Oui il y a l’Enfer, oui il y a le Diable, oui il y a le Karma

 

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25. L’expérience directe

Chers amis, aujourd’hui, le 19 mars 1973, onzième année du Verseau, nous nous réunissons pour terminer ces exposés qu’il faudra indubitablement publier sous la forme d’un livre, pour le bien de la Grande Cause.

Pour conclure, je veux mettre l’accent sur la nécessité d’expérimenter de manière directe tout ce que nous avons expliqué.

L’expérience du réel est cardinale et définitive pour la compréhension créatrice.

L’heure est arrivée de comprendre avec une totale clarté que nous possédons, certes, un facteur psychologique définitif, au moyen duquel il est possible de vérifier ce que nous avons dit dans toutes ces réunions.

Je veux me référer très solennellement à la base même de notre organisation psychique ; à cet élément qui ne s’est pas encore perdu : l’Essence.

Il est indubitable que dans celle-ci, dans la conscience, se trouve le Bouddha, la doctrine, la religion et la sagesse.

Nous pouvons affirmer, en synthétisant, que dans l’Essence, dans la conscience, se trouvent déposées les données indispensables pour la régénération, l’autoréalisation intime et le vécu complet de tout ce que nous avons dit dans ces exposés.

Ceci veut dire que si, dans cet élément primaire, base primordiale de toute notre organisation psychique, se trouvent les principes de base de la régénération, évidemment, la première chose que nous devons faire est de détruire, d’annihiler, cette seconde nature de type infernal dans laquelle se trouve emprisonnée l’Essence.

Il est évident qu’en désembouteillant, en libérant l’Essence, celle-ci s’éveille radicalement.

Les avantages que cet évènement peut provoquer, comme vous allez le voir, sont multiples.

Le premier de ces avantages est en lui-même magnifique, car elle a la capacité de nous orienter fondamentalement, en dirigeant sagement nos pas sur le sentier du fil du rasoir qui doit nous conduire à la libération finale.

Le deuxième de ces avantages, elle nous conduit sur le sentier d’expériences directes variées, jusqu’à la totale vérification de toutes et chacune des affirmations que nous avons faites dans ces exposés.

Illumination intégrale, vécu lumineux et confirmation pratique sont le modus operandi de l’Essence désembouteillée, éveillée et auto-consciente.

L’annihilation complète de tous les éléments indésirables qui constituent le Moi-même, le Soi-même, est sans aucun doute urgente, urgentissime.

Nous avons besoin d’apprendre à diriger volontairement tous les fonctionnalismes de notre psyché ; il n’est pas bon que nous continuions ainsi, convertis en esclaves ; nous devons nous rendre maitres et seigneurs de nous-mêmes.

À mesure que les éléments indésirables sont éliminés, la conscience s’éveille.

Cependant, il nous faut devenir sérieux, parce que jusqu’à présent nous ne l’avons pas été ; chacun de nous, actuellement, n’est rien de plus qu’un morceau de bois parmi les vagues furieuses de la mer de l’existence.

Je répète : nous devons devenir sérieux ; cette affirmation implique une épouvantable autovigilance d’instant en instant, de moment en moment.

Rappelez-vous ce que nous avons déjà dit dans des exposés antérieurs, dans les relations avec nos semblables, les défauts cachés affleurent spontanément et, si nous sommes vigilants comme une sentinelle en temps de guerre, alors nous les découvrons.

Il y a également dans toute autodécouverte, une autorévélation. Le défaut découvert doit être rigoureusement analysé, étudié, dans tous les niveaux du mental et compris intégralement à travers les divers processus de la méditation intérieure profonde.

Un peu plus tard, le défaut que nous avons analysé ayant déjà été compris intégralement, viennent les supplications à Devi Kundalini, notre Divine Mère cosmique particulière, afin qu’elle désintègre et élimine le défaut en question.

Ce travail, mes chers frères, est très profond, terriblement sérieux, extrêmement profond. Ainsi seulement est-il possible d’extirper, de chasser de notre psyché, de nombreux éléments indésirables infra-humains, ténébreux, à l’intérieur desquels se trouve emprisonnée l’Essence.

À mesure que l’Essence s’éveille, les possibilités d’expérimentation directe se font chaque fois plus lucides et continues.

Avant tout, mes chers amis, je veux que vous appreniez à manipuler de façon pratique les divers éclairs de conscience éveillée.

