaucoup plus personnelle. Une fois que l’on a marché sur la voie de l’héroïsme, on a encore à connaître la voie abrupte, ce qui est très dur à réaliser.
Q. Faut-il d’abord s’engager dans la voie héroïque, et persévérer dans cette voie si l’on veut pénétrer la véritable voie abrupte?
R. Je ne le crois pas. Et c’est justement ce que je tente de souligner. Si nous nous engageons sur la voie héroïque, nous ajoutons des épaisseurs à la cuirasse de la personnalité, parce que nous croyons avoir réalisé quelque chose. Plus tard, à notre grande surprise, nous découvrons qu’il faut autre chose. Il faut enlever les épaisseurs, les peaux.
Q. Vous parlez de la nécessité de faire l’expérience d’une douleur crucifiante. Est-ce que le fait d’avoir une compréhension juste du processus de déshabillage rend superflue cette nécessité d’en passer par la souffrance?
R. Voilà une proposition vraiment astucieuse. Mais la compréhension ne signifie pas l’expérience réelle. On comprend, c’est tout. Ce n’est pas du tout la même chose de comprendre le processus physiologique de la torture et d’en faire soi-même l’expérience. La compréhension philosophique ou intellectuelle de la souffrance ne suffit pas. Il faut vraiment ressentir quelque chose. Et la seule façon d’œuvrer au cœur du problème est de faire l’expérience soi-même, mais on n’a pas pour autant à provoquer de situation douloureuse. Ces situations se produiront avec l’aide d’un ami spirituel qui est un chirurgien armé d’un scalpel.
Q. Lorsque l’on est en train de lâcher prise, et que l’on a l’impression à ce moment que notre ami spirituel pointe son scalpel vers nous et supprime toute anesthésie, c’est une situation vraiment terrifiante. L’ami spirituel a l’air très en colère et dégoûté, et l’on a envie de s’échapper. Pourquoi?
R. C’est toute la question. L’opération se déroule sans anesthésie. Il faut la vouloir. Si l’on s’échappe, c’est comme un homme qui, atteint d’une crise d’appendicite, s’enfuirait en courant de la salle d’opération, son appendice risque d’éclater.
Q. Mais tout ceci intervient très tôt dans la relation avec l’ami spirituel; cela fait cinq minutes que l’on est avec lui. Soudain le toit s’écroule, et il vous laisse vous débrouiller. Peut-être dira-t-il : « Je ne vous suis pas. Cela fait déjà cinq minutes. Abandonnez, lâchez tout, faites les choses vous- même, et, quand tout ira bien, nous parlerons ensemble. » C’est en tout cas mon expérience.
R. Voyez-vous, il importe peu que l’on soit un débutant ou un disciple avancé. Ce qui compte, c’est combien l’on s’est fréquenté soi-même. Si l’on s’est fréquenté, on se connaît. C’est comme lorsqu’on est malade. Imaginons que vous soyez en voyage, vous tombez malade, et vous allez voir un médecin. Il ne parle peut-être même pas votre langue, mais il sent votre corps, et il voit ce qui ne va pas chez vous, aussi décide-t-il de vous emmener sur-le-champ à l’hôpital pour vous opérer. Cela dépend du degré d’avancement du mal. La gravité de l’opération dépend du degré de développement de la maladie dans votre corps. Ce corps est peut-être sur le point d’éclater. Si vous avez l’appendicite, et que le médecin attend trop longtemps, le temps de faire connaissance avec vous, votre appendice va peut-être éclater. Personne ne dira que c’est une bonne façon de soigner les gens.
Q. Pourquoi fait-on le premier pas sur le sentier? Qu’est-ce qui nous y conduit? Un accident, le destin, le karma[7] ?
R. Si vous vous ouvrez complètement, vous êtes déjà sur le sentier. Si vous vous abandonnez à moitié, vous n’y êtes que partiellement. Mais c’est reculer pour mieux sauter. Si vous ne dites pas tout à votre médecin, vous guérirez moins vite parce qu’il ne connaîtra pas toute votre histoire. Plus vous lui en direz, mieux il pourra vous soigner.
Q. Si la voie véritablement abrupte consiste à m’abandonner, dois-je accepter de m’abandonner à ce que je considère être mal, sachant que je puis prendre des coups?
R. S’ouvrir ne signifie pas accueillir en martyr toutes les menaces qui surviennent. Il n’est pas nécessaire de rester sur la voie de chemin de fer lorsqu’arrive le train pour s’ouvrir au train. Ce serait la voie de l’héroïsme, la fausse voie abrupte.
À chaque fois que nous rencontrons quelque chose que nous considérons comme « mal », l’autoprotection de l’ego se trouve menacée. Et nous sommes tellement occupés à préserver notre existence en face de cette menace que nous ne pouvons pas du tout voir clairement la chose. Pour nous ouvrir, il nous faut faire éclater et dépasser notre désir de préserver notre existence propre. Alors nous pouvons voir la situation clairement, telle qu’elle est, et avoir une action juste.
Q. Mais nous n’avons tout de même pas qu'une seule balle, n'est-ce pas? Je veux dire qu’il arrive que dans un certain contexte, nous puissions nous ouvrir, et que, placés dans une autre situation, nous prenions soudain un masque, même si nous ne le souhaitons pas réellement. Il n’est vraiment pas facile de s’ouvrir complètement.
R. Le point fondamental est qu’il est inutile de lutter si l’on veut s’ouvrir. Une fois que l’on a engagé ses pas dans le sentier, si l’on abandonne la lutte, cela règle tout le problème. Alors, il n’est plus du tout question de savoir si l’on veut ou non s’engager dans les situations de la vie. L’instinct simiesque de l’ego se dissout, parce qu’il est fondé sur de l’information de seconde main, plutôt que sur l’expérience directe de ce qui est. La lutte est l’ego. Une fois que l’on abandonne la lutte, il n’y a plus personne pour lutter; tout cela s’évanouit. Aussi, voyez-vous, i) s’agit de vaincre la lutte.
Q. Lorsque l'on se sent en colère, faut-il manifester cette colère, si l’on veut s’ouvrir?
R. Lorsque l’on parle d’ouverture et d’abandon dans le cas de la colère, par exemple, cela ne veut pas dire qu’il faille sortir dans la rue et tuer quelqu’un. Ce serait plutôt un moyen de nourrir l’ego qu’une façon d’abandonner réellement cette colère, d’en voir la qualité vraiment vivante. Cela est valable du lâcher prise en général. Il s’agit de voir la vibration fondamentale d’une situation, telle qu’elle est, plutôt que d’essayer d’en faire quelque chose. Bien sûr, si l'on est complètement ouvert à la situation, sans idée préconçue, on saura distinguer une action juste d’un acte maladroit. On ne choisira pas de s’engager dans un enchaînement d’actes maladroits et inadéquats, on choisira le chemin de l’action juste et créatrice. On ne juge pas, mais on prend la route créatrice.
Q. Faut-il nécessairement en passer par le stade de la collection d’objets et du déguisement?
R. On rassemble des objets et, ensuite, on a du mal à les abandonner. C’est comme lorsqu’on a des points de suture, après une opération. On a peur de les retirer, on s’est habitué à la présence de ce corps étranger dans notre système.
Q. Pensez-vous que, sans maître, il soit possible de commencer à voir ce qui est, de se voir tel que l’on est?
R. Je crois que c’est absolument impossible. Il nous faut un ami spirituel pour lâcher prise et nous ouvrir complètement.
