La Transformation Radicale

(Exercices de lamaserie)

 

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7. L’Éveil de la Conscience

Le jour suivant, après le déjeuner, nous sommes allés, comme d’habitude, faire une promenade dans le parc. Pendant que nous marchions d’un pas énergique, le Maître me renseignait sur mes existences antérieures et mes anciennes initiations. Puis nous allâmes nous asseoir sur un banc de ciment sans dossier et le Maître me dispensa encore une fois son enseignement sublime, que j’enregistrai soigneusement :

« Incontestablement, ce qui est le plus important dans la vie de l’être humain est la Réalisation intime de l’Être. Une fois, j’interrogeai ma Divine Mère Kundalini, lui demandant : “Le chemin qui conduit jusqu’à la Résurrection est-il très long ?” Elle me répondit : “Ce n’est pas qu’il soit tellement long, ce qui se passe est qu’il faut le façonner, le ciseler, travailler durement sur la Pierre Philosophale, pour donner à la pierre brute la forme cubique parfaite.”

Notre devise est The… Le… Ma, c’est-à-dire Volonté. Commençons par éveiller la Conscience. Indubitablement, tous les êtres humains sont endormis et il est nécessaire de s’éveiller pour voir le chemin. L’essentiel est de s’éveiller ici et maintenant. Malheureusement, les gens dorment, cela semble incroyable, mais il en est ainsi.

Nous marchons sur la rue avec la conscience endormie, à la maison, au travail, au magasin, au bureau, etc., avec la conscience profondément endormie, nous conduisons notre automobile, nous tapons à la dactylo, nous allons à l’usine avec la conscience terriblement endormie.

Les gens naissent, grandissent, se reproduisent, vieillissent et meurent avec la conscience endormie, et jamais ils ne savent d’où ils viennent ni quel est le but de leur propre existence. Le plus grave est qu’ils se croient éveillés.

Beaucoup de personnes, par exemple, se préoccupent de savoir une foule de choses sur des questions ésotériques, mais jamais elles ne se préoccupent d’éveiller leur conscience. Si les gens se donnaient comme but de s’éveiller ici et maintenant, ils pourraient bientôt connaître tout ce qui pour eux est une énigme. C’est là la cause du scepticisme car le sceptique est un ignorant, et l’ignorance vient de ce que la Conscience est endormie.

Oui, au nom de la vérité, je dois vous dire que le scepticisme provient de l’ignorance et que le jour où l’homme cessera d’être ignorant et éveillera sa conscience, le scepticisme disparaîtra par le fait même, car l’ignorance et le scepticisme sont étroitement liés.

Notre enseignement ne vise assurément pas à convaincre les sceptiques parce que si aujourd’hui nous réussissons à convaincre cent sceptiques, demain il en apparaîtra mille, et si nous convainquons les mille, après-demain il en viendra dix mille et ainsi nous n’en finirions jamais.

Le système pour obtenir la Réalisation intime de l’Être est fondé sur des travaux conscients et des souffrances volontaires, et il est nécessaire d’avoir une continuité de propos dans les trois facteurs de la Révolution de la Conscience ; pour atteindre l’éveil de la Conscience, il faut mourir d’instant en instant, seconde après seconde.

L’homme endormi, lorsqu’il est en présence d’un verre d’alcool, finit par se saouler ; quand l’homme endormi se trouve en présence du sexe opposé, cela finit par la fornication. L’endormi s’identifie avec tout ce qui l’entoure et s’oublie lui-même.

Il me vient en ce moment à l’esprit le cas insolite d’Ouspenski, lorsqu’il marchait dans les rues de Saint-Pétersbourg, il s’était proposé de ne pas s’oublier lui-même, ne serait-ce qu’un instant. En marchant, il se rappelait à lui-même à chaque seconde. Il dit qu’il voyait même un aspect spirituel dans toutes choses, qu’il se sentait transformé, que sa lucidité spirituelle s’était considérablement accrue, etc. Toutefois, il arriva quelque chose de très curieux.

Soudain il sentit le besoin d’entrer chez un marchand de tabac ; il commanda des cigares, puis, muni de son achat, il sortit tranquillement de la boutique en fumant, prit une avenue et se rendit à différents endroits de Saint-Pétersbourg, tout en se remémorant diverses choses, l’esprit concentré sur un certain nombre de questions intellectuelles, etc., c’est-à-dire qu’il se trouvait absorbé dans ses propres pensées.

