La Transformation Radicale

(Exercices de lamaserie)

 

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11. Les Grottes de Cacahuamilpa

Quelques jours plus tard, le Maître m’annonça qu’il m’emmènerait aux fameuses Grottes de Cacahuamilpa, lieu touristique par excellence, merveille de la nature pour laquelle des milliers de personnes se déplacent chaque semaine.

Au jour dit, j’accompagnai le Maître aux grottes ; avec nous il y avait aussi Dona Arnolda, l’épouse du Maître, sa fille Isis et l’époux de celle-ci avec leurs deux enfants.

Ces grottes se trouvent à quelque 120 kilomètres de Mexico. Je n’avais pas la moindre idée de leurs dimensions, aussi, c’est avec étonnement que je pénétrai, avec le Maître et sa famille, dans une espèce de tunnel gigantesque, large de 50 mètres environ, d’au moins 50 mètres aussi de hauteur et d’une profondeur de 1 500 mètres, approximativement. Il y a, au milieu de cette grande galerie souterraine, un trottoir en ciment de deux mètres de large et on a installé des haut-parleurs qui distillent une belle musique classique, laquelle contribue à donner une atmosphère mystique. Les grottes sont dotées d’un éclairage zonal, c’est-à-dire qu’au fur et à mesure de notre progression dans le réseau souterrain, des phares ou des ampoules s’allument au passage des touristes.

Le Maître Samaël commença par nous expliquer la correspondance de cet endroit avec les mondes submergés de l’abîme, plus précisément avec le premier cercle des régions infernales, appelé les Limbes :

« Ces grottes constituent ce que nous pourrions appeler le Limbus, car l’ensemble des grottes et cavernes qui existent sur Terre, toutes ces grottes réunies forment, d’un point de vue interne, c’est-à-dire tétradimensionnel ou pentadimensionnel, les Limbes des Chrétiens. »

« Maître, demandai-je, quelle catégorie d’Âmes ou d’Essences ou d’ego viennent ici, dans ces Limbes qui sont le premier plan de l’abîme ? »

« Pour parler dans le sens général du mot, répondit le Maître, le niveau correspondant aux Limbes renferme toutes les cavernes de la Terre, et ceux qui entrent dans cette région des Limbes, ce sont tous les désincarnés, tous les gens morts sans s’être autoréalisés, c’est-à-dire, malheureusement, le grand nombre ; ceux-là, normalement, vivent après la mort dans le Limbus. »

Le Maître se plaignit de ce que nous fussions si endormis et que nous eussions perdu la vue interne, c’est-à-dire la clairvoyance, qui nous aurait permis de voir les gnomes et les Deva qu’il saluait respectueusement à tout moment. « Regardez là-bas au-dessus de ces rochers, disait-il, voyez-vous ce groupe de Deva qui nous saluent ? »

Mais nous ne voyions que des roches, et nous regardions le Maître saluer à son tour de façon très naturelle.

Lorsque nous fûmes à une profondeur de quelque 800 ou 1 000 mètres, le Maître dit : « Nous arrivons à l’endroit où il y a un grand Temple en état de Jinas, voyons si notre frère Efraín Villegas Quintero le découvrira. »

Tout en continuant à marcher, je scrutais, en vain, les belles formations rocheuses, et après un moment le Maître, voyant bien que je n’avais aucune capacité pour reconnaître ce Temple en quatrième dimension, finit par me dire : « Voilà, ici nous sommes en face du Temple, là nous voyons le Gardien debout devant la porte, avec une épée flammigère dans sa main, à l’intérieur il y a beaucoup de bancs, de chaque côté, avec un passage au centre et, tout au fond, nous pouvons voir l’Autel, le voyez-vous ? »

Je secouais négativement la tête, avec un air désolé, jamais je ne m’étais senti aussi bouché.