Nous pouvons clairement remarquer, dans la vie pratique, que tous les gens vivent avec la conscience endormie.

En cet instant me viennent des souvenirs à propos d’une chose insolite. Il y a dix-sept ou dix-huit ans, je me trouvais avec mon épouse-prêtresse Litelantes dans un marché du quartier Fédéral ; au moment où nous réclamions une montre qu’elle avait fait réparer dans une horlogerie, nous fûmes secoués par une violente explosion de dynamite.

Litelantes, horrifiée, me demanda de rentrer à la maison immédiatement. Il est évident que ma réponse fut franchement négative. En aucune façon, je ne voulais exposer nos vies à une seconde explosion dont je savais qu’elle devait arriver.

Ses prières furent inutiles… à ce moment résonnèrent les sirènes et les cloches des « avaleurs de fumée » ou pompiers.

Humbles et martyrs, ces serviteurs de l’humanité se précipitèrent sur le lieu des explosions… « De tous ces pompiers qui sont sur le point d’entrer sur le théâtre des évènements, aucun ne sera sauvé, tous mourront. » Telles furent mes paroles. Litelantes horrifiée garda le silence.

Quelques instants plus tard, une seconde explosion fit trembler terriblement la ville de Mexico.

Son résultat fut la mort de tous ces humbles serviteurs ; ils se désintégrèrent automatiquement, car on ne retrouva même pas leurs cadavres, on trouva tout au plus la botte d’un sergent.

Je restais franchement étonné par le degré d’inconscience dans lequel se trouvaient ces pompiers ; s’ils avaient été éveillés, ils n’auraient jamais péri.

Je me rappelle encore les pleurs des femmes qui fuyaient le marché et les enfants qui, horrifiés, s’accrochaient aux jupes de leurs mères.

Si je n’avais pas été éveillé, je serais évidemment mort, parce qu’à l’endroit où l’on devait prendre le bus, si indispensable pour revenir à la maison, moururent des centaines de personnes.

Je ne puis oublier, maintenant encore, tant et tant de cadavres, qui jetés au bord du trottoir, gisaient, recouverts de journaux.

Indiscutablement, la curiosité était à l’origine de ces victimes, des curieux, des gens inconscients, endormis, qui après la première explosion, étaient accourus sur ce lieu, pour contempler le spectacle.

Si ces gens avaient été éveillés, ils ne seraient jamais venus sur le lieu de l’évènement. Malheureusement, ils dormaient profondément et c’est ainsi qu’ils trouvèrent la mort.

Quand nous sommes revenus à la maison, située dans le quartier Caracol, nos voisins étaient affolés ; ils supposaient que nous étions morts. Ils s’étonnèrent certes de nous voir revenir vivants, bien que nous ayons été si près du lieu de la catastrophe. C’est là l’avantage d’être éveillé.

Il faut s’éveiller, mes amis, apprendre à vivre en alerte, de moment en moment, d’instant en instant.

Il est urgent de diviser toujours l’attention en trois parties : Premier, sujet ; deuxième, objet ; troisième, lieu.

Sujet : Ne pas s’oublier soi-même, s’autosurveiller à chaque seconde, à chaque moment. Ceci implique un état d’alerte en ce qui concerne nos pensées, nos gestes, nos émotions, nos habitudes, nos paroles, etc.

Objet : Minutieuse observation de tous les objets ou représentations, qui, au moyen des sens, arrivent au mental.

Ne jamais s’identifier aux choses, parce que c’est ainsi qu’on tombe dans la fascination et dans le sommeil de la conscience.

Lieu : Observation quotidienne de notre maison, de notre chambre, comme si c’était quelque chose de neuf ; se demander chaque jour : pourquoi suis-je arrivé ici, en ce lieu ? À ce marché ? Au bureau ? À ce temple ? Etc.

Ces trois aspects de la division de l’attention ne constituent pas du tout un chapitre à part ni quelque chose de différent du processus de la dissolution du Moi.

Indiscutablement, nous avons besoin de nous autoétudier, nous auto-observer de moment en moment s’il est vrai que nous voulions découvrir nos propres défauts psychologiques ; car, comme nous l’avons déjà dit, c’est dans nos relations avec nos semblables qu’affleurent spontanément, naturellement, nos défauts cachés.