Une heure et demie plus tard, il était de retour chez lui ; en arrivant, il observa attentivement son appartement, sa chambre à coucher, son salon, son cabinet de travail, etc., et tout d’un coup il se rappela qu’il s’était endormi en chemin. Il était allé dans plusieurs endroits avec la conscience endormie, et c’est en entrant dans la tabagie que ses bonnes intentions de rester éveillé s’étaient évanouies en fumée.

Il déplora son peu d’éveil. Entre le moment où il est entré dans la tabagie et celui où il est revenu chez lui, il s’est écoulé une heure et demie, et pendant tout ce temps il a circulé à travers les rues de la ville avec la conscience complètement endormie.

Vous voyez combien il est difficile de rester avec la conscience éveillée d’instant en instant, de moment en moment et seconde après seconde, pourtant c’est primordial, c’est le premier aspect : si l’on veut vraiment s’éveiller, on ne doit pas s’oublier soi-même ne serait-ce qu’un seul instant.

Qu’on aille n’importe où, au travail, à l’école, qu’on soit en train de manger, de parler, de parcourir les rues, le jour ou la nuit, à pied, en voiture ou en autobus, où qu’on soit et en tout temps ; on doit se rappeler à soi-même en présence de n’importe quel bel objet, devant n’importe quelle vitrine où l’on exhibe de belles choses, des bijoux précieux, etc., il ne faut pas s’oublier soi-même, il ne faut s’identifier à rien de tout ce qui nous fascine, de ce qui nous plaît ou nous déplaît.

Il est donc nécessaire d’être toujours en rappel de soi, non seulement sur le plan physique, on doit surveiller ses propres pensées, sentiments, émotions, déductions, appétits, peurs, désirs, etc., et tant d’autres.

Le second aspect, tout aussi important, c’est de ne pas s’identifier avec les choses, comme nous l’avons dit. Si vous apercevez un bel objet, un habit dans une vitrine ou n’importe quoi d’autre comme une rutilante automobile ou des souliers jamais vus, un animal rare, un éléphant qui vole ou un chameau qui apparaît au milieu de la maison, etc., soyez vigilants à ne vous identifier avec rien et sachez distinguer entre le normal et l’anormal, car la première chose à faire est de réfléchir.

Ne pas s’identifier avec l’objet, la chose ou la créature que l’on regarde ; car si l’on s’identifie avec ce qu’on voit, avec la représentation qu’on a devant les yeux, physiquement, alors, ce qui se produit c’est qu’on devient fasciné, c’est-à-dire qu’on passe de l’identification à la fascination et on devient complètement ébloui, charmé, hypnotisé, on s’oublie soi-même et notre conscience tombe dans un profond sommeil. Par cette manière d’agir erronée, lorsqu’on se laisse fasciner bêtement, la seule chose qu’on obtient est que la conscience continue à dormir, et cela est très grave, mes chers frères, extrêmement grave.

Il me vient à la mémoire, en ce moment même, ici dans ce parc de la capitale du Mexique, un souvenir insolite. Il y a pas mal d’années de cela, alors que je me trouvais dans un pays d’Amérique du Sud, parcourant le monde, comme on dit, car à cette époque j’allais toujours d’un côté et de l’autre, une nuit quelconque, il se produisit quelque chose de singulier : je me vis moi-même traversant un jardin, puis j’arrivai à une maison, j’entrai, franchis la première pièce et aboutis à un cabinet d’avocat. Là, une dame d’un certain âge aux cheveux grisonnants, très sympathique, me reçut ; elle était assise à une table de travail et elle se leva pour me souhaiter la bienvenue.

Je remarquai tout à coup sur le secrétaire deux papillons de verre. Bon, il n’y a rien d’étrange dans le fait d’apercevoir deux papillons de verre, n’est-ce pas ? Mais l’intéressant dans tout cela c’est que ces deux papillons étaient vivants, ils bougeaient leurs ailes, leur petite tête, leurs pattes, alors là c’est plus étrange, n’est-ce pas ?

En effet, c’était vraiment quelque chose d’insolite et étrange, que des papillons en verre soient vivants, ce n’est pas normal ; il est évident que ce n’est pas naturel, il y a là de quoi à devenir très attentif à ce qui se passe. Or, savez-vous ce que j’ai fait ?

