Les Corps Solaires

 

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34. Pierre, Judas et Jean

Il est écrit qu’il n’existe qu’un seul chemin, resserré, étroit et épouvantablement difficile, mais pour une meilleure compréhension, nous allons le diviser en deux parties, en deux aspects, en deux chemins.

Pierre, le Maître du Maïthuna, Patar, est mort crucifié avec la tête en bas et les pieds en l’air.

Jean, IEOUAN, le Verbe lui-même, appuie sa tête sur le cœur du grand Kabire Jésus comme s’il disait : « L’amour se nourrit d’amour. »

La crucifixion de l’Hiérophante Pierre nous indique le travail avec la pierre brute. Il était nécessaire que Patar meure crucifié avec la tête en bas et les pieds en l’air, pour nous indiquer la descente à la neuvième sphère, au neuvième cercle de l’enfer dantesque.

Il existe une relation intime entre la neuvième sphère et la pierre cubique. Rappelons-nous que l’étude du novénaire aboutit toujours à la pierre cubique à pointe. Rappelons-nous, frères gnostiques, que la sainte pierre a neuf faces et qu’elle réunit en elle-même la perfection du cube et l’élévation équilibrée de la pyramide à base quadrangulaire.

Il est urgent de savoir que le Ctéis formel croise le phallus vertical pour former la croix. La croix elle-même est cent pour cent phallique. Il est indispensable de savoir qu’en ouvrant la pierre cubique à pointe et en étendant ses faces, nous obtenons inévitablement le symbole de la croix en tant qu’expression parfaite du magistère du feu.

La kabbale hébraïque situe la Séphirah Jesod dans le sexe. La pierre cubique de Jesod est le sexe lui-même.

Il est urgent, il est indispensable de transporter au ciel le vase de choix, le vase d’Hermès, mais nous devons d’abord travailler avec la pierre dure, lui donner la forme cubique parfaite, parcourir le chemin de Pierre.

Les Saintes Écritures rapportent que Pierre dit à Jésus : « Seigneur, et celui-ci ? », faisant allusion à Jean. Le grand Kabire lui répondit : « Si je veux qu’il reste jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi ! »

Jean, le Verbe, veille blotti au fond de l’Arche, attendant le moment d’être réalisé.

Personne ne peut travailler sur le chemin de Jean sans avoir auparavant parcouru le chemin de Pierre.

La clé fondamentale du chemin de Pierre est le Maïthuna. Sur le chemin de Jean, l’acte sexuel est absolument défendu.

Entre le chemin de Pierre et le chemin de Jean, il existe un abîme. Il est indispensable d’établir un pont sur le précipice pour unir les deux chemins. Il est urgent de pendre Judas sur le pont.

Judas est le moi pluralisé, le moi-même, qui trahit le Christ intime instant après instant. Dans sa Divine Comédie, Dante situe Judas à l’intérieur de la bouche de Lucifer, agitant seulement les jambes à l’extérieur.

Judas, la légion lunaire de mois-diables que tout animal intellectuel porte à l’intérieur de lui-même, est constitué des granulations du feu luciférien ou fohat négatif.

Lucifer existe dans les enfers atomiques de l’animal intellectuel, c’est ce feu passionnel, instinctif, sexuel, bestial que toute personne porte à l’intérieur d’elle.

Judas est la cristallisation de Lucifer, la parole de Lucifer qui a pris forme ; c’est pourquoi Dante situe Judas à l’intérieur de la sinistre bouche luciférienne. Sans Lucifer, l’existence de Judas s’avérerait impossible. De même que le poisson meurt hors de l’eau, Judas meurt aussi hors du feu luciférien.

Le péché originel est absolument luciférien, sexuel, passionnel. La racine de tout défaut psychologique est cent pour cent luciférienne. Dans Lucifer se trouve l’origine de tout mal. Judas est le Verbe de Lucifer.

Si tu veux pendre Judas sur le pont pour réunir le chemin de Pierre et le chemin de Jean, tue d’abord Lucifer.

Rappelle-toi, cher lecteur, que Lucifer vit au centre de la terre, dans la neuvième sphère, au fond de l’univers.

Lucifer est une échelle pour monter ; Lucifer est une échelle pour descendre. Dante met la phrase suivante dans la bouche de Virgile : « Appuie-toi bien, car dans cette échelle, il est nécessaire de partir du séjour de la douleur. »

Éteindre à l’intérieur de nous-mêmes, de façon graduelle