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Le Christ Cosmique et la Semaine Sainte

Avant toute chose, il est nécessaire de comprendre à fond ce qu’est réellement le « Christ Cosmique ».

Il est indispensable de savoir, au nom de la vérité, que le Christ n’est pas un phénomène purement historique. Les gens ont l’habitude de voir le Christ comme un personnage historique qui aurait existé il y a mille neuf cent quatre-vingts ans. Une telle conception se révèle erronée, parce que le Christ ne relève pas du temps, le Christ est atemporel ! Le Christ se développe d’instant en instant, seconde après seconde. Le Christ en soi est le Feu sacré, le Feu cosmique universel.

Si nous frottons une allumette, le feu jaillira ; les scientifiques diront que le feu est le résultat de la combustion, mais c’est faux, car ce feu qui jaillit de l’allumette était contenu dans l’allumette ; avec le frottement, nous le libérons de sa prison et il apparaît. Nous pourrions dire que le feu en lui-même n’est pas le résultat de la combustion, mais plutôt que la combustion est le résultat du feu.

Il est essentiel, mes chers frères, de bien saisir que ce qui nous intéresse le plus c’est le Feu du feu, la Flamme de la flamme, la signature astrale du feu. La main qui agite l’allumette et la frotte pour qu’apparaisse la flamme, a du feu, de la vie, sinon elle ne pourrait pas bouger ; après que l’allumette se soit éteinte, la flamme continue d’exister dans la Quatrième Verticale. Les hommes de science ne savent pas ce qu’est le feu. Ils s’en servent mais n’en connaissent pas la nature.

Ils ne savent pas davantage ce qu’est l’électricité, ils l’utilisent mais ne la connaissent pas. Ainsi donc, mes chers frères, il est important que vous compreniez ce qu’est le feu. Avant que l’aurore de la création ait vibré intensément, le Feu avait fait son apparition.

Rappelez-vous, mes frères, qu’il y a deux « Un ». Le premier Un est Aelohim. Le deuxième Un est Elohim. Le premier Un est le non-manifesté, l’Inconnaissable, la divinité que l’on ne peut dépeindre, ni symboliser, ni décrire. Le deuxième Un émane du premier Un, il est le Démiurge Architecte de l’Univers, le Feu.

Je veux que vous compreniez bien qu’il y a d’une part le feu qui brûle dans la cuisine ou sur l’autel, et d’autre part le Feu de l’Esprit en tant qu’Aelohim ou en tant qu’Elohim.

Elohim, donc, est le Démiurge, l’Armée de la Voix, la Grande Parole. Chacun des constructeurs de l’Univers est une Flamme vivante, un Feu vif ; il est écrit que « Dieu est un Feu dévorateur ».

Le Feu est le Christ, le Christ Cosmique ! Elohim en lui-même a surgi d’Aelohim ; Elohim lui-même se dédouble et demeure, pour engendrer la manifestation cosmique, dans le Deux, en son épouse, en la Divine Mère ; et lorsque le Un se dédouble dans le Deux, le Troisième, le Feu, apparaît. Le Feu rend fécondes les eaux de l’existence ; et alors le Chaos se convertit en l’Androgyne Divin.

Il nous faut comprendre que l’Armée de la Voix, l’Armée de la Parole est le Feu, et que ce Feu vif, ce Feu vivant et philosophal qui rend féconde la matière chaotique est le Christ Cosmique, le Logos, la Grande Parole ; mais pour que le Logos apparaisse, pour qu’il vienne à la manifestation, le Un doit se dédoubler dans le Deux, c’est-à-dire que le Père se dédouble dans la Mère, et de l’union des deux opposés naît le Troisième, le Feu ! Ce Feu est le Logos, le Christ, qui rend possible l’existence de l’Univers à l’aurore de n’importe quelle création.

Il nous est indispensable de mieux comprendre ce qu’est le Christ. Ne nous contentons pas de le réduire à la dimension purement historique. Parce que le Christ est une réalité d’instant en instant, seconde après seconde, heure après heure ; il est le Créateur. Le Feu a le pouvoir de créer les atomes et de les désintégrer ; le pouvoir de manier les forces cosmiques universelles. Le Feu a le pouvoir d’unir tous les atomes et de créer des univers, de même que le pouvoir de désintégrer les univers. Le monde est une boule de feu qui s’allume et s’éteint selon certaines lois.