Je ne me suis pas identifié avec cette paire de papillons, j’ai réfléchi, me disant à moi-même : comment est-ce possible qu’il y ait dans le monde des papillons avec des ailes de verre, avec un corps de verre, des pattes de verre, une tête de verre, qui respirent et aient une vie propre comme ceux qu’on rencontre dans la nature ?

Oui, j’ai réfléchi, mes chers frères ; que serait-il arrivé si je m’étais identifié avec les papillons sans faire aucune espèce d’analyse, sans réfléchir sur de tels papillons de verre ? Pensez-vous que j’aurais été fasciné, comme sous un charme et que je serais tombé dans l’inconscience ? Parce que ça m’aurait paru insensé, n’est-ce pas ?

Mais j’ai réfléchi, me disant à moi-même : “C’est inusité, c’est très étrange, non, impossible qu’il y ait ce genre de créatures dans le monde physique, non, non et non, ce n’est pas normal, il y a ici anguille sous roche, il y a quelque chose qui cloche ; cette sorte de phénomènes, que je sache, n’existe pas dans le monde tridimensionnel, c’est possible seulement dans le monde Astral, ça n’arrive qu’en Astral, serait-ce que je suis dans le monde Astral ?”

Je me questionnais moi-même : “Serait-ce que je suis en train de dormir et que j’ai laissé quelque part mon corps physique ? Ce qui arrive ici est trop bizarre et pour sortir du doute, je vais faire un petit saut avec l’intention de flotter et voir si je suis bien en Astral, pour savoir ce qui se passe.”

Avais-je une autre solution ? Évidemment, je devais procéder ainsi et non d’une autre manière, n’est-ce pas ? Mais je ne parvenais pas à me décider à faire un saut, là devant cette dame, me disant à moi-même : “Elle va me croire cinglé de faire des sauts comme ça, dans son cabinet de travail.” D’autant plus que tout le reste semblait tout à fait normal, le secrétaire n’avait rien de particulier, la chaise où la dame se trouvait assise était une de ces chaises pivotantes qu’on voyait partout, il y avait aussi deux chandeliers, un à droite et l’autre à gauche, ils semblaient en or massif.

Bien que cela se soit passé il y a très longtemps, j’étais bien jeune à cette époque-là, je me rappelle tout avec une grande exactitude, je me souviens clairement que les chandeliers avaient chacun sept branches. Bref, en toute sincérité, je ne trouvais rien d’étrange dans ce cabinet d’avocat, tout était normal, si ce n’est ces deux papillons, ceux-ci constituaient la seule chose réellement bizarre. En outre, cette dame n’avait rien d’inusité, elle était, à mon sens, aussi normale que toutes les dames du monde, mais les papillons ne cessaient de m’intriguer, qu’ils soient dotés d’une vie propre, voilà quelque chose de très insolite.

Bon, quoiqu’il en soit, déterminé à résoudre la question, je décidai de sortir de cette pièce pour pouvoir faire mon petit saut. Mais il me fallait d’abord donner une excuse à la dame ; je lui demandai la permission de sortir, je lui dis que j’avais besoin de sortir un moment, peut être penserait-elle que je voulais aller aux toilettes ou n’importe quoi d’autre, le fait est qu’elle m’accorda la permission et que je sortis.

Aussitôt dans le couloir, après m’être assuré que personne ne m’observait, je fis un grand saut avec l’intention de flotter et, vous devinez ce qui est arrivé, n’est-ce pas ? Je restai dans les airs, flottant dans l’atmosphère ambiante.

Bien sûr, je ressentis une sensation délicieuse, mes frères, délicieuse. Je me dis alors : “Je suis en corps Astral, là il n’y a plus le moindre doute.” Je me rappelai que j’avais laissé mon corps physique endormi dans mon lit quelques heures plus tôt, et qu’en me déplaçant dans l’Astral j’étais arrivé ici, à ce cabinet de travail.

Je rentrai dans ce cabinet, me rassis devant la dame et lui adressai la parole avec beaucoup de respect, lui disant : “Voyez, madame, nous sommes en corps Astral.” La dame me regarda à peine, avec des yeux de somnambule, interrogative, elle ne saisissait pas, elle ne comprenait pas. Cependant, je voulus préciser un peu plus et je lui dis : “Madame, rappelez-vous que vous êtes allée vous coucher il y a quelques heures, ne vous étonnez pas de ce que je vous dis, il n’y a rien d’étrange à cela, votre corps physique est endormi dans votre lit et vous êtes ici, en Astral, en train de converser avec moi.”

