La Transformation Radicale

(Exercices de lamaserie)

 

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3. La Kundalini et la Création des Corps Internes

Les paroles du Maître fouettèrent mon enthousiasme et mon désir de poursuivre avec plus d’intensité mes pratiques ésotériques.

Peu après, avec un grand sourire, le Maître me dit : « Tu resteras ici dans la maison, on va préparer pour toi un lit, en haut, dans la chambre d’Horus, notre fils, et tu dormiras ici pendant tout le temps que tu resteras à Mexico. »

Je ne trouvais pas de mots pour remercier le Maître de ce geste extrêmement généreux : c’était pour moi la plus belle récompense que le Ciel pouvait m’accorder au terme de toutes ces années d’efforts.

Le jour suivant, devant se rendre à Cuernavaca, le Maître m’invita à l’accompagner. Durant le trajet en automobile, nous avons eu l’occasion de converser amplement. Le Maître me dit :

« Je suis très heureux que tu sois venu ici, au Siège Patriarcal du Mouvement Gnostique International, car nous allons t’enseigner des choses pratiques, des méthodes puissantes pour éveiller la conscience, des techniques précises pour les états de Jinas, enfin, tu verras.

J’ai beaucoup lutté ici, au Mexique, pour former le Mouvement : dix-huit ans d’un labeur quotidien, d’un travail ininterrompu de diffusion de l’enseignement gnostique.

Au bout de ces années de luttes inlassables, nous avons réussi à former un groupe de paladins gnostiques, de gens prêts à tout pour faire un gigantesque Mouvement puissant qui s’étendra de la frontière des États-Unis jusqu’à celle du Guatemala, et de l’Atlantique au Pacifique.

Tout cela est une question de travail intense, de luttes infatigables. Aujourd’hui donc, nous avons plusieurs groupes bien organisés, nous avons des bases très solides pour le gigantesque labeur qui nous attend, car le Mouvement Gnostique au Mexique sera très bientôt un puissant Mouvement bien organisé en accord avec la Loi cosmique.

Il y a dans la Première Chambre beaucoup de gens, beaucoup d’aspirants aux études de premier cycle. Dans la Deuxième Chambre, il y en a un peu moins, parce qu’ils ont besoin, pour y entrer, d’une bonne préparation, je suis assez exigeant pour les étudiants qui veulent passer à la Deuxième Chambre.

Je veux être certain que les aspirants à la Deuxième Chambre seront bien décidés, car divers aspects ésotériques requérant beaucoup de responsabilité entrent en jeu, comme les rituels, etc., et il va de soi que l’étudiant doit faire preuve de beaucoup de vénération, de respect et de responsabilité.

L’étudiant qui entre en Deuxième Chambre doit être dûment préparé pour apprécier la valeur ésotérique de la Liturgie ; je ne pourrais pas admettre en Deuxième Chambre des individus qui ne soient pas tout à fait décidés, ce serait absurde, cela leur ferait du tort et ferait du tort à tout le groupe. C’est pour cette raison que je ne suis pas pressé de faire passer quelqu’un à la Deuxième Chambre, j’attends même souvent un an ou deux ans, et il y a des personnes que je fais attendre jusqu’à trois ans avant de les faire passer en Deuxième Chambre, parce qu’elles ne donnent pas la note qu’il faut, la note juste.

Maintenant, en ce qui concerne la Troisième Chambre, ils sont peu nombreux car ils doivent être très bien décidés, fermement résolus à faire le travail ésotérique. La Troisième Chambre fonctionne, ici, dans un Sanctuaire très spécial, nous t’y emmènerons pour que tu voies comment elle fonctionne ici au Siège Patriarcal.

La Troisième Chambre n’a qu’un seul objectif : éveiller la Conscience ; ici, nous travaillons en groupe pour l’éveil de la Conscience à l’aide de méthodes pratiques et efficaces.

Nous avons parmi nous des individus qui travaillent déjà en Jinas (ou Djinn), il y a des frères qui travaillent parfaitement dans la quatrième dimension, qui voyagent avec leurs corps physique dans la quatrième coordonnée, la quatrième verticale. Il y a des personnes qui sont allées au Tibet, en état de Jinas, avec leur corps de chair et d’os, ce sont des gens de Troisième Chambre, évidemment.

On travaille très intensément avec la concentration, la méditation, le Samadhi, etc. Ici, les frères de Troisième Chambre s’éveillent très rapidement parce qu’on travaille à toute vapeur, de façon pratique, pour sortir en corps Astral, en Jinas, pour atteindre l’extase, et je ne suis pas content jusqu’à ce qu’ils soient complètement éveillés.

Un jour viendra où, ici au Mexique, nous nous réunirons seulement en état de Jinas et ceux qui ne seront pas capables d’accourir avec leur corps en état de Jinas vont rester en dehors. Il y en a actuellement, en Troisième Chambre, qui travaillent très fort, et d’autres qui ont déjà eu le bonheur d’atteindre leur but. C’est cela l’essentiel : travailler ardemment dans les pratiques.

Un jour, donc, tous devront accourir en état de Jinas et seuls ceux qui pourront venir en Jinas seront admis dans la Troisième Chambre ; c’est ainsi que nous travaillons ici mon estimable Frère. »

Le Maître me parla ensuite de l’objet de sa mission en tant qu’Avatar de l’Ère du Verseau, des différentes étapes par lesquelles il est passé dans son actuel véhicule physique ou corps cellulaire et de la façon dont il s’était « levé d’entre les morts ».