Ainsi donc, le Christ est le Feu ; voilà pourquoi vous pouvez voir sur la Croix les quatre lettres : « Inri » , qui sont les initiales de quatre mots : Igne Natura Renovatur Integra, ce qui signifie : « Par le Feu la nature est entièrement renouvelée ».

Je crois que maintenant vous comprenez pourquoi la signature astrale du Feu, la Flamme de la flamme, l’aspect occulte, ésotérique du Feu, nous intéresse tellement. C’est qu’en réalité le Feu est christique, il a le pouvoir de transformer tout ce qui est, tout ce qui a été et tout ce qui sera. Ce qui nous intéresse c’est Inri ; sans Inri, il n’est pas possible de nous christifier.

Je vous ai déjà dit que le Christ Intime, le Christ Cosmique, doit faire trois pas, de haut en bas, à travers les sept régions de l’univers. Je vous ai dit aussi que le Christ doit faire trois pas, de bas en haut. Voilà le mystère des trois pas et des sept pas de la Maçonnerie. C’est dommage que nos frères Maçons aient oublié cela. En tout cas, le Crestos, le Logos, resplendit au zénith du minuit spirituel, tout comme au couchant ou à l’orient ; et chacune de ces trois positions est respectée dans les sept régions. Le mystique qui est guidé par l’Étoile de Minuit, par le Soleil Spirituel, sait ce que signifient ces trois pas, à l’intérieur des sept régions. Pensons aussi au Soleil, à la foudre et au feu, et nous aurons les trois flambeaux, les trois aspects du Logos, dans les sept régions.

Lorsque le Un se dédouble dans le Deux, surgit le Troisième, et celui-ci est le Feu, qui crée et recrée sans cesse. Ce Troisième peut créer avec le pouvoir de la Parole, avec la Parole Solaire ou la Parole Magique, ou la Parole du Soleil Central, ainsi crée le Logos !

C’est par le moyen du Feu que nous pouvons nous christifier ; c’est en vain que le Christ sera né à Bethléem s’il ne naît pas aussi dans notre cœur. C’est inutilement qu’il aura été crucifié, et sera mort et ressuscité en Terre Sainte, s’il ne naît, ne meurt et ne ressuscite également en nous.

Il nous faut incarner le Crestos Cosmique, l’Esprit du Feu, le faire chair en nous ; tant que nous ne l’aurons pas fait, nous serons morts aux choses de l’Esprit, parce qu’il est la Vie, il est le Logos, il est la Grande Parole. Herupakroat ! Il est Vishnu. Le mot Vishnu vient de la racine Vish, qui signifie pénétrer : il pénètre dans tout ce qui est, a été et sera. Nous avons besoin qu’il pénètre en nous afin qu’il nous transforme radicalement. C’est seulement par le moyen du Feu que nous parviendrons à annihiler l’Égo. Celui qui prétend annihiler l’Égo uniquement avec l’intellect marche sur le chemin de l’erreur.

Il nous faut évidemment nous connaître nous-mêmes si vraiment nous voulons nous christifier ; et si nous voulons nous « autoconnaître » pour atteindre la christification nous devons nous autoobserver, nous voir nous-mêmes, c’est par ce chemin seulement qu’il sera possible de parvenir un jour à la désintégration de l’Égo. L’Égo est la somme totale de tous nos défauts : colère, convoitise, envie, orgueil, luxure, paresse, gourmandise, etc. Même si nous avions mille langues et un palais d’acier pour parler, nous n’arriverions pas à énumérer complètement tous nos défauts.

Je disais que nous avions besoin de nous autoobserver, afin de nous « autoconnaître », parce que si nous nous observons nous-mêmes, nous découvrirons nos défauts psychologiques et nous pourrons travailler sur eux. Lorsqu’un homme admet qu’il a une « psychologie », il commence à s’observer, et cela le transforme par le fait même en une créature différente.

Je veux que vous compreniez, chers frères gnostiques, la nécessité d’apprendre à s’observer soi-même, à se voir soi-même. Mais il faut savoir s’observer, car une chose est l’observation mécanique et une autre chose l’observation consciente.