Mais cette dame ne comprit absolument pas, elle était profondément endormie, elle avait la conscience endormie. Voyant que tout effort était inutile, comprenant que, même avec des coups de canon, cette pauvre dame qui ne s’était jamais consacrée à ce travail d’éveil de la conscience ne s’éveillerait pas, je décidai de m’en aller ; je lui demandai de m’excuser et je partis.

Une fois sorti, je traversai l’espace et me dirigeai vers San Francisco, en Californie. J’avais besoin, à cette époque, de faire une investigation en relation avec une certaine école de pseudo-occultiste ou pseudo-ésotériste se trouvant dans cette ville. Alors donc, je m’en allai et soudain j’aperçus le long d’une route, un pauvre type qui s’était désincarné il y avait longtemps.

Durant sa vie le malheureux avait été porteur de fardeaux ; je m’approchai de lui et je lui dis : “Mon ami, tu t’es désincarné il y a longtemps, maintenant tu es mort, alors que fais-tu à transporter cette charge si lourde ?

Je travaille, me répondit-il.

Mon ami, tu étais porteur lorsque tu vivais, mais à présent tu n’existes plus dans le monde, tu t’es désincarné, ton corps est réduit en poussière dans le cimetière, ce lourd fardeau que tu portes sur tes épaules n’est rien d’autre qu’une forme mentale, tu comprends ?”

Mais c’est comme si j’avais parlé en chinois à ce pauvre homme ; il ne comprenait pas un iota de ce que je disais. Il me regardait avec des yeux de somnambule. Je décidai alors de flotter autour de lui, dans l’atmosphère environnante, dans le but de lui faire éveiller sa conscience, je voulais qu’il se rende compte que quelque chose d’étrange se passait, car comment serait-il possible qu’un homme flotte autour de lui sans qu’il trouve cela insolite ?

Mais tout fut parfaitement inutile, cet homme me regardait avec des yeux d’ivrogne. Bon, il n’y a rien à faire, me dis-je. Aussi je poursuivis mon chemin en direction des terres californiennes, je devais effectuer une certaine recherche, je fis ce que j’avais à faire, j’investiguai sur ce qu’il me fallait investiguer, puis je revins à mon corps physique.

Joli voyage, n’est-ce pas ? Mais que serait-il arrivé si je m’étais laissé fasciner en contemplant la paire de papillons de verre, si je ne les avais pas observés attentivement et si je n’avais pas réfléchi sur eux, sur ce que je voyais à ce moment-là ? Je serais resté là toute la nuit, ébahi, à regarder ces deux papillons, et je n’aurais pas éveillé ma conscience.

Bon, pour faire suite à ces phénomènes curieux, je veux vous raconter une chose qui s’est passée plusieurs années après, trente ans peut-être, lors d’un voyage que je dus faire à Taxco, dans la province de Guerrero. Taxco est une petite ville très jolie située sur une pente et construite dans le style colonial, ses rues sont pavées comme à l’époque de la Colonie ; cette ville est très riche car on exploite dans ses parages plusieurs mines d’argent et on y vend de très beaux objets et bijoux en argent.

Il me fallait me rendre à cet endroit parce qu’il y avait là quelqu’un pour qui j’avais confectionné quelques remèdes, car il voulait que je l’aide à guérir, c’était un pauvre individu très malade.

J’arrivai donc chez lui, je traversai le jardin d’une belle demeure et entrai dans le salon. Je reconnus immédiatement la pièce ; il y avait là une dame, je la regardai et la reconnus, la même que j’avais vu dans l’Astral plusieurs années auparavant, assise à la table de travail, sauf que cette fois-ci elle n’était pas dans le bureau mais dans le salon.

Elle m’invita à passer devant et je pénétrai dans le fameux bureau de l’avocat, où je m’étais rendu il y avait très longtemps. Mais au lieu de la dame, c’est son mari que je rencontrai dans le cabinet, un homme possédant une excellente éducation et qui pratiquait la profession d’avocat sans en avoir le titre officiel, il était donc ce qu’on appelle à certains endroits un avocaillon. Bref, c’est lui qui se trouvait assis là dans ce cabinet ; à mon arrivée il se leva pour me souhaiter la bienvenue, puis il me fit asseoir en face de sa table de travail.