« C’est incroyable, dit-il, les efforts que mon Être Réel a déployés pour que je m’élève. J’ai été forcé de le faire, car il ne me laissait pas une minute tranquille ; je venais à peine de me coucher, par exemple, qu’il me faisait sortir de mon corps physique en corps Astral.

Mon Être Réel interne a lutté et lutté désespérément pour que je me lève de la boue de la terre, il ne m’a pas laissé une seconde tranquille, jusqu’au jour où je suis revenu au vrai chemin.

Dans son livre, la Divine Comédie, Dante dit qu’au début il marchait dans les ténèbres, il commence son livre par ces mots : “Lorsque j’eus quitté le droit chemin et que je fus tombé dans une forêt très obscure.” Et bien, c’est exactement cela, j’avais perdu le droit chemin, j’étais un Boddhisattva tombé, mais mon Être Réel m’a ramené au droit chemin et il m’a relevé, maintenant je suis debout une autre fois.

Lorsque l’Être Réel veut élever quelqu’un, il fait de suprêmes efforts pour qu’il s’élève. Maintenant, grâce à Dieu, nous luttons et travaillons sous les ordres de notre Père.

Ce qu’il faut c’est que les gens reçoivent l’enseignement, que tous reçoivent le Message et qu’ils sachent en profiter, c’est cela qui est important, n’est-ce pas ? »

Une fois que le Maître eut complété ce qu’il avait à faire à Cuernavaca, nous retournâmes à Mexico.

Je me sentais imprégné de cette force spirituelle qui irradiait de lui, le cœur rempli de vibrations positives, parfaitement heureux, plein d’harmonie. Les préoccupations et les soucis de la vie s’évanouirent du panorama de mon existence.

Le jour suivant, j’acceptai avec joie la cordiale invitation du Maître à assister aux activités de la Deuxième Chambre.

Il y avait beaucoup de gens arrivés au temple de la Deuxième Chambre, des étudiants de la Seconde Chambre. Le Maître entra et nous suivîmes. Je remarquai divers symboles à l’entrée, des signes du Zodiaque, des tableaux astrologiques, les deux colonnes de chaque côté de l’entrée, le Gardien à la porte, et, à l’intérieur, des chaises où nous allâmes nous asseoir.

Le Maître, passant devant, me présenta à la communauté, comme si j’étais quelqu’un d’important, ayant une certaine valeur sociale ou spirituelle ; réellement, lorsqu’on n’est rien, qu’on ne vaut rien, on ne s’attend pas à ce qu’un grand Hiérarque prenne la peine de nous présenter. Aussi c’est avec une grande surprise que je me suis levé de mon siège, pour remercier le Maître et saluer les assistants.

Après avoir entretenu les gens de certaines questions d’organisation interne, le Maître revêtit une tunique de lin blanc avec une croix jaune or sur le côté gauche de la poitrine, puis avec une attitude de grand respect et de gravité, il prit place et commença :

« Nous allons nous entretenir ce soir de choses très importantes. Quel est exactement l’objet de ces études ? Quel est le but que nous poursuivons, qu’est-ce que nous voulons ?

C’est une chose sur laquelle nous devons réfléchir profondément. Avant tout, je veux que vous sachiez que derrière ce soleil qui nous éclaire et nous donne la vie, il y a l’Absolu Solaire Sacré.

Chacun de nous a, dans le Soleil Absolu Sacré, la racine même de son Être. On nous a beaucoup parlé de l’Ain-Soph Paranishpana ; cet Ain-Soph est l’Étoile intérieure qui nous a toujours souri.

Un auteur très sage disait : “Je lève les yeux vers les étoiles, desquelles je veux obtenir l’aide, mais je suis toujours l’Étoile qui me guide à l’intérieur.”

Cette Étoile, c’est l’Ain-Soph Paranishpana. Indubitablement, mes chers frères, de l’Ain-Soph émane le Souffle éternel incessant, profondément inconnu de lui-même.

De l’actif Okidanokh omniprésent, Omnipénétrant, omniscient, de ce rayon formidable qui nous unit à l’Ain-Soph Paranishpana situé, comme nous l’avons dit, dans l’Absolu Solaire Sacré, découlent les trois Forces primaires.

La première, nous l’appellerons la Sainte-Affirmation, la seconde, la Sainte-Négation, et la troisième, la Sainte-Conciliation. Dans le langage de l’Inde, nous pourrions appeler la première force Brahma, la seconde Vishnou et la troisième Shiva. Ce sont les trois forces Positive, Négative et Neutre.

Chacun de nous en particulier possède en lui-même ce rayon qui l’unit à la Grande Réalité, chacun de nous a en lui-même ces trois forces. Bref, chacun de nous est connecté à l’Absolu Solaire Sacré.

Si nous pensons en termes macrocosmiques, mais en regardant le monde à partir du Microcosme-Homme, nous verrons comment le Saint-Okidanokh Omnipénétrant et omniscient est infiltré mais non emprisonné dans les mondes.

À l’origine de la manifestation, le Saint-Okidanokh émane de lui-même les trois forces nécessaires à la Création. Réellement, toute création a son principe dans ces trois forces, Positive, Négative et Neutre.

Si nous observons attentivement les créatures de toute la nature, nous verrons que chez les animaux unicérébrés, c’est-à-dire, ne possédant qu’un seul cerveau, comme les escargots, les insectes qui ne durent qu’une matinée de printemps, les mollusques, etc., une seule force s’exprime.