Celui qui prendrait connaissance pour la première fois de nos enseignements dirait : « Mais qu’est-ce que je gagne à m’observer ?. C’est fastidieux ! J’ai vu que j’ai de la colère, j’ai vu que j’ai de la jalousie. Et après ? ». Il est clair qu’il s’agit de l’observation mécanique ! Il nous faut observer l’observé ! Je le répète, nous devons observer l’observé. C’est cela l’observation consciente de nous-mêmes.

L’observation mécanique de nous-mêmes ne nous conduira à rien, car elle est absurde, inconsciente, stérile. Ce qu’il nous faut, c’est l’autoobservation consciente de nous-mêmes. C’est ainsi seulement que nous pourrons vraiment nous autoconnaître, afin de travailler sur nos défauts.

Donc, si nous ressentons de la colère à un moment donné, nous allons observer l’observé, c’est-à-dire la scène de la colère, peu importe si nous le faisons à l’instant même ou plus tard, l’important c’est de le faire et en observant l’observé, ce que nous voyons en nous, nous saurons si oui ou non c’était de la colère, car il s’agissait peut-être d’une syncope nerveuse que nous avons prise pour de la colère.

De même, aussitôt que nous serons envahis par de la jalousie, nous allons observer l’observé : qu’avons-nous observé ?. Peut-être notre femme se trouvait-elle avec un autre type ! Ou, si c’est une femme : peut-être a-t-elle vu son mari avec une autre femme, et ressenti alors de la jalousie ! De toute façon, nous devrons, très sereinement et dans une profonde méditation, observer l’observé pour savoir si réellement il y a eu ou non jalousie.

L’observation de l’observé se fera au moyen de la méditation et de l’autoréflexion évidente de l’Être, ainsi l’observation deviendra-t-elle consciente. Lorsqu’on s’est rendu conscient de tel ou tel défaut de type psychologique, on peut travailler sur lui avec le Feu.

On devra se concentrer sur Stella-Maris, Tonantzin, Rhéa, Cybèle, Isis, Marah ou quelque soit son nom. Elle est une partie dérivée de notre Être. C’est le Serpent igné de nos pouvoirs magiques, le Cobra sacré, un Feu ardent. Elle pourra, avec ses pouvoirs flammigères, désintégrer le défaut psychologique, l’agrégat psychique que nous aurons autoobservé consciemment. Il va de soi qu’à son tour l’Essence ou le Feu embouteillé dans l’agrégat psychique que nous aurons désintégré, sera libéré, resplendira, et qu’au fur et à mesure que nous désintégrerons les agrégats, le pourcentage d’Essence, qui est un Feu christique, se multipliera ; et un jour, le Feu resplendira à l’intérieur de nous-mêmes, ici et maintenant.

Il est nécessaire que le Feu brûle en nous. Seul Inri parole sacrée mise sur la croix du Martyr du Calvaire, peut mettre en pièces les agrégats psychiques. Ceux qui prétendent désintégrer tous ces agrégats sans tenir aucun compte du Feu, marchent sur le mauvais chemin, et ils sont non seulement dans l’erreur, mais en outre ils égarent les autres. On dit que le Crestos est né dans le village de Bethléem, il y a mille neuf cent quatre-vingt ans, mais c’est faux ! Parce que le village de Bethléem n’existait pas à cette époque. Bethléem ou Belen vient de la racine chaldéenne Bel, et Bel, c’est le Feu, la Tour de Feu des Chaldéens.

Dans notre corps, la Tour, c’est le cou et la tête, car le reste du corps est le Temple. Celui qui a réussi à élever le Feu en lui-même, celui qui est parvenu à le faire monter jusqu’à la tête, jusqu’au cerveau, jusqu’au sommet, pourra en fait se convertir en le corps du Crestos, le Feu, en l’Esprit du Feu.

C’est l’Esprit originel, primitif, qui pourra nous christifier totalement. C’est le Feu, le Fohat, brûlant au-dedans de nous-mêmes, qui nous transforme totalement. Une fois que le Feu brûlera à l’intérieur de nous, nous serons entièrement changés, nous serons convertis en créatures tout à fait différentes, nous serons transformés en êtres distincts et nous jouirons alors de l’Illumination complète et des pouvoirs cosmiques. Ainsi donc, mes chers frères, comprenez que nous devons travailler avec le Feu.