Je reconnus immédiatement le cabinet de l’avocat, de même que j’avais reconnu la dame, et comme cet homme s’intéressait à ces études de type spirituel, comme il aimait tout ce qui était en rapport avec l’ésotérisme, nous conversâmes, nous dialoguâmes un moment sur ces questions. Je le surpris un peu lorsque je lui dis : “Monsieur, je suis venu ici il y a quelque temps, j’étais en corps Astral, en dehors de mon corps physique, et vous n’êtes pas sans savoir qu’en Astral on peut se déplacer dans les airs et aller d’un endroit à un autre.” Le Monsieur connaissait un peu ces choses, cela ne lui parut donc pas trop extravagant.

J’ajoutai : “Il y avait sur ce bureau deux papillons de verre, que se passe-t-il ? Où sont les papillons ?” Il me répondit aussitôt : “Les papillons sont ici, ici même, voyez.” Il enleva quelques journaux et revues qui se trouvaient sur le secrétaire et je vis les deux magnifiques papillons de verre.

Il était évidemment assez surpris que je connaisse l’existence de ces papillons. Puis je lui dis : “Il manque encore quelque chose, je vois un chandelier à sept branches, mais il y en avait deux, où se trouve l’autre, qu’est il devenu ?”

“L’autre est là, regardez”, me répondit l’avocat. Il écarta une pile de papiers et journaux, et sortit l’autre chandelier, il apparut pour confirmer davantage mon affirmation. L’homme était visiblement de plus en plus étonné. Alors je lui dis : “Savez-vous que je connais aussi votre femme, mais quand je suis venu en Astral c’est elle qui était assise derrière le secrétaire.” Le monsieur était stupéfait.

À l’heure du repas, nous nous assîmes tous les trois autour d’une table ronde et alors il se produisit quelque chose de vraiment inusité ; la dame me dit, en présence de son mari : “Je vous ai rencontré, il y a longtemps de cela, je ne sais pas exactement où je vous ai vu, mais je suis certaine que je vous ai déjà vu quelque part, vous n’êtes pas une personne inconnue pour moi.”

Je donnai aussitôt un petit coup de coude au monsieur en lui disant : “Vous voyez ? Vous êtes convaincu de mes paroles ?” La stupéfaction de cet homme était à son comble. Malheureusement, et cela est très grave mes chers frères, l’homme était tellement accroché par sa secte, disons de type romaniste, qu’il n’est pas entré sur le chemin à cause de cela, pour la question du sectarisme. Sinon il serait venu à la voie, j’en suis persuadé, parce que je lui ai donné des preuves extraordinaires, des preuves qui furent pour lui frappantes et décisives, il en est resté abasourdi pour toujours, n’est-ce pas ?

Mais sa religion l’empoignait, l’obnubilait et il était entortillé dans tous ces dogmes de type religieux, dévoré par toutes ces croyances. J’ai tenu à vous relater cet événement très significatif qui s’est passé il y a déjà plusieurs années.

Passons à présent au troisième aspect nécessaire pour éveiller la Conscience : le lieu, l’endroit. Il ne faut pas que nous vivions inconscients ; lorsque nous arrivons à tel ou tel endroit, nous devons l’observer en détail, très attentivement, et nous interroger nous-mêmes en nous demandant : Pourquoi suis-je ici à cet endroit ? Et à propos, vous qui êtes en train de lire ce livre, dites-moi, vous êtes-vous demandés qu’est-ce que vous faites à cet endroit, pourquoi vous êtes là ? Avez-vous pris la peine d’observer l’endroit où vous lisez, le plafond, ou les murs, ou l’espace qui vous entoure ? Avez-vous observé le plancher, le siège où vous êtes installés ? Avez-vous bien tout examiné en haut, en bas, de chaque côté, derrière ou devant vous ?