Chez les animaux bicérébrés, les animaux d’un ordre supérieur, tels que les oiseaux, les quadrupèdes, etc., se manifestent deux forces. C’est seulement chez “l’animal intellectuel” erronément appelé homme que s’expriment les trois forces ; c’est pour cela que seul l’animal intellectuel pourrait parvenir à cristalliser à l’intérieur de lui-même les trois forces primaires de la nature, et c’est précisément ce que veut l’Absolu Solaire Sacré.

C’est notre devoir de lutter pour obtenir la cristallisation en nous-mêmes de ces trois forces primaires de la Nature.

Celui qui réussit à cristalliser en lui-même les trois forces primaires, atteint l’état Logoïque, il parvient au but, il gagne le droit de retourner au Soleil Absolu Sacré.

C’est exactement ce que veut l’Absolu Solaire Sacré, réaliser à l’intérieur de nous, dans le domaine psychophysiologique, psychosomatique, etc., la cristallisation des trois forces primaires de la Nature ; c’est ainsi seulement que nous parvenons à nous convertir en ce que l’on nomme l’Adam Céleste, l’Adam Kadmon des kabbalistes.

Nous sommes appelés, donc, à cristalliser ces trois forces de la Nature en nous-mêmes, ici et maintenant. Qu’est-ce qu’un Maître Kout-Humi ? Un homme qui a cristallisé les trois forces primaires à l’intérieur de lui-même.

Qu’est-ce qu’un Maître Morya ? Un homme qui a cristallisé les trois forces à l’intérieur de lui. Qu’est-ce qu’un Jésus de Nazareth ? Un homme qui a réussi à cristalliser ces trois forces en lui-même. Qu’est-ce qu’un Sanat Kumara ? Quelqu’un qui a réussi à cristalliser en lui-même les trois forces primaires de la Nature et du Cosmos.

Il ne s’agit pas simplement, mes chers frères, de les incarner. Si nous remplissons un verre avec de l’eau, on peut renverser cette eau, le verre peut se briser et l’eau se perdre ; c’est autre chose de cristalliser cette eau à l’intérieur du verre, ainsi elle reste fixe, ferme.

Il se produit la même chose avec le Logos : si nous nous limitons uniquement à l’incarner, il sera alors comme un habitant à l’intérieur de nous, sans plus, un peu comme l’eau dans le verre ; il pourrait s’échapper à n’importe quel moment, il ne serait, à l’intérieur de notre corps, que de passage, en visite.

Le cristalliser c’est différent, et c’est précisément ce qu’il nous faut faire ; mais allons au fond des choses, car nous sommes réunis ici pour savoir, nous voulons savoir. Il n’y a pas de doute que chacun de nous peut se convertir en un Logos.

Il est indubitable que chacun de nous peut parvenir à la cristallisation des trois forces primaires à l’intérieur de lui-même, ici et maintenant ; l’important c’est de savoir comment, de connaître le procédé, la technique, la méthode, le système infaillible, exact et précis. Heureusement, ce système existe.

Avant tout, nous devons commencer par éveiller la Kundalini, le Serpent Igné de nos pouvoirs magiques, si vraiment nous voulons obtenir la cristallisation des trois forces primaires à l’intérieur de nous-mêmes, ici et maintenant.

Cette Kundalini Shakti est aussi le Prana, la Vie. Elle se trouve enroulée, comme nous le savons déjà, trois fois et demie sur elle-même à l’intérieur du chakra Muladhara ; ce centre magnétique se trouve situé exactement dans l’os coccygien. Dans l’Ésotérisme chrétien, ce centre est connu sous le nom d’Église d’Éphèse.

Il y a une foule de techniques par lesquelles on prétend pouvoir susciter l’éveil de la Kundalini. J’ai vu une fois dans un film quelque chose de très curieux, une méthode assurément barbare, utilisée en Inde.

Il y avait là un Yogi avec l’os coccygien à nu, à découvert ; on lui avait ouvert cette partie avec un couteau, on avait coupé la peau et la chair qui recouvrent l’os.

Le procédé, pour le moins barbare, consistait en ceci : d’autres yogis, avec un chiffon ou un morceau de tissu, frottaient vigoureusement le coccyx de la victime, avec l’intention évidente d’éveiller sa Kundalini. C’est un système réellement épouvantable, inhumain, barbare.

Cette façon de frotter avec le morceau d’étoffe, à la manière de ceux qui astiquent leurs chaussures ou l’argenterie pour les faire briller, avait une odeur d’atroce ignorance, d’insanité. Il va sans dire que le Serpent Igné de nos pouvoirs magiques ne pourra jamais être éveillé de cette façon.

D’autres essaient d’éveiller la Kundalini au moyen du Pranayama, on inhale par la narine droite, on retient la respiration, puis on exhale par la narine gauche, et vice-versa ; on se sert du pouce et de l’index pour contrôler le va-et-vient du souffle, pour boucher et déboucher alternativement les deux narines.

Je ne nie pas la valeur du Pranayama, c’est un système grandiose pour vitaliser le corps physique, mais il ne peut servir à éveiller la Kundalini, le Serpent Igné de nos pouvoirs magiques. Cependant, il peut arriver que des étincelles jaillissent, se détachent du coccyx, s’élèvent par les Nadis ou canaux éthériques, alors surviennent des moments d’illumination, et le Yogi croit qu’il a éveillé la Kundalini.

Mais ce n’est pas le cas : la Kundalini est toujours enroulée dans le chakra Muladhara.