À celui qui sait, la parole donne pouvoir, personne ne l’a prononcée, personne ne la prononcera, si ce n’est celui uniquement qui a incarné le Christ.

Le Christ, l’Esprit du Feu, n’est pas un personnage purement historique, c’est l’Armée de la Parole, c’est une force qui se trouve au-delà de la personnalité, de l’Égo et de l’individualisme. C’est une force, comme l’électricité, comme le magnétisme, un pouvoir, un grand agent cosmique et universel. Il est la force électrique, capable d’engendrer de nouvelles manifestations. Ce Feu cosmique pénètre dans l’homme qui est dûment préparé, dans l’homme qui a sa Tour de Belen ardente.

Lorsque le Christ s’incarne dans un homme, celui-ci se transforme radicalement. Il est l’Enfant-Dieu qui doit naître en chaque créature. De même qu’il est né dans l’Univers, il y a des millions d’années, pour organiser tout ce système solaire, de même aussi doit-il naître en chacun de nous. Il naît dans l’étable de Belen, c’est-à-dire : parmi les animaux du désir, au milieu des agrégats psychiques qu’il devra mettre en pièces ; parce que seul le Feu peut mettre en pièces de tels agrégats. Ainsi, le Feu apparaît là où sont ces agrégats, pour les détruire, pour les changer en poussière cosmique et libérer l’Ame, l’Essence. Comment pourra-t-il libérer l’Ame s’il ne pénètre pas profondément dans l’organisme humain ?.

En Orient, le Christ est Vishnu et, je le répète, la racine Vish signifie : pénétrer. Le Feu, le Christ, le Logos, peut pénétrer profondément dans l’organisme humain, afin de brûler les scories que nous avons à l’intérieur de nous ; mais il nous faut pour cela aimer le Feu, rendre un culte à la Flamme.

L’heure est venue de comprendre que seul le Fohat peut nous transformer radicalement. Le Christ œuvre en nous, désintégrant les racines du mal. Inri pulvérise les agrégats psychiques, les réduit en cendres. Mais il nous faut pour cela travailler avec le Feu.

Pour travailler avec le Feu, nous devons, dans nos efforts de concentration, invoquer le Serpent igné de nos pouvoirs magiques ; parce que c’est seulement par le Feu que nous pouvons pulvériser tous les éléments psychiques indésirables que nous charrions à l’intérieur de nous. Le froid lunaire jamais ne pourra mettre en pièces les agrégats psychiques, nous avons besoin des pouvoirs flammigères du Logos. Il nous faut l’Inri pour nous transformer.

Mes chers frères, comprenez ce qu’est la Semaine Sainte !

La Semaine Sainte a sept jours. Dans les temps anciens, tout était régi par le calendrier solaire, fondé sur les sept planètes : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Nommés d’après les planètes, les jours se suivaient dans le même ordre que celles-ci : lundi, mercredi, vendredi, dimanche, mardi, jeudi et samedi. Malheureusement, ce calendrier fut modifié au Moyen-Age par des gens fanatiques.

La Semaine Sainte est profondément significative. Rappelez-vous les trois et les sept pas de la Maçonnerie. Le Christ doit, d’abord et avant tout, brûler dans notre corps humain. Plus tard, la flamme doit se déposer au fond de l’Ame. Et enfin, au fond de l’Esprit. Ces trois pas à travers les sept Sphères sont hautement significatifs. De toute évidence, ces trois pas, basiques, fondamentaux, se trouvent contenus dans les sept Sphères du Monde et de l’Univers.

Incontestablement, la Semaine Sainte a des racines ésotériques très profondes, car l’Initié doit travailler sur les forces lunaires et sur les forces de Mercure, avec les forces de Vénus et du Soleil, de Mars, de Jupiter et de Saturne. Le Logos se développe dans sept régions et selon les sept planètes du système solaire.

La flamme doit apparaître dans le corps physique, elle doit avancer dans le corps vital, poursuivre son chemin sur le sentier astral, continuer son voyage à travers le monde du mental, parvenir à la sphère de Vénus dans le monde causal, poursuivre sa route par le monde bouddhique ou intuitionnel, et le septième jour, elle devra enfin atteindre le monde d’Atman, le monde de l’Esprit : alors le Maître recevra le baptême du Feu, qui le transformera radicalement.