Le Maître déplora que nous fussions si endormis et si aveugles à toutes les merveilles qu’il pouvait contempler, lui, avec son œil de diamant, en effet, le Grand Avatar pouvait voir les gnomes, les Deva, les Temples en état de Jinas, entendre ce que les Deva disaient, etc., car il est clairvoyant, clairaudient, polyvoyant. Mais nous qui sommes seulement une légion de Moi, que pouvons-nous voir ? Des roches, rien que des roches !

Nous ne cessions de nous enfoncer dans les profondeurs de la Terre. Une question me traversa l’esprit : « Maître, quand on va dans les mondes infernaux, est-ce pareil qu’ici, dans ces profondeurs obscures ? » Le Maître Samaël répondit :

« Il faudrait aller plus loin, plus profondément, le spectacle y serait plus effrayant. Ici nous n’avons qu’une pâle idée de ce que sont en réalité les mondes infernaux. La lumière, dans ces régions infernales, est infrarouge, elle appartient à la gamme de l’infrarouge.

Dans mon livre intitulé “Oui il y a l’Enfer, oui il y a le Diable, oui il y a le Karma”, je parle des neuf cercles dantesques, je parle des régions qui sont situées en dessous de l’écorce géologique de la Terre, dans des zones toujours de plus en plus profondes.

Par exemple, la première zone, la plus superficielle, la première que l’on rencontre sous l’écorce géologique, est dite Lunaire ; la deuxième, plus profonde, est celle de Mercure ; la troisième qui s’appelle de Vénus ; il y a une quatrième région, encore plus profonde, qui est la Solaire ; l’autre plus profonde est la Martienne, puis vient celle de Jupiter ; la septième région submergée est celle de Saturne ; le huitième cercle ou région est celle d’Uranus et le neuvième est la région de Neptune. »

Le Maître nous donna ensuite une explication scientifique sur les fantastiques formations rocheuses de cette gigantesque cathédrale souterraine avec ses belles colonnes naturelles, ses chapiteaux ouvragés et ses vastes coupoles. Les puissants réflecteurs qui éclairaient ce paysage prodigieux donnaient à tout cela un air irréel, comme dans un rêve.

Puis, toujours portés par la parole magique du Maître, nous sommes remontés à la surface, sans presque nous en apercevoir, et nous avons repris l’automobile pour revenir à Mexico. En traversant Cuernavaca, nous nous sommes arrêtés pour manger dans un restaurant en face du parc central de la ville.

Il y avait, dehors, en face du restaurant, un groupe de mariachis avec leurs instruments. Le Maître me dit que ces mariachis peuvent chanter à peu près n’importe quelle chanson qu’on leur demande, moyennant la modique somme de vingt pesos.

Me rappelant le premier film que, jeune enfant, j’avais vu, et où figuraient des groupes de mariachis qui chantaient entre autres « Guadalajara, Guadalajara, Guadalajara ».

Voulant revivre ce délicieux moment de mon enfance, je sortis pour appeler les musiciens ; tous entrèrent et je leur demandai de jouer « Guadalajara ».

« Avec plaisir, monsieur, allez les gars, on y va avec Guadalajara, une, deux, trois. »

J’admire le folklore mexicain pour sa joie, pour cette allégresse qui fait disparaître la tristesse et la nostalgie des cœurs affligés. Le restaurant, égayé par les accents joyeux de cette chanson, avait une atmosphère de fête.

Le Maître demanda ensuite aux mariachis de chanter « El son de la Negra », puis nous les avons payés, après quoi ils furent appelés à d’autres tables où ils chantèrent d’autres belles chansons que j’avais souvent entendues et aimées pour la délicieuse émotion qu’elles véhiculent, chansons dont certaines sont héritées de la tradition aztèque.

Après le repas, nous avons poursuivi notre route vers Mexico. Cette journée merveilleuse m’avait rempli de ravissement et je bénissais le Ciel qui me permettait de jouir de la présence du Maître dans ce pays choyé par la nature.

 

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