Il ne s’agit pas simplement d’auto-observer les pas que nous faisons ni les formes du corps, etc., la surveillance de nous-mêmes implique l’étude silencieuse et sereine de tous nos processus psychologiques intimes, émotions, passions, pensées, paroles, etc.

L’observation des choses sans identification nous permettra de connaitre les processus de la convoitise, de l’attachement, de l’ambition, etc.

Il est irréfutable qu’il coutera beaucoup de travail à un cupide de ne pas s’identifier à une bague de diamants ou à quelques billets de banque, etc.

L’observation des lieux nous permettra de connaitre jusqu’où vont nos attachements et notre fascination pour divers lieux.

Ce triple jeu de l’attention est donc un exercice complet pour nous autodécouvrir et éveiller la conscience.

J’étais encore très jeune, un tendre adolescent, quand je pratiquais ce merveilleux exercice de façon instinctive.

Au moment où je parle de ceci avec vous, me viennent à la mémoire deux cas particuliers que je vais relater. Premièrement, une nuit parmi tant d’autres, j’entrais par la porte d’une magnifique demeure ; silencieux, je traversais un très beau jardin, et arrivais dans une salle fastueuse. Mu par une impulsion intérieure j’allais un peu plus loin et pénétrais audacieusement dans le bureau d’un avocat.

Devant le bureau, je trouvais une dame assise, de stature moyenne avec des cheveux blancs, un visage pâle, des lèvres minces et le nez camard.

C’était une dame d’aspect respectable. Son corps n’était ni très mince, ni très gros. Son regard semblait mélancolique et serein.

La dame, d’une voix douce et paisible, m’invita à prendre une chaise devant le bureau. À ce moment-là, il arriva quelque chose d’insolite : j’avisais, sur le bureau, deux papillons de verre qui étaient dotés d’une vie propre, ils bougeaient leurs ailes, respiraient, regardaient, etc.

Le cas m’apparaissait assurément très exotique et rare. Deux papillons de verre et avec une vie propre ?

Habitué comme je l’étais à diviser mon attention en trois parties, premièrement je ne m’oubliais pas moi-même ; deuxièmement, je ne m’identifiais pas avec les papillons de verre ; troisièmement, j’observais soigneusement le lieu.

En regardant ces animaux de verre, je me dis en moi-même : « Ceci ne peut pas être un phénomène du monde physique, parce que jamais, dans la région tridimensionnelle d’Euclide, je n’ai eu connaissance de papillons de verre dotés de vie. Indiscutablement, ceci peut être un phénomène du Monde astral. »

Je regardais ensuite autour de moi et me posais les questions suivantes : « Pourquoi suis-je en ce lieu ? Pourquoi suis-je venu ici ? Qu’est-ce que je fais ici ? »

M’adressant ensuite à la dame, je lui parlais ainsi : « Madame, permettez-moi de sortir un moment dans le jardin, je reviendrais ensuite. » La dame me donna son assentiment d’un mouvement de tête et j’abandonnais le bureau quelques instants.

Dehors, dans le jardin, je fis un petit saut, un peu long, avec l’intention de flotter dans l’ambiance environnante ; grand fut mon étonnement, quand je vérifiais par moi-même que je me trouvais réellement hors du corps physique. Je compris alors que j’étais en astral.

Je me rappelais à ce moment, qu’il y avait longtemps, quelques heures, j’avais abandonné mon corps physique et que celui-ci, indiscutablement, se reposait maintenant dans son lit.

Cette singulière preuve faite, je revins dans le bureau où la dame m’attendait. Je voulus alors la convaincre qu’elle était hors de son corps physique : « Madame, lui dis-je, vous et moi, sommes hors du corps physique, je veux que vous vous rappeliez qu’il y a quelques heures, vous vous êtes couchée dans votre lit, et maintenant, vous vous trouvez ici, parlant avec moi, hors de votre corps physique, car on sait que lorsque le corps dort, la conscience, l’Essence, prise malheureusement dans l’Ego, va hors du véhicule corporel. »

Toutes ces paroles ayant été dites, la dame me regarda avec des yeux de somnambule, mais ne comprit pas ; je compris que la dame avait la conscience endormie… Ne voulant pas insister plus longtemps, je la saluais et abandonnais ce lieu.