Nul doute que tout le Drame Cosmique, tel qu’il est décrit dans les quatre Évangiles, devra être vécu à l’intérieur de nous-mêmes, ici et maintenant. Ce n’est pas une chose purement historique, c’est quelque chose qui doit être vécu ici et maintenant !

Les trois traîtres qui crucifient le Christ, qui le mènent à la mort, sont en dedans de nous-mêmes ; les Maçons les connaissent, nous, les Gnostiques, nous les connaissons aussi : Judas, Pilate et Caïphe. Judas, c’est le démon du désir, qui nous tourmente. Pilate, c’est le démon du mental, qui a toujours des excuses. Caïphe, c’est le démon de la mauvaise volonté, qui prostitue l’autel.

Ce sont les trois traîtres qui livrent le Christ pour trente pièces d’argent. Les trente pièces représentent tous les vices et passions de l’humanité : on échange le Christ contre des bouteilles de bière à la taverne, on échange le Christ contre le bordel ou le lit de Procuste, on échange le Christ contre de l’argent, contre les richesses, contre la vie sensuelle, en d’autres mots, on le vend pour trente pièces d’argent.

Mes frères, rappelez-vous la foule des personnes qui demandent la crucifixion du Seigneur ; toute cette multitude crie : « Crucifiez-le !, Crucifiez-le ! ». Ce ne sont pas les gens d’il y a mille neuf cent quatre-vingts ans, non ! Ces gens qui demandent la Crucifixion du Seigneur sont au-dedans de nous-mêmes, je le répète, ici et maintenant. Ce sont les agrégats psychiques inhumains que nous charrions dans notre intérieur, ce sont tous ces éléments psychiques indésirables que nous portons en nous, les démons rouges de Seth, vive personnification de tous nos défauts de type psychologique. Ce sont eux qui crient : « Qu’on le crucifie !, Qu’on le crucifie ! ». Et le Seigneur est livré à la mort. Qui sont ceux qui le fouettent ?. Ne serait-ce pas par hasard toute cette foule que nous portons à l’intérieur de nous ?. Qui sont ceux qui crachent sur lui ?. Ne seraient-ce pas tous ces agrégats psychiques qui personnifient tous nos défauts ?. Qui sont ceux qui lui mettent la couronne d’épines ?. Qui d’autres que ces avortons de l’enfer que nous avons créés !

L’histoire du Christ n’est pas une chose d’hier mais d’aujourd’hui, c’est du présent ! Cet événement n’est donc pas simplement une chose du passé, comme le croient les ignorants instruits. Ce Drame est destiné à ceux qui comprennent, afin qu’ils travaillent à leur christification.

Le Seigneur sera élevé sur le Calvaire, et là, sur le majestueux sommet du Calvaire, il dira : « Je suis la lumière du monde ; qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie. Je suis le pain de vie, je suis le pain vivant, celui qui mange ma chair et boit mon sang aura la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui, qui mange de ce pain vivra à jamais ». Le Seigneur ne garde rancune contre personne : « Mon Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Puis il prononce cette grande parole : « Mon Père, entre tes mains je remets mon esprit ». Et alors, au milieu des éclairs et des coups de tonnerre, surviendront de grands cataclysmes intérieurs. Une fois accompli ce travail de l’Esprit dans le corps, le Christ, le Crestos, le Christus, Vishnu, « Celui qui pénètre », sera déposé dans son sépulcre mystique.

Et moi je vous dis, au nom de la Vérité et de la Justice, que le troisième jour après tout ceci, le Christ se lèvera, il ressuscitera dans l’Initié pour le transformer en une créature parfaite. Celui en qui s’opère la résurrection se convertira par le fait même en un Dieu, terriblement divin, au-delà du bien et du mal.

Ainsi donc, le Christ, notre Seigneur, l’Esprit du Feu, descend : il veut entrer en chacun de nous pour nous transformer, pour nous sauver, pour mettre en pièces ces agrégats psychiques que nous portons à l’intérieur de nous, pour faire de nous quelque chose de différent, pour nous transformer en Dieux.