Certains supposent qu’il suffit à leur saint gourou d’étendre la main au-dessus du Chela pour que s’éveille sa Couleuvre Ignée, mais cette conception aussi est fausse, elle ne repose sur rien. Le Serpent magique ne peut être éveillé, mes chers frères, que par un seul et unique procédé : le Sahaja Maïthuna. Je l’ai enseigné dans toutes mes œuvres et je le répète à satiété dans toutes mes conférences.

À cet égard, on pourrait nous qualifier de fanatiques du Sexe. Oui, l’être humain cherche toutes sortes d’excuses, de justifications pour ses faiblesses, d’échappatoires, de formes diverses d’autotromperie pour ne pas prendre l’unique chemin, le chemin étroit du Sexe.

Une fois, je vous l’ai déjà raconté à plusieurs reprises, me trouvant en état de Samadhi ou de Satori, j’interrogeai Devi Kundalini. Je lui demandai : “Est-il possible que quelqu’un, là-bas, dans le monde physique, puisse s’autoréaliser sans avoir besoin de la Magie Sexuelle ?”

La réponse fut terrible : “Impossible, mon fils, ce n’est absolument pas possible !” Je restais pensif.

Lorsque nous songeons à tous ces gens sincères mais dans l’erreur qui abondent dans le monde et qui croient que c’est au moyen du célibat qu’ils pourront parvenir à l’Autoréalisation intime de l’Être, nous ne pouvons moins que ressentir une grande compassion pour l’humanité égarée.

Ceux qui pensent ainsi, ceux qui défendent le célibat, non seulement ignorent, mais en outre ignorent qu’ils ignorent ; non seulement ils ne savent pas, mais en plus ils ne savent pas qu’ils ne savent pas.

Si ces gens avaient éveillé complètement le sens spatial, ils pourraient constater par eux-mêmes directement la crue réalité concernant l’animal intellectuel.

Ils se rendraient alors à l’évidence qu’ils ne possèdent pas réellement ces corps existentiels suprasensibles dont parlent les pseudo-ésotéristes et pseudo-occultistes.

Lorsqu’une personne qui a développé réellement ses chakras étudie attentivement la constitution interne de l’humanoïde, elle peut sans l’ombre d’un doute se rendre compte que tous les gens ne possèdent qu’un seul corps, le corps physique et rien d’autre. Du Lingam Sarira des hindous, de la Mumie de Paracelse, qu’en est-il donc ?

Le corps vital n’est en réalité que la partie supérieure du corps physique, et au-delà de ce même corps cellulaire avec son assise vitale, qu’est-ce que les gens ont en commun ?

L’Ego ! Oui, voilà ce que les gens ont en plus : l’Ego ! Le Moi, le Je, le Soi-même ! Cet Ego peut être confondu avec le corps Astral, et beaucoup de pseudo-ésotéristes et de pseudo-occultistes ont commis cette confusion, non seulement dans le passé, mais encore aujourd’hui, ils continuent toujours de confondre les deux.

L’Ego est une somme de valeurs négatives ; une poignée, une grappe, dirions-nous, de passions, haines, jalousies, méfiance, fornication, envie, orgueil, etc.

Cet Ego n’est pas le corps Astral. Il est nécessaire de prendre conscience de cette réalité et ce n’est possible que si l’on éveille ses chakras.

Il est très important d’en arriver à constater cette vérité au sujet de l’animal intellectuel ; mais seul celui qui a éveillé sa conscience peut faire cette constatation.

L’inconscient, l’endormi, ne pourra jamais le faire. Les diverses écoles et courants de pensée pseudo-occultistes et pseudo-ésotéristes nous disent que l’homme a un corps Mental. Je l’admets en ce qui concerne l’homme véritable, mais je ne pourrais l’admettre pour l’animal intellectuel appelé à tort homme.

Je le répète : le bipède tricérébré ou l’homoncule rationnel, pour être plus clair, n’a pas de corps Mental ; il n’a pas un Mental, un centre unique de pensée, mais une foule de centres de pensée, ce qui est une chose très différente.

Je m’explique : l’Ego est une somme d’agrégats psychiques ou d’entités pernicieuses qui personnifient nos erreurs, et il est indubitable que chacune de ces particules diaboliques possède son propre mental. En d’autres mots, nous dirons que l’Ego est une somme de “Moi”, ce n’est pas un Moi unique mais un Moi pluralisé, une foule de Moi qui vit à l’intérieur de chaque individu.

Peu de gens comprennent cela, quelques-uns seulement, le petit nombre, et cependant, il faut que tous nous le comprenions. Le Moi de la colère, le Moi de la fornication, le Moi de la haine, le Moi de la violence, etc., sont des Moi différents qui s’emparent à tour de rôle des centres fonctionnels de l’humanoïde pour agir à travers lui. À première vue on ne les voit pas, mais avec le sens spatial on peut les voir.

Celui qui a le sens spatial pourra vérifier ce que je suis en train de dire.

Cet ensemble de Moi est très mouvant, très instable, et constitue l’Ego. Le fait que chacun de ces Moi a son propre mental, son propre type de pensée, est la stricte vérité : quand nous sommes en colère ou que nous sommes pleins de haine, nous voyons tout en noir ; quand l’envie nous envahit, nous voyons différemment, nous rageons devant le triomphe des autres ; quand le Moi de la gourmandise s’empare de nous, nous pensons et réagissons de façon tout à fait différente, etc.