Je me rendis ensuite en Californie, afin de réaliser certaines investigations très importantes. En chemin, je rencontrais un désincarné qui, pendant sa vie, avait été chargeur de baluchons pesants sur les marchés publics : le malheureux portant sur ses épaules un énorme fardeau, paraissait souffrir l’indicible. M’approchant du défunt, je lui dis : « Mon ami, que vous arrive-t-il ? Pourquoi portez-vous sur vos épaules endolories un fardeau si lourd ? » Le malheureux, me regardant avec des yeux de somnambule, me répondit : « Je suis en train de travailler. »

J’insistais : « Mais monsieur, vous êtes mort il y a un certain temps, cette charge que vous portez sur vos épaules n’est rien d’autre qu’une forme mentale, abandonnez cela… »

Tout fut inutile, le pauvre mort ne m’entendit pas ; il avait la conscience trop endormie. Voulant l’aider, je flottais autour de lui dans le milieu ambiant, dans l’intention de l’alarmer, de lui faire comprendre que quelque chose de rare était en train d’arriver dans son existence, de lui faire savoir de quelque manière qu’il était mort, etc., mais tout fut inutile.

Plus tard, ces investigations de rigueur ayant été faites, je revins à mon véhicule physique qui dormait dans le lit.

QMaitre, voulez-vous dire qu’il n’y a pas de possibilité d’expérience directe, comme vous l’avez exposé dans vos conférences, sans la dissolution des défauts psychologiques ?

R. Je vais répondre soigneusement à cette question qui vient de l’auditoire. Messieurs, mes amis, mesdames qui m’écoutez, l’expérience directe se trouve associée au pourcentage de conscience éveillée.

Les gens, normalement, ne possèdent que trois pour cent de conscience éveillée et quatre-vingt-dix-sept pour cent de subconscience ou conscience endormie.

Indiscutablement, quand on arrive à posséder quatre ou cinq pour cent de conscience éveillée, apparaissent les premiers éclairs de conscience directe.

Distinguez les éclairs de la plénitude totale, qui sont des choses différentes. Quelqu’un qui aurait, par exemple, dix pour cent de conscience éveillée aurait en conséquence un meilleur pourcentage de lucidité que ceux qui possèdent quatre ou cinq pour cent.

En tout cas, à mesure que l’Essence se libèrera, que l’Ego commencera à se dissoudre, la capacité d’investigation directe augmentera également de façon progressive et ordonnée.

L’exercice de la division de l’attention en trois parties, tel que nous l’avons expliqué dans cet exposé, nous permettra également de mettre en évidence à satiété, le degré de conscience acquis.

J’ai donc enseigné ici, la doctrine et les procédés pour éveiller la conscience. J’ai donné le système effectif pour utiliser intelligemment les pourcentages de conscience acquis.

Quand l’Ego a été radicalement annihilé, la conscience est totalement éveillée ; dans ces circonstances, nous pouvons descendre à volonté dans les Mondes infernaux avec l’intention de voir, d’entendre, de toucher et de palper la crue réalité de ces régions submergées.

Ce type d’investigations étant très avancé, il ne peut être réalisé à volonté qu’avec une conscience absolument éveillée.

QMaitre, vous nous parliez des deux avantages provenant de l’Essence, le premier étant qu’elle nous oriente pour vivre de façon adéquate, le deuxième qu’elle nous permet l’expérience directe. Dans l’expérience que vous avez eue au marché du quartier Fédéral, lors de cette terrible explosion, laquelle de ces deux facultés de l’Essence vous a alors permis de sauver votre vie ?

R. Noble monsieur, qu’il me soit permis de vous informer que la deuxième de ces qualités de la conscience, celle de l’expérience directe, m’a permis de connaitre par anticipation ce qui allait arriver, c’est-à-dire la mort des pompiers.

QMaitre, pourriez-vous nous expliquer quelle est la différence entre les projections du mental et les expériences réelles ?

R. Je vais donner une réponse à cette nouvelle question de l’auditoire avec le plus grand plaisir. Permettez-moi de vous informer, messieurs et mesdames, que les projections mentales sont de caractère purement subjectif, très différentes certes, des expériences réelles, qui sont de type objectif.

Dans le premier cas, le mental projette ce qu’il a élaboré de façon subconsciente et, identifié avec ces projections, il tombe dans la fascination et dans les rêves propres de l’inconscience.

Dans le deuxième cas, le mental a épuisé le processus de la pensée, il ne projette plus, il est ouvert au nouveau, il reçoit sans identification, et en l’absence de toute fascination, de tout processus de rêve.