Nous devons apprendre à voir le Christ, non d’un point de vue simplement historique, mais comme le Feu, comme une réalité présente, comme Inri.

Il avait, dit-on, douze apôtres ; ces douze apôtres se trouvent au-dedans de nous-mêmes, ici et maintenant. Ce sont les douze parties fondamentales de notre propre Être intérieur profond.

Il y a un Pierre, qui est en rapport avec les Mystères de la Sexualité. Il y a un Jean, qui représente le Verbe, la Grande Parole, Herupakroat ! Il y a aussi un Thomas, qui nous enseigne à manier le mental. Il y a un Paul, qui nous montre le chemin de la Sagesse, de la Philosophie, de la Gnosis.

À l’intérieur de nous-mêmes se trouve aussi Judas ; non pas ce Judas qui livre le Christ pour trente pièces d’argent, non, mais un Judas différent, un Judas qui comprend à fond la question de l’Égo ! Un Judas dont l’Évangile nous conduit à la dissolution du moi-même, du soi-même.

Il y a également un Philippe, qui est capable de nous enseigner à voyager en dehors du corps physique, à travers l’espace. Il y a un André, qui nous indique avec une « précision méridienne » ce que sont les trois facteurs de la Révolution de la Conscience : Naître, c’est-à-dire, comment sont fabriqués les corps existentiels supérieurs de l’Être ; Mourir, c’est-à-dire, comment on désintègre les facteurs particuliers qui sont en relation avec nous, avec chacun de nous, de façon spécifique ; se sacrifier pour l’humanité. La croix de Saint-André, qui désigne l’union du Soufre et du Mercure si indispensable pour la création des corps existentiels supérieurs de l’Être, au moyen de l’accomplissement du devoir « Parlock », est profondément significative.

Matthieu, scientifique comme personne ne l’est, existe en nous ; il nous enseigne la Science pure, inconnue des hommes de science qui ne connaissent que ce charnier des théories universitaires qui un jour sont à la mode et le lendemain passent à l’histoire. La Science pure est complètement différente ! Seul Matthieu peut nous en instruire.

Luc, avec son Évangile solaire, est un prophète, il nous indique ce que sera la vie à l’Age d’Or.

Chacun des douze apôtres est à l’intérieur de nous-mêmes, car notre Être a douze parties fondamentales qui sont ces douze apôtres, ici et maintenant. Ainsi, ceux qui veulent parvenir à être mages, dans le sens transcendantal du mot, doivent apprendre à se mettre en relation avec eux-mêmes, avec chacune des douze parties de leur Être ; et ceci n’est possible qu’en brûlant à l’aide de l’Inri les agrégats psychologiques que nous charrions à l’intérieur de nous. Tant que l’Égo existera en nous, la juste relation avec toutes et chacune des parties de notre Être s’avérera impossible.

Mais si nous incinérons l’Égo, nous pourrons alors établir une relation correcte avec nous-mêmes et avec chacun des douze, qui existent à l’intérieur de nous.

Que l’on s’enlève de la tête l’idée que ces douze apôtres appartiennent à l’histoire ! Cherchez-les au-dedans de vous-mêmes, c’est là qu’ils sont ! Tout est à l’intérieur de nous-mêmes, ici et maintenant.

L’heure est venue d’un christianisme plus ésotérique, plus pur, plus réel. L’heure est venue de sortir de la question strictement historique et de passer à la réalité des faits.

La croix même du Calvaire est profondément significative. Nous savons très bien que le Phallus vertical à l’intérieur du Ctéis formel, cela fait une croix. En d’autres mots, nous dirons, pour insister davantage : « Le Lingam-Yoni correctement connecté forme une croix ».

C’est avec cette croix qu’il nous faudra avancer sur le sentier qui devra nous conduire jusqu’au Golgotha du Père, je vous invite tous à entrer sur le chemin de la christification.