Q. Est-il absolument nécessaire que l’ami spirituel soit un être humain vivant?
R. Oui. Tout autre « être », avec qui l’on pourrait se croire en train de communiquer, est imaginaire.
Q. Les enseignements du Christ, en eux-mêmes, ne peuvent- ils pas être un ami spirituel?
R. Je ne le pense pas. C’est une situation imaginaire. Et il en est de même avec tous les enseignements, pas nécessairement ceux du Christ. Le problème est qu’on peut les interpréter soi-même. C’est toute la question : les Écritures sont toujours ouvertes à l’interprétation de l’ego.
Q. Lorsque vous parlez de s’ouvrir, de lâcher prise, cela me rappelle vraiment certaines écoles de psychothérapie. À votre avis, à quoi servent les choses que font les gens en psychothérapie?
R. Dans la plupart des formes de psychothérapie, le problème est que, si l’on considère le processus comme « thérapeutique », alors il ne s’agit pas vraiment du processus, mais de l’acte thérapeutique. En d’autres termes, cette thérapie est un passe-temps. Bien plus, vous voyez la situation thérapeutique définie par votre histoire personnelle. Parce que quelque chose n’a pas tourné rond dans votre relation avec père et mère, vous avez cette malheureuse tendance à... Lorsqu’elle commence à traiter son histoire personnelle, la personne réalise qu’elle n’a plus d’issue, que sa situation est désespérée, parce que l’on ne peut refaire son passé. Elle se sent prise au piège de son passé, dans un cul-de-sac. Ce type de traitement est très maladroit. Destructeur, même, parce qu’il entrave l’engagement dans l’aspect créateur de ce qui se passe ici et maintenant. Mais, d’un autre côté si dans la psychothérapie, on met l’accent sur la vie du moment présent, si on se préoccupe de travailler sur les problèmes présents, non seulement en ce qui concerne l’expression verbale et les pensées, mais aussi en termes d’expérience actuelle des émotions et des sentiments, alors je crois que l’on peut atteindre une méthode de travail très équilibrée. Malheureusement, il y a de nombreux types de psychothérapies et de nombreux psychothérapeutes occupés à se vérifier eux-mêmes et à vérifier leurs théories plutôt qu’à travailler sur ce qui est. En fait le travail sur ce qui est les effraie.
Il vaut mieux simplifier que compliquer le problème à force de théories, quelles qu’elles soient. La situation de maintenant, de l’instant présent, contient en germe toutes les histoires personnelles et les déterminations à venir. Tout est ici, aussi n’avons-nous pas besoin d’aller plus loin pour prouver qui nous fûmes, sommes ou pourrions être. Dès que l’on essaie de démêler le passé, alors on entre dans l’ambition et la lutte dans le moment présent, au lieu de l’accepter tel qu’il est. C’est une solution de fuite. Bien plus, il n’est pas sain de considérer notre thérapeute ou notre maître comme un sauveur. Il nous faut travailler sur nous-mêmes. Il n’y a pas d’autre alternative. Peut-être l’ami spirituel, dans certaines circonstances, accentuera-t-il notre souffrance. Cela fait partie de la relation soignant-soigné. Il n’est pas question de considérer le sentier spirituel comme une partie de plaisir, mais comme le simple fait de regarder en face les réalités de la vie.
Modifié en dernier par PetitHommeLibre le 2 novembre 2021, 15:37, modifié 1 fois.
Hors ligne Paulin
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Ah super frère 😂😂 ce livre merite d'etre mediter ,ainsi que "Le mythe de la liberté et la voie de la méditation " . Merci pour le scan 🖒
Hors ligne Paul
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Intéressant, mais il y a encore des erreurs sur le plan gnostique samaelien :)
Paladin de la Grande Cause, Guerrier contre soi-même. Assiste tout ceux qui le veulent avec rigueur et compassion.
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Paulin a écrit : 3 novembre 2021, 03:36 Ah super frère 😂😂 ce livre merite d'etre mediter ,ainsi que "Le mythe de la liberté et la voie de la méditation " . Merci pour le scan 🖒
Je n'ai pas ce livre, ces deux-là s'ils t'intéressent.
La pleine conscience en action - Chögyam Trungpa.jpg
L'entrainement de l'esprit - Chögyam Trungpa.jpg
Paul a écrit : 3 novembre 2021, 18:09 Intéressant, mais il y a encore des erreurs sur le plan gnostique samaelien :)
Certainement Paul, à travers le prisme de l'enseignement samaelien, on peut appréhender intellectuellement les différences et juger de leur importance.
Je retiens les points communs, à l'inverse de ce que je faisais avec les "autres auteurs" (en retenant les différences ou les erreurs).
Cette manière d'appréhender la vie sous tous ses points communs m'a permis de me "réconcilier" avec les différences.
J'ai scanné un certain nombre de livres ésotériques que je n'osais pas diffuser au "peuple gnostique" par peur de dégrader l'enseignement gnostique.
Maintenant j'ai détruit certains concepts gnostiques (entendus et déformés par certains) qui me faisaient du mal par manque de compassion.
Modifié en dernier par PetitHommeLibre le 3 novembre 2021, 18:58, modifié 2 fois.
Hors ligne Paulin
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j'ai les versions en anglais mais merci j'aimerais bien avoir la traduction française
Hors ligne PetitHommeLibre
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voici un lien pour les télécharger https://mega.nz/folder/zAgETRYZ#VO7iLPb6q6RFcB__PMetpw
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PetitHommeLibre a écrit : 3 novembre 2021, 18:53
Paulin a écrit : 3 novembre 2021, 03:36 Ah super frère 😂😂 ce livre merite d'etre mediter ,ainsi que "Le mythe de la liberté et la voie de la méditation " . Merci pour le scan 🖒
Je n'ai pas ce livre, ces deux-là s'ils t'intéressent.
La pleine conscience en action - Chögyam Trungpa.jpg
L'entrainement de l'esprit - Chögyam Trungpa.jpg
Paul a écrit : 3 novembre 2021, 18:09 Intéressant, mais il y a encore des erreurs sur le plan gnostique samaelien :)
Certainement Paul, à travers le prisme de l'enseignement samaelien, on peut appréhender intellectuellement les différences et juger de leur importance.
Je retiens les points communs, à l'inverse de ce que je faisais avec les "autres auteurs" (en retenant les différences ou les erreurs).
Cette manière d'appréhender la vie sous tous ses points communs m'a permis de me "réconcilier" avec les différences.
J'ai scanné un certain nombre de livres ésotériques que je n'osais pas diffuser au "peuple gnostique" par peur de dégrader l'enseignement gnostique.
Maintenant j'ai détruit certains concepts gnostiques (entendus et déformés par certains) qui me faisaient du mal par manque de compassion.
Certainement Pascal j'entends tout à fait ce que tu mentionnes ici. Je disais cela dans le fait que le forum s'appel "Gnose de Samaël Aun Weor", donc il ne devrait pas y avoir d'autres auteurs si l'on suit ce principe. Ou si l'on décide d'en appréhender d'autres, il faudrait au moins qu'ils ne contredisent pas son Enseignement, pour ne pas semer de confusion.