Vous avez bien regardé les murs, autour de vous, pour vous poser la question : Où suis-je ? (Et s’il y a plusieurs personnes :) Où sommes-nous ? Et si vous ne l’avez pas fait, alors ne seriez-vous pas par hasard en train de lire ce livre de façon inconsciente ? Une chose est claire : on ne doit jamais vivre de manière inconsciente, peu importe où l’on se trouve, chez soi ou sur la rue ou dans une église, dans un taxi, sur mer, en avion, au travail, dans un magasin, etc., où que l’on soit et quoique l’on fasse, la première question que l’on doit se poser c’est : pourquoi suis-je ici ? Qu’est-ce que je fais à cet endroit ? Regardez attentivement tout ce qui vous entoure, le plafond, les murs, le plancher ou le décor, le paysage environnant. Cette observation minutieuse ne doit pas être effectuée uniquement lorsque vous vous trouvez dans un parc, une maison, un endroit inconnu, mais aussi chez vous, dans votre propre maison : vous devez regarder votre maison quotidiennement, chaque fois que vous y entrez et à tout instant, comme si cet endroit était pour vous quelque chose de nouveau ou d’inconnu. Et vous devez aussi vous poser cette question : pourquoi suis-je dans cette maison ? Comme c’est curieux, et regarder le plafond, les murs, le sol et les meubles, tout cela en détail, afin de vous demander encore : qu’est-ce que je fais à cet endroit ? Où suis-je ? Serais-je en Astral ? Et vous faites un petit saut avec l’intention de flotter dans l’espace.

Mais il peut arriver qu’une personne ne flotte pas et se trouve pourtant en Astral. Alors, si vous ne flottez pas dans les airs, montez sur une chaise, ou une petite table, ou un banc, ou quoique ce soit, et sautez pour voir si vous allez voler dans l’espace ambiant. Donc, si vous avez commencé par faire un petit saut et que vous ne volez pas, et si vous voulez en avoir le cœur net, le mieux c’est de monter sur quelque chose qui vous permette de sauter et de faire l’expérience pour voir si vous flotterez, en vous élançant de votre support avec l’intention de voler dans les airs. Il est évident que si vous êtes en Astral vous flotterez, sinon vous retomberez sur le sol.

Ainsi donc, pour récapituler, division de l’attention en trois parties…

  1. Sujet, c’est-à-dire par rapport à soi-même, ne pas s’oublier soi-même un seul instant, être constamment en rappel de soi.
  2. Objet, c’est-à-dire observer toutes les choses comme je l’ai fait dans le cas des papillons de verre. Que feriez-vous si, en ce moment même où vous lisez ce livre, survenait une personne qui serait morte depuis plusieurs années et qui vous parlerait ? Seriez-vous assez ingénu ou ingénue, seriez-vous assez niais pour ne pas vous poser ces questions : qu’est-ce qui se passe ? Serais-je en astral ? Seriez-vous si peu soucieux de tenter l’expérience et de faire le petit saut ?

    N’oubliez pas que n’importe quel détail, si insignifiant soit-il, doit nous être un prétexte pour nous faire ces réflexions.

  3. Lieu, nous avons dit que tout endroit doit être étudié attentivement et que nous devons partout nous poser la question : pourquoi suis-je ici ?

Donc, rappelez-vous : Sujet, Objet et Lieu : division de l’attention en trois parties. Si l’on prend l’habitude de vivre toujours avec notre attention divisée dans ces trois parties : Sujet, Objet et Lieu, si l’on prend l’habitude de faire ce petit exercice chaque jour et à tout instant, seconde après seconde, cette habitude se gravera profondément dans la Conscience et, durant la nuit, pendant notre sommeil, nous finirons par faire le même exercice que nous faisons dans le physique et le résultat sera alors l’éveil de la Conscience.

Vous n’êtes pas sans savoir que souvent nous faisons durant notre sommeil nocturne la même chose que nous avons l’habitude de faire durant le jour ; beaucoup, par exemple, travaillent le jour à l’usine, dans un magasin ou un bureau, ou sur la route comme commis voyageur et, la nuit, durant leur sommeil, ils accomplissent exactement la même chose que pendant le jour, ils rêvent qu’ils sont à l’usine, au bureau ou avec un client, etc. Il est indéniable que tout ce que l’on fait dans le jour, on le fait aussi durant la nuit, c’est-à-dire qu’on rêve à cela pendant la nuit. Par conséquent, il importe d’effectuer la pratique de la “clé de Sol” (Sujet, Objet, Lieu) à toute heure du jour, à tout instant, à chaque seconde, pour arriver à l’effectuer pendant notre sommeil, la nuit, et ainsi éveiller notre Conscience.

Il est indubitable que toute personne, lorsqu’elle dort, sort de son corps ; son Essence se détache alors du véhicule physique pour entrer dans le monde Astral où la personne répète la même chose qu’elle fait durant le jour. Si cette personne pratique pendant la journée l’exercice de l’analyse et de la division de l’attention en trois parties, elle ne manquera pas de répéter cet exercice durant son sommeil, déclenchant l’étincelle qui éveillera la Conscience.