Lorsque nous avons des projets dans notre mental, nous croyons, nous sentons que nous sommes des génies. Chaque Moi qui contrôle les centres capitaux de la machine humaine se pense le maître, le seigneur, l’unique.

Un individu qui jure amour éternel à une femme, est victime d’un Moi qui le lendemain est remplacé par un autre qui n’a rien à voir avec ce serment ; le Moi qui s’enthousiasme aujourd’hui pour les études gnostiques, le Moi qui nous a fait venir ici à ce centre, est peu après détrôné par un autre Moi qui n’a rien à voir avec ces études, et nous voyons alors la personne se retirer, sous n’importe quel prétexte, pour ne plus revenir.

Ainsi donc, nous sommes des machines manœuvrées par une foule d’entités perverses ; nous ne sommes pas des individus, nous ne nous sommes pas encore individualisés, nous nous trouvons dans un état lamentable mais nous nous croyons des dieux.

Réfléchissons profondément sur cela. Quel mental, quel centre de pensée avons-nous donc, si le mental qui aujourd’hui pense une chose est déplacé demain par un mental qui pense autre chose ? L’animal intellectuel n’a pas de corps Mental. Dans ces conditions, nous devons bien réfléchir à notre situation réelle.

On nous a dit que nous avons un corps Causal ; c’est ce qu’affirment les pseudo-ésotéristes et les pseudo-occultistes. Mais le corps Causal, c’est le corps de la Volonté consciente.

L’homme qui possède la Volonté consciente n’est jamais victime des circonstances, il peut les déterminer à volonté, il n’en est pas victime. Celui qui est victime des circonstances n’a pas le corps de la Volonté consciente, il ne le possède pas, car s’il le possédait, il cesserait d’être victime des circonstances. Mais les pseudo-occultistes croient néanmoins que l’homme a bel et bien ce corps de la Volonté.

Les faits nous démontrent le contraire ; les faits sont les faits et devant les faits nous devons nous incliner.

Ainsi donc, l’unique chose que nous possédions à l’intérieur de nous, c’est la bête, c’est l’Ego animal. En réalité, il y a quelque chose de plus noble à l’intérieur de nous et c’est l’Essence ; l’Essence est ce que nous avons de plus élevé, de plus précieux, mais cette Essence est embouteillée au milieu de tout cet ensemble de Moi querelleurs et criards qui contrôlent notre machine organique.

L’Essence est endormie, conditionnée, embouteillée, absorbée par tous ces Ego bruyants et querelleurs. Par conséquent, cette Essence ne peut fonctionner qu’en vertu de son propre conditionnement.

Voilà donc dans quel état déplorable nous nous trouvons, mes chers frères, et la seule panacée que nous offrent les “ignorants instruits” du pseudo-occultisme et du pseudo-ésotérisme bon marché c’est le célibat.

Croyez-vous que cet absurde célibat pourrait nous convertir en dieux ? Il y a un peu partout des communautés entières, je ne veux pas les nommer, composées de religieux célibataires : lequel d’entre eux s’est autoréalisé ?

L’animal intellectuel erronément appelé homme, bien qu’il puisse manifester en lui-même les trois forces, ne représente réellement, dans toute sa force et dans toute sa plénitude, que la Sainte-Affirmation. Chez l’animal intellectuel appelé femme est active la seconde force, la Sainte-Négation.

Si l’on veut qu’il y ait une création, il faut indéniablement que les trois forces soient actives : voilà la clé du mystère de la création.

Lorsque la Sainte-Affirmation et la Sainte-Négation sont réconciliées par la troisième force, lorsqu’elles s’unissent au moyen d’une troisième force, lorsque ces trois forces se fusionnent, il en résulte une création.

Il est possible de créer le corps Astral dont parlent les authentiques Initiés, ce corps c’est l’Eidolon, le Véhicule sidéral. Pour ce faire, il est clair que nous devons utiliser les trois forces primaires de la nature ; l’homme et la femme unis dans la Forge des Cyclopes peuvent créer leur corps Astral, le véritable Corps Solaire Astral.

L’important c’est, comme nous le savons déjà, de ne pas faire sortir de l’organisme le sperme sacré, mais plutôt d’en produire toujours davantage pour le transmuter et le convertir en énergie.

Le résultat de cette savante transmutation c’est la cristallisation du corps Astral à l’intérieur de notre propre organisme. Beaucoup plus tard, nous aurons à créer le corps de la pensée, au moyen de l’Amour, au moyen de l’union sexuelle de l’homme et de la femme. C’est ainsi seulement que nous pourrons créer ce merveilleux instrument et enfin, le corps de la volonté consciente.

Nous avons déjà parlé clairement sur ce qu’est l’Hydrogène Sexuel Si-12 ; nous avons dit que si nous ne gaspillons pas notre sperme, si nous ne l’extrayons pas de l’organisme, il viendra indubitablement se cristalliser dans la forme du corps Astral.

Nous avons dit aussi que cet Hydrogène, s’il n’est pas perdu, prendra forme dans le corps Mental et enfin dans le corps Causal, mais il faut que l’union sexuelle s’accomplisse en accord avec la Loi Cosmique si l’on veut parvenir à créer les Corps Existentiels Supérieurs de l’Être.

C’est une chose, précisément, que ne savent pas les ignorants diplômés. Seul celui qui a créé ses Corps Solaires ou Corps Existentiels Supérieurs de l’Être, peut vraiment incarner à l’intérieur de lui-même son Âme Humaine et se convertir en un Homme doté d’une Âme, être un Homme Véritable.