Je vais illustrer cette réponse avec un récit de type ultrasensible. Me trouvant hors de mon corps physique, en des moments où celui-ci dormait profondément dans le lit, j’invoquais un désincarné qui, pendant sa vie, fut un membre de la famille certes très proche.

Le défunt se présenta vêtu d’un costume gris qu’il portait pendant sa vie ; il venait tout seul, il paraissait réellement un somnambule, disait des sottises, quelque chose que j’avais entendu chez quelqu’un… Mes efforts furent inutiles pour me faire reconnaitre de lui ; le malheureux dormait profondément ; certes, il ne me voyait pas, au fond, il percevait exclusivement ses propres formes mentales et riait comme un fou à lier, comme un idiot.

Il y a ici les deux aspects qui viennent donc éclairer la question. Ce défunt projetait ses propres formes mentales, rêvait avec elles, était absolument fasciné par elles et il ne me percevait même pas.

Tandis que dans le deuxième cas, j’étais complètement conscient, éveillé, je savais que mon corps physique dormait dans son lit, je ne projetais pas ; j’avais épuisé le processus de la pensée, je m’ouvrais au nouveau, je recevais le désincarné, enquêtais sur lui, me rendais compte de l’état déplorable où il se trouvait.

J’ai illustré avec ce récit, la question qui venait de l’auditoire.

QVénérable Maitre, quant à l’exercice de division de l’attention en trois parties qui se fait ici dans le monde physique, comment peut-il avoir des répercussions dans le Monde astral, si ce sont deux mondes totalement différents ?

R. Mes amis, si nous observons la vie des rêves normaux, communs et courants, nous pourrons voir ce fait concret selon lequel nombre de scènes du rêve correspondent aux évènements de la vie quotidienne ; aux faits que nous avons vécus ici même, dans le monde physique, aux actes de chaque moment.

La conséquence directe de ce que nous affirmons est que nous pouvons insister sur ceci : l’exercice de la division de l’attention en trois parties se répète également, comme dans le cas des rêves, à ces heures où l’Essence, embouteillée dans l’Ego, se trouve hors du corps physique.

Je crois que vous n’ignorez pas que quand le corps dort, l’Essence embouteillée dans le Moi-même, s’éloigne du corps physique.

Ainsi, si nous nous habituons à pratiquer cet exercice, ici, dans le monde physique, d’instant en instant, de moment en moment, nous le répèterons ensuite instinctivement pendant les heures de sommeil et le résultat sera l’éveil de la conscience ; nous pourrons alors voir entendre, toucher et palper, tout ce que dans ces exposés nous avons dit quant à l’Enfer, au Diable et au karma.

À mesure que l’Ego se dissoudra, la conscience s’éveillera de plus en plus et ceci, nous pouvons le constater au moyen de l’exercice de la division de l’attention en trois parties.

L’Ego absolument dissous, l’exercice enseigné ici nous permettra d’utiliser la conscience de manière volontaire pour l’investigation des grandes réalités.

QMaitre, comment pourrions-nous rendre accessible à la compréhension profane la différence entre le réel, l’irréel, l’illusoire, le vrai, l’objectif et le subjectif ?

R. Une question extrêmement intéressante est venue de l’auditoire et je m’empresse bien sûr d’y répondre.

Mes amis, il y a quelques soirs, nous regardions à la télévision des nouvelles scientifiques. Le public, par diverses représentations à l’écran, fut informé au sujet d’expérimentations que les hommes de science sont en train de réaliser actuellement sur le cerveau.

En connectant certains nodules au cerveau, les hommes de science peuvent contrôler les diverses sections de celui-ci. La machine humaine, dans ces conditions, peut être dirigée au moyen d’ondes et ceci est absolument démontré.

On a fait également des expériences dans l’arène ; un scientifique put par ce système retenir un taureau, l’empêcher d’attaquer, au moment précis où il jouait avec la cape.

Il est parfaitement démontré par ceci que tout organisme est une machine susceptible d’être contrôlée comme n’importe quelle autre.

Il est évident, dans le cas de la machine humanoïde, que les divers agrégats psychiques inhumains, en se succédant les uns aux autres, contrôlent à divers moments les diverses zones cérébrales variées ; ils remplacent intégralement les modules cérébraux, les ondes et les machines automatiques, au moyen desquelles les scientifiques peuvent contrôler les cerveaux.