Pour le reste c'est bien vrai.
Paladin de la Grande Cause, Guerrier contre soi-même. Assiste tout ceux qui le veulent avec rigueur et compassion.
Hors ligne Paulin
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Et il contredise en quoi l'enseignement christique ??
Hors ligne Paul
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Paulin a écrit : 8 novembre 2021, 01:32 Et il contredise en quoi l'enseignement christique ??
Q. Pensez-vous que, sans maître, il soit possible de commencer à voir ce qui est, de se voir tel que l’on est?
R. Je crois que c’est absolument impossible. Il nous faut un ami spirituel pour lâcher prise et nous ouvrir complètement.
Q. Est-il absolument nécessaire que l’ami spirituel soit un être humain vivant?
R. Oui. Tout autre « être », avec qui l’on pourrait se croire en train de communiquer, est imaginaire.
Q. Les enseignements du Christ, en eux-mêmes, ne peuvent- ils pas être un ami spirituel?
R. Je ne le pense pas. C’est une situation imaginaire. Et il en est de même avec tous les enseignements, pas nécessairement ceux du Christ.


Il est pourtant dit et répété que c'est l'Être qui travail son Essence. Et quiconque veut avancer sur le Chemin doit absolument établir des liens solides avec les parties supérieures de son Être.
La prière fondamentale est le Notre Père et elle commence par la reconnaissance de notre Être comme étant celui qui peut tout faire lorsque l'on se tourne vers Lui.