Seuls les Hommes authentiques peuvent aspirer à l’Autoréalisation : nous devons donc, auparavant, nous convertir en Hommes.

Exprimons-le encore une fois avec force : Kundalini ne peut être éveillée que par le moyen du contact sexuel. Les Corps Existentiels Supérieurs de l’Être ne peuvent être créés qu’au moyen du Sahaja Maïthuna dans la Forge des Cyclopes.

L’animal intellectuel n’est pas encore un homme, mais il croit en être un ; il a, à l’intérieur de ses glandes sexuelles, la semence qui peut, si elle est développée, le transformer en un Homme Véritable. Mais il faut, pour nous convertir en Hommes, une révolution de la semence même.

Le célibat est donc l’opposé de la création ; par le célibat, personne ne peut créer les Corps Existentiels Supérieurs de l’Être. Une seule force, la masculine, ne pourrait accomplir aucune création, ne pourrait créer les Corps Solaires ; une seule force, la force féminine, ne pourrait non plus créer ces véhicules suprasensibles.

Il faut nécessairement l’union de la force masculine et de la force féminine, grâce à la conciliation qu’opère la troisième force. Les trois forces peuvent, elles, être à l’origine de nouvelles créations. C’est une chose que beaucoup d’ignorants instruits ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre.

Le Sahaja Maïthuna comporte plusieurs aspects très profonds et transcendantaux. La devise du Sahaja Maïthuna est Solve et Coagula, c’est-à-dire, dissoudre et coaguler. Dissoudre l’Ego, le Je, le Moi-même, et coaguler ou cristalliser l’Hydrogène Sexuel Si-12 dans la forme des Corps Existentiels Supérieurs de l’Être : voilà le chemin pour nous convertir en Hommes authentiques, légitimes et véritables.

Une fois convertis en Hommes dans le sens le plus complet du mot, nous pourrons jouir de la suprême Christification.

Grâce au Sahaja Maïthuna, nous créons les Corps de Feu et en utilisant la “Lance de Longin”, la “Lance d’Achille”, durant l’union sexuelle, nous pouvons désintégrer le Moi, le Je, le Soi-même, l’Ego ou la légion de diables.

Certains êtres humains veulent fuir, ils deviennent végétariens, etc., croyant qu’ainsi ils pourront se réaliser. Mais je vous le dis : nous avons besoin, réellement, de vivre en société, de vivre dans le monde, parce que les diverses circonstances de la vie sociale nous permettent d’autodécouvrir nos défauts cachés, que nous ne pourrions découvrir autrement ; ces défauts affleurent et si nous sommes alertes et vigilants, alors nous les apercevons ; tout défaut découvert doit être soumis à la méditation et désintégré par la Lance.

Une fois que le défaut est compris, nous devons procéder à son élimination ; il faut d’abord comprendre, ensuite éliminer. Nous pouvons comprendre, par exemple que nous avons le défaut de l’envie, et continuer à avoir ce défaut : il est nécessaire donc, d’éliminer le défaut observé et compris.

Il n’est possible d’éliminer les défauts, les entités de l’Ego, que dans la Forge des Cyclopes, c’est-à-dire, dans le Maïthuna. Nous prions alors la Divine Mère Kundalini de dissoudre telle ou telle erreur, et elle le fera, elle nous délivrera de l’erreur, du défaut, à condition que nous l’ayons compris au préalable intégralement, dans chacun des quarante-neuf niveaux du subconscient.

Dans la vie en commun, donc, nous préparons le chemin pour la cristallisation de la seconde force et pour cristalliser la troisième force, celle de l’Esprit-Saint, de la Sainte-Conciliation ; nous cristallisons cette force par le travail dans la Forge des Cyclopes.

Dans la vie en commun, nous découvrons nos erreurs, défauts, délits, habitudes, attitudes erronées, etc., et chaque erreur découverte et éliminée, est remplacée par une qualité, par une vertu.

C’est dans la vie en commun avec l’humanité que nous allons gagner les valeurs indispensables pour la cristallisation de la seconde force, et si nous apprenons à obéir à la volonté du Père, dans les Cieux comme sur la terre, nous préparons indubitablement la voie pour la cristallisation de la première force.

La vie en société est donc indispensable pour la cristallisation des trois forces. Toutefois, ceux qui ont dissous l’Ego, ceux qui ont créé leurs Corps Existentiels Supérieurs de l’Être, ceux qui ne possèdent plus à l’intérieur d’eux-mêmes d’éléments subjectifs, infra-humains, peuvent s’offrir le luxe de chercher la solitude, parce que c’est dans la solitude que les pouvoirs de l’Adepte se fortifient.

Chercher la solitude lorsque nous n’avons pas encore dissous l’Ego est manifestement absurde. Il me vient présentement en mémoire l’enseignement de Gautama, le Bouddha Shakyamuni.

Gautama, le Bouddha, s’est prononcé contre l’abominable organe Kundartigateur ; cet organe, comme vous le savez, s’est développé dans l’humanité archaïque de la troisième grande Race-Racine. Il s’agit d’un feu luciférien ténébreux qui se précipitait à partir du coccyx vers les enfers atomiques de l’homme.

Dans un lointain passé, l’animal intellectuel a eu l’abominable organe Kundartigateur excessivement développé ; il est indéniable que lorsque les dieux ont éliminé cet organe, l’humanité toute entière est restée avec les résultats de cet organe.