En d’autres mots, nous dirons que les scientifiques, à des moments déterminés, au moyen de leurs systèmes électriques, jouent le même rôle que les agrégats psychiques ; c’est-à-dire qu’ils démontrent la réalité de ces agrégats psychiques par le rôle qu’eux-mêmes exécutent.

Quelqu’un, pour réaliser des actes, doit contrôler le cerveau, ou bien les agrégats psychiques les contrôlent, ou bien les scientifiques, au moyen de systèmes électroniques spéciaux.

En tout cas, les investigations viennent confirmer totalement ce que nous disons. L’humanoïde intellectuel est une machine inconsciente, automatique, subconsciente.

Comment une machine inconsciente pourrait-elle accepter qu’elle est endormie ? Comment cette machine pourrait-elle affirmer que le monde est maya ? Illusion ? etc.

La machine humanoïde, par le fait même d’être une machine, rêve, mais elle ignore qu’elle rêve, nie qu’elle rêve, croit fermement être éveillée et n’accepterait jamais la thèse selon laquelle elle est endormie.

L’humanoïde automatique, mécanisé, n’est pas capable de distinguer l’objectif et le subjectif, par le fait même qu’il est mécanisé, et il prend pour objectif ce qui est subjectif et vice versa.

La machine endormie, l’automate humanoïde, est très loin de pouvoir comprendre la différence entre conscience objective et conscience subjective ; la machine a ses propres thèses basées précisément sur le sommeil profond de la conscience. Il n’est possible en aucune façon de faire comprendre à un profane endormi la différence entre conscience et subconscience, entre objectivité et subjectivité, entre sommeil et veille, etc.

Il n’est possible d’accepter de telles différences qu’en éveillant la conscience. Malheureusement, le profane croit être éveillé et il s’offense même quand quelqu’un lui dit qu’il a la conscience endormie. Pour parler en langage socratique, nous dirions que l’ignorant cultivé, le profane endormi, la machine inconsciente, non seulement ignore, mais en plus, ce qui est pire, il ignore qu’il ignore.

Mes amis, il est nécessaire de cesser d’être des machines, quand quelqu’un reconnait qu’il est une machine, il commence à cesser de l’être ; un peu plus tard, le voile des illusions se transforme en lambeaux.

Nous avons besoin de nous convertir en êtres humains, et ceci n’est possible qu’en détruisant, en annihilant les agrégats psychiques qui sans cesse alternent entre eux pour contrôler la machine organique.

Il est indispensable de parvenir à avoir une réalité, de cesser d’être de purs automates, mus par des ondes ou des agrégats psychiques, ce qui revient au même, et de nous convertir en individus responsables, conscients et vrais.

QMaitre, quelle différence y a-t-il entre l’exercice de la division de l’attention en trois parties et la dissolution de l’Ego pour éveiller la conscience ?

R. Mesdames et messieurs, au travers de toutes ces conférences, nous nous sommes spécialement intéressés à la dissolution de l’Ego ; à la destruction complète de tous ces agrégats psychiques à l’intérieur desquels est embouteillée l’Essence.

Il me semble que nous avons parlé extrêmement clairement, que nous avons donné une didactique parfaite pour l’annihilation absolue du Moi-même, du Soi-même.

Nous avons expliqué à satiété que c’est seulement au moyen de l’annihilation radicale des éléments inhumains que nous portons à l’intérieur de nous, que nous pourrons libérer l’Essence : l’éveiller.

Nous avons donné, dans l’exposé d’aujourd’hui, un exercice spécifique, défini. Nous avons parlé de la division de l’attention en trois parties, en montrant qu’on utilise de manière chaque fois plus parfaite les divers pourcentages de conscience éveillée que nous obtenons par la mort du Moi-même.

Dans le premier cas, il y a la doctrine complète, relative à l’annihilation du Soi-même. Dans le deuxième cas, il y a un exercice merveilleux, une pratique qui nous permettra d’utiliser la conscience que nous obtenons de manière parfaite, claire et précise.

En tout cas, il est nécessaire que nous nous convertissions vraiment en investigateurs compétents de l’ésotérisme et de l’occultisme pur. Voilà ce que nous voulons et, dans ce but, nous avons donné au travers de ces conférences, la doctrine indispensable.

 

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