N’oubliez pas que chaque fois que le Seigneur de Compassion vient au monde, il est haï par trois catégories d’hommes : d’abord par les anciens, les gens pleins d’expérience qui disent : « Cet homme est fou, regardez ce qu’il apporte, n’écoutez pas ce qu’il dit, ce n’est pas en accord avec ce que nous disons, ce n’est pas conforme à ce que nous pensons ; nous avons de l’expérience, nous savons que cet homme est nuisible et qu’il peut vous faire beaucoup de mal ! ». Il est aussi rejeté par la deuxième catégorie, par les scribes, c’est-à-dire, par les intellectuels de l’époque ; chaque fois que le Seigneur de gloire est venu au monde, les intellectuels se sont dressés contre lui, ils le détestent mortellement parce qu’il ne s’enchâsse pas dans leurs théories et qu’il représente un danger pour leur système, pour leurs sophismes. Il est enfin rejeté par les prêtres, qui voient en lui un danger pour leur secte respective.

Ainsi donc, au nom de la Vérité je vous dis que le Christ est terriblement révolutionnaire, rebelle ! Il est le Feu qui vient consumer toute la pourriture que nous charrions au-dedans de nous. Il est le Feu qui vient réduire en cendres nos préjugés, nos idées préconçues, nos valeurs, nos calculs, nos abominations, voire même nos expériences de type personnel.

Vous croyez peut-être que le Christ pourrait être accepté par ces milliards d’êtres humains qui peuplent le monde ?. Vous vous trompez ! Chaque fois qu’il vient dans le monde, les foules s’élèvent contre lui, c’est la réalité crue des faits !

Nous sommes en train de parler de la Semaine Sainte. J’affirme, au nom de la Vérité et de la Justice, que seul le Fohat qui brûle ardemment à l’intérieur de nous pourra nous sauver.

Aucune théorie, aucun système ne pourra nous conduire à la libération ; ceux qui prétendent mettre l’Égo en pièces à l’aide de simples théories, au moyen du froid intellect, sont des êtres purement réactionnaires, conservateurs, retardataires, qui marchent sur le chemin de la grande erreur !

Cette Babylone que nous portons au-dedans de nous, cette ville psychologique que nous charrions dans notre monde intérieur, où vivent les démons de la colère, de la convoitise, de la luxure, de l’envie, de l’orgueil, de la paresse, de la gourmandise, etc., doit être détruite par le Feu.

Il nous faut maintenant élever à l’intérieur de nous la Jérusalem Céleste. Rappelez-vous que les assises de la Jérusalem Céleste sont au nombre de douze, et que sur chacune d’elles est écrit le nom d’un apôtre. Les noms des douze apôtres se trouvent donc sur les douze assises. Cette Jérusalem, nous devons l’édifier au-dedans de nous-mêmes. Mais ce ne sera possible que le jour où nous aurons détruit par le Feu Babylone la Grande, la mère de toutes les fornications et abominations de la terre, la ville psychologique que nous portons en nous. Quand nous y serons arrivés, alors nous pourrons ériger la Jérusalem Céleste, ici et maintenant, à l’intérieur de nous-mêmes.

Je le répète, les fondations de cette Jérusalem Céleste, ce sont les douze apôtres. Je ne fais nullement allusion à ceux qui ont vécu il y a mille neuf cent quatre-vingts ans, car ceux-là sont purement symboliques. Non !, je parle des douze apôtres qui vivent à l’intérieur de nous ; les douze parties de l’Être sont autoconscientes et indépendantes, elles sont le fondement de la Jérusalem Céleste que nous devons ériger à l’intérieur de nous.

La Ville de Jérusalem a douze portes, et à chacune des douze portes est posté un Ange qui représente chacun des douze apôtres au-dedans de nous. Et les douze portes sont les douze perles précieuses, sont les douze portes de la liberté, les douze portes de la Lumière et de la Splendeur, les douze pouvoirs cosmiques. Et la Cité est toute d’or pur, ses rues, ses avenues et ses places. C’est l’Or de l’Esprit, que nous devons fabriquer dans la Forge des Cyclopes.

La Ville n’a pas besoin de luminaire extérieur, elle peut se passer de l’éclat du soleil ou de la lune ; parce que le Seigneur est l’astre qui l’illumine, il est le Feu, et il brillera à l’intérieur de nous.

Le mur de la grande Cité mesure cent quarante-quatre coudées. Si nous additionnons ces chiffres entre eux, nous obtenons : 1+4+4 = 9. Neuf, c’est la Neuvième Sphère, la sexualité, car c’est seulement au moyen de la transmutation de l’énergie créatrice que nous pourrons allumer le Feu en nous.