Les funestes conséquences de l’abominable organe Kundartigateur sont constituées de tous ces agrégats psychiques qui forment l’Ego, la légion des entités diables. Gautama, le Bouddha, a compris cela et s’est prononcé contre l’abominable organe Kundartigateur.

Toute la doctrine du Bouddha dénonçait cet organe des abominations, cette queue satanique que portent les ténébreux ; sa doctrine était merveilleuse, il enseignait la dissolution de l’Ego et, en secret, la Magie Sexuelle, et il invitait ses disciples au sacrifice pour l’humanité.

Après que le Bouddha se fut désincarné, un groupe de sectaires décida de créer un monastère au Tibet, ils émigrèrent de l’Inde et allèrent s’établir dans les Montagnes de l’Himalaya ; chacun des aspirants émigra avec sa femme ; l’agglomération était un véritable village de mystiques, d’anachorètes.

Lorsqu’ils furent établis, installés dans leurs bâtiments respectifs, tous ces groupes de mystiques qui aspiraient à la dissolution de l’Ego et qui interprétaient la doctrine du Bouddha Gautama de façon négative et erronée, suscitèrent la protestation des femmes.

Elles protestèrent quand elles virent ces ermitages où leurs maris allaient s’enfermer. La moitié des bâtiments était réservée à ces ermitages et l’autre moitié était destinée aux habitations et aux services généraux.

L’aspect de ces étranges ermitages, de ces atroces cachots où chaque anachorète allait s’enfermer, avait quelque chose d’effrayant. Il s’agissait de pièces minuscules qui ne communiquaient avec l’extérieur que par une petite ouverture par où les serviteurs de ces monastères introduisaient les aliments qu’ils apportaient de temps à autre aux pénitents. Ces moines se trouvaient donc pratiquement emmurés, situation qui ressemblait fort à ce qui se produisit à l’époque de la colonie où tellement de gens furent emmurés vivants, enfermés entre quatre murs sans pouvoir en ressortir.

Il est indubitable que beaucoup de femmes protestèrent contre cette attitude insolite de leur mari, ce qui n’empêcha pas certains d’aller se reclure dans leur ermitage. D’autres par contre, obéissant à leur femme, s’éloignèrent, renonçant à cette tentative de suicide volontaire.

Plusieurs parmi ceux-ci, fermes dans leur dessein, émigrèrent un peu plus loin et construisirent d’autres monastères.

En toute franchise, je dois vous dire qu’à cette époque furent établis deux types de monastères : d’une part, ceux que nous pourrions appeler orthodoxes, et d’autre part, des monastères un peu plus libéraux. Les monastères orthodoxes devinrent insupportables.

Chaque moine qui entrait dans l’un de leurs ermitages était un condamné à mort ; sa seule nourriture consistait en du pain et de l’eau, rien d’autre, jusqu’à ce qu’il meure. Celui qui apportait aux cloîtrés leurs aliments, celui qui s’occupait des ermitages, aspirait naturellement à prendre leur place dans l’un des cloîtres, l’une des geôles inhumaines.

Lorsqu’un ermite mourrait, on le sortait de sa cellule, on lui donnait une sépulture ou l’on incinérait son corps, puis celui qui était chargé d’apporter la nourriture allait tout heureux le remplacer.

C’était donc quelque chose d’abominable ; l’objectif était de dissoudre le Moi, mais de quelle façon ?

Quant à nous, mes chers frères, jamais nous ne pourrions accepter une vie monacale aussi absurde, car ce n’est pas le chemin. Le plus grave c’est que ces cloîtrés qui aspiraient à mourir à eux-mêmes pour s’immerger dans le Nirvana, abandonnaient leur épouse et le monde.

Il va sans dire que c’est une très mauvaise interprétation de la doctrine de Gautama le Sublime. Pourquoi fuir la femme, alors que c’est grâce à elle que l’on peut obtenir la Réalisation intime de l’Être ; il n’y a pas d’autre chemin pour l’homme.

Pourquoi fuir le monde, la société, si c’est dans l’interrelation sociale, dans le contact avec l’humanité, que nos défauts affleurent en nous-mêmes : c’est ainsi que nous en venons à découvrir les défauts que nous portons à l’intérieur de nous.

En ce qui concerne la Sexualité, l’union sexuelle est le seul moyen qui permette de créer les Corps Existentiels Supérieurs de l’Être, comme nous l’avons dit et redit maintes fois. Dès lors, pourquoi fuir le sexe opposé si la Sexualité est le chemin : celui qui fuit le Sexe fuit le chemin.

Beaucoup de moines et d’ermites du Moyen-Âge commirent la même erreur et tombèrent dans des pratiques aussi aberrantes que les moines bouddhistes dont nous avons parlé. Aujourd’hui, à la fin de notre vingtième siècle, nous avons commencé l’Ère du Verseau, et la manière d’agir, les mœurs de cette ère nouvelle sont différentes.

L’ascétisme de cette ère nouvelle n’est plus du tout le même ; l’ère précédente fuyait le Sexe, celle du Verseau recherche le Sexe parce que c’est là que se trouve la clé merveilleuse du pouvoir de la création.

La solitude est uniquement pour ceux qui sont parvenus à l’élimination de l’Ego et à la cristallisation au moins de la troisième force. Mais ceux qui ne possèdent pas les Corps Existentiels Supérieurs de l’Être, ceux qui n’ont pas encore fabriqué leurs Corps Solaires, ceux qui n’en ont pas fini avec le Moi-même, avec le Soi-même, que cherchent-ils dans la solitude ? Pourquoi veulent-ils suivre le chemin du célibat, pourquoi désirent-ils vivre une vie absurde, insensée, comme celle de ces moines fourvoyés des Montagnes de l’Himalaya ?