On s’éveille instantanément, notre Conscience s’éveille dans l’Astral, et l’on peut alors, dans le monde Astral, invoquer les Maîtres, appeler l’Ange Anaël, ou Adonaï, le fils de la lumière et de la joie, ou le Maître Kout-Humi, pour qu’ils viennent nous instruire, nous enseigner.

Pour invoquer les Maîtres, on utilise des mantras, je vais vous enseigner une de ces formules d’appel que vous apprendrez. Nous allons appeler l’Ange Adonaï de cette façon :

Adonaï, venez ici, venez ici, venez ici, Antia… Da Ouna Sastasa… Adonaï, Adonaï, Adonaï… Aaaaaoooommmm… Adonaï, Adonaï, Adonaï…

On continuera d’appeler de cette façon jusqu’à ce que le Maître vienne ; il viendra nécessairement, et une fois qu’il sera là on pourra converser avec lui, lui poser toutes les questions que nous voulons, lui demander tout ce que nous désirons, mais avec beaucoup de respect.

Nous pouvons aussi appeler n’importe quel autre Maître, Morya, le Comte de Saint-Germain, etc., et ceux qui m’invoquent peuvent être sûrs que j’accourrai à leur appel. Ainsi donc, je vous donne la méthode pour recevoir l’enseignement directement, et si vous voulez vous rappeler vos vies passées, invoquez les Maîtres de la Loge Blanche, Kout-Humi, Hilarion, Morya, etc., et priez-les d’avoir l’amabilité, la bonté de vous faire vous rappeler vos existences antérieures, vous faire revivre vos vies passées. Vous pouvez être certains que le Maître vous accordera votre demande.

Je vous donne cette méthode pour que vous receviez la connaissance directe. Vous pourrez aussi vous rendre au Tibet, aller au fond des mers, voire même sur d’autres planètes, si vous le voulez.

Je vous ai donc enseigné le chemin, la voie qui vous permettra de recevoir directement les connaissances. C’est pour cette raison que je vous dis, mes frères, réveillez-vous ! Réveillez-vous ! Réveillez-vous ! Cessez de vivre votre vie comme des inconscients, des endormis, car c’est très triste, je vous assure, de voir tous ces endormis déambuler de façon inconsciente dans l’Astral, de les voir, même après la mort, toujours endormis, inconscients, rêvant à des conneries ! Ils naissent et meurent sans savoir comment ni pourquoi, mais je ne veux pas que vous restiez dans une inconscience aussi affreuse, je veux que vous vous éveilliez, compris ?

Nous avons parlé très clairement sur cette question tellement importante de l’éveil de la Conscience, car je veux vous voir éveillés, bien éveillés. Cela m’attriste de vous voir endormis. Donc, je vous le répète, éveillez-vous ! Bon, c’est tout pour aujourd’hui. »

Nous quittâmes le parc et, une fois rendus à la maison, le Maître entreprit de répondre au monceau de lettres qui lui étaient parvenues de tous les coins du monde. Pendant ce temps, je méditais sur ce qu’est un Avatar ; un homme simple, côtoyant la Vie et la Vérité et qui doit vivre parmi le peuple, inaperçu de tous les profanes, accomplissant sa mission sacrée sans égard aux fatigues, outrages, persécutions, sacrifices, et fournissant continuellement de suprêmes efforts.

Comment faire comprendre aux gens que les Maîtres de compassion, les Maîtres de lumière incarnés actuellement, sont là pour essayer de « sauver le chapeau du noyé », au prix de formidables efforts pour racheter une partie de toutes ces Essences incarnées dans notre monde et enfermées dans la légion ténébreuse ?

Quels sacrifices doit accomplir un Maître, quelles souffrances doit-il supporter pour arriver à nous donner la connaissance et nous indiquer le chemin qui conduit à la libération ! Et que les hommes sont endormis et insouciants, totalement identifiés au monde matériel, ils ne soupçonnent pas le moins du monde les tourments que la nature nous réserve pour notre propre ingratitude et notre mépris des choses divines et sacrées que nous enseignent les grands Sages.

Après avoir travaillé tout le reste du jour à répondre à son abondant courrier, le Maître sortit de son bureau et se retira dans sa chambre de méditation ; le Maître médite trois heures chaque jour, sans jamais manquer, sous aucun prétexte, aucune justification, rien ne peut l’empêcher de méditer au moins trois heures tous les jours.

 

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