Dire qu'il est absolument nécessaire d'avoir un ami physique maître pour avancer et se découvrir revient à dire que le repentir qui arrive lorsque l'on s'auto-observe dans un état de renoncement n'est pas réel...

Cela revient aussi à dire que l'imagination est similaire à la fantaisie. Or, l'imagination est un élément fondamental de l'échelle de l'initiation, car imaginer, c'est voir.

Le Christ Jésus et Samaël Aun Weor prouvent à de nombreuses reprises que le Chemin peut, et se fait avec l'aide de notre Être. Il suffit de lire les évangiles.
On peut certes recevoir de l'aide par un maître physiquement, mais ce n'est pas obligatoire, loin de là.

Nombreux sont ceux qui avancent seuls, et heureusement que cela est possible.

Parler à un "ami spirituel" ne donne pas vraiment plus de possibilités de libération que seul. On peut tout autant se duper ou consolider l'ego. L'important est l'auto-observation véritable dans le renoncement. Celui qui n'est pas disposé à renoncer, qu'il face avec un ami ou seul, cela revient au même.

Le seul Maître INDISPENSABLE est notre Être. Et s'en remettre à Lui est tout à fait nécessaire.

En cela, ce passage de cet auteur est incorrect et contredis les enseignements christiques.

Il y a d'autres éléments qui dénotent un manque de Sagesses mais je ne les aient plus en mémoire.
Paladin de la Grande Cause, Guerrier contre soi-même. Assiste tout ceux qui le veulent avec rigueur et compassion.
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