La dimension de la Cité est de douze mille stades, et ceci nous rappelle les douze travaux d’Hercule, nécessaires pour arriver à la complète réalisation intime de l’Être. Cela nous rappelle aussi les douze Eons, de même que les douze apôtres.

Et au centre de la Ville se trouve l’Arbre de la Vie, avec les dix Séphiroths de la Kabbale hébraïque : Kether, Chokmah et Binah forment la couronne Séphirotique ; Geburah, Chesed, Tiphereth, Netzah, Hod, Jesod et Malkuth constituent les sept régions de l’Univers. L’Arbre de la Vie allégorise les douze grandes régions cosmiques. Heureux celui qui parvient au treizième Eon, là où toujours l’attend Pistis Sophia. Dans la Jérusalem Céleste se trouvent aussi les vingt-quatre Anciens qui, prosternés devant l’Agneau, déposent leur couronne à ses pieds ; cet Agneau immolé est le Feu qui brûle dans cet Univers, depuis l’aurore de la Création, depuis le commencement de cet Univers. Les vingt-quatre Anciens sont aussi les vingt-quatre parties dérivées de notre propre Être, et l’Agneau lui-même est l’Être de notre Être.

Heureux celui qui peut se nourrir des fruits de l’Arbre de la Vie, parce que celui-là sera immortel ! Heureux celui qui peut se nourrir de chacun de ces fruits, celui qui peut, en vérité, s’abreuver de ce courant de vie qui provient du treizième Eon et qui descend jusqu’au corps humain, car jamais il ne connaîtra la maladie, et il deviendra immortel.

Mais, pour pouvoir se nourrir de l’Arbre de la Vie, il est nécessaire, avant toutes choses, d’avoir éliminé les agrégats psychiques. Rappelez-vous que ces agrégats psychiques, vive personnification de nos erreurs, altèrent notre corps vital, et une fois celui-ci altéré, les dommages se répercutent dans notre corps physique : c’est ainsi que surgissent en nous les maladies.

Qu’est-ce qui produit les ulcères ?. Ne serait-ce pas la colère ?.

Qu’est-ce qui produit le cancer ?. Ne serait-ce pas par hasard la luxure ?.

Qu’est-ce qui amène la paralysie ?. Ne serait-ce pas la vie matérialiste, grossière, égoïste et fatale ?.

Les maladies sont produites par les agrégats psychiques, les démons rouges de Seth, vivante personnification de nos défauts. Lorsque tous les démons rouges de Seth auront été annihilés par le Feu, lorsque notre personnalité elle-même aura été consumée, nous pourrons alors nous nourrir de l’Arbre de la Vie. Descendant de l’Absolu à travers les treize Eons, la Vie pénétrera dans notre corps et nous rendra immortels, nous recouvrerons la santé et jamais plus nous n’aurons de maladies.

Les scientifiques ne savent pas guérir ; toute leur science ne sert à rien, car même s’ils réussissent à guérir une maladie, le patient finit par retomber malade. Il est clair que l’Égo instille le poison de sa morbidité et de sa pourriture dans les organes qu’ainsi il détruit ; c’est là l’origine de toutes les maladies. Les gens veulent une panacée pour se guérir de leurs maux, mais tant qu’en eux l’Égo sera vivant, ils seront malades.

L’heure est venue de comprendre qu’il nous faut brûler la Babylone à l’intérieur de nous-mêmes et construire la Jérusalem.

Vue de loin, la Jérusalem Céleste ressemble à une pierre de jaspe transparent comme le cristal, c’est la Pierre Philosophale. Heureux celui qui obtient la Pierre Philosophale, car il se transformera radicalement et aura pouvoir sur le feu, sur l’air, sur les eaux et sur la terre !

Il nous faut un christianisme pur, ésotérique, un christianisme vivant, non un christianisme mort ; un christianisme gnostique, qui puisse nous transformer radicalement.

L’Association Gnostique Internationale, l’Église Gnostique, nos études gnostiques anthropologiques montreront à l’humanité le sentier de la Libération.

Mais tant que l’Égo sera en nous vivant, fort, robuste, nous marcherons sur le chemin de l’erreur.

Il nous faut apprendre à aimer le Feu et à travailler réellement avec les Mystères du Feu.

 

 
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