Tout ce qu’il nous faut faire, c’est une véritable Révolution de la Conscience, faire une Transformation Radicale. Il existe à l’intérieur de chacun de nous des pouvoirs extraordinaires qui se trouvent endormis, latents, nous devons les éveiller, les développer.

Nous ne pouvons y arriver que quand nous faisons monter le Feu et dissolvons l’Ego. Il faut aviver la flamme de l’Esprit avec la torche de l’Amour.

Malheureusement, les gens ne comprennent pas ce que nous disons en ce moment parce qu’ils sont endormis. Nous devons nous efforcer d’éveiller notre Conscience, car c’est indispensable pour vraiment comprendre.

Nous devons, tous et chacun, être pratiques, car il n’est possible de se rendre à l’évidence de ce que je suis en train de vous dire que si nous nous éveillons. Ceux qui veulent entreprendre le travail de l’éveil doivent commencer par essayer de sortir en “corps Astral”, apprendre à se dédoubler volontairement ; nous disons corps Astral de façon symbolique ou conventionnelle, parce que sinon les gens ne comprendraient pas.

Il existe des moments où l’étudiant peut s’échapper du corps physique pour voir, entendre et palper les grandes réalités dont je vous ai parlé ; l’un de ces instants privilégiés, c’est lorsque nous nous trouvons entre la veille et le sommeil, alors que nous sommes en train de nous endormir mais pas encore tombés dans le sommeil. À cet instant précis, entre la veille et le sommeil, nous pouvons nous échapper du corps physique à volonté.

Si à ce moment-là nous sommes alertes comme la sentinelle en temps de guerre, nous pourrons réussir. L’important c’est de surveiller le sommeil, de nous convertir en espions de notre propre sommeil, puis, quand nous apercevrons les premières images du rêve et que nous nous sentirons tel un esprit fluidique, quelque peu intangible, il faudra nous lever du lit.

Ce que je vous dis là doit être traduit en fait concret : il ne s’agit pas de penser que l’on va se lever ou de penser qu’on est en train de penser, etc. Ce qui importe, c’est de le faire, de le traduire dans les faits.

Nous devons donc le penser, puis le faire sur le champ. Le travail est dur, amer et difficile, mais non impossible. Il faut travailler la pierre, la roche dure, la ciseler jusqu’à la rendre parfaitement cubique, c’est cela l’essentiel dans l’Autoréalisation intégrale.

Personne ne peut faire ce travail pour nous, personne ne peut nous remplacer, c’est à nous seuls qu’il revient d’affronter la dure tâche de cristalliser les trois forces à l’intérieur de nous, ici et maintenant.

C’est tout pour ce soir mes chers frères. »

La conférence terminée, le Maître dit : « Faisons une Chaîne. » Tous prirent place pour la Chaîne Ésotérique, très connue dans le mouvement gnostique. Le Maître lui-même dirigea la Chaîne, d’une voix forte et bien modulée. Il y avait là un monsieur qui souffrait d’un grave problème organique et qui était visiblement déprimé. Le Maître toucha le malade et aussitôt son visage changea et il dit : « Je ne sens plus rien, je vais bien ! » et il remercia le Maître.

Ce qui m’avait le plus frappé, durant la conférence, c’est la Transfiguration Lumineuse qui s’opérait dans toute la personne du Maître Samaël. Il n’avait plus l’apparence de l’homme simple de la rue, cette apparence du citoyen ordinaire que le Maître reprit à notre sortie du Temple.

Le lendemain, le Maître se rendit au bureau de poste pour y porter les lettres qu’il rédigeait lui-même en réponse aux centaines de disciples qui lui écrivaient chaque jour, et pour ramasser l’abondant courrier qui l’y attendait. Je l’accompagnai dans ses courses. Le Maître répondait à toutes mes questions, même les plus saugrenues, avec aisance et enjouement.

Il se mouvait dans tous les domaines avec une prodigieuse facilité ; il semblait tout connaître, tout savoir, rien dans le domaine scientifique ne lui était inconnu, et rien de ce qui pour le commun des mortels paraissait impossible ne lui était difficile.

De retour à la maison, après le délicieux dîner en famille, nous sommes sortis prendre une marche dans le parc de la Colonie, histoire, dit le Maître de « digérer le repas ». Car, ajouta-t-il, « le fait de s’asseoir ou de se coucher après avoir mangé est très mauvais pour la santé et c’est cela qui rend les gens ventrus, bedonnants. Il est bon, par conséquent, de faire une promenade après les repas, non pas marcher d’un pas court comme celui des vieillards qui ont épuisé leurs forces, mais d’un pas énergique, sans excès, pour que l’exercice soit complet. »

Le Maître, très serein et tranquille, marchait vigoureusement, à grandes enjambées, et je dois confesser que souvent je traînais un peu derrière et que je devais presser le pas pour le rejoindre.

Le parc était assez grand et nous en faisions quatre ou cinq fois le tour, en respirant profondément l’air parfumé d’une odeur de pin et d’eucalyptus.

Puis nous allions nous asseoir sur un banc, je m’y laissais tomber, épuisé, alors que le Maître, sans le moindre signe de fatigue, m’entretenait des profonds mystères d’Éleusis, de Troie, de Chaldée, d’Égypte, des Mayas, etc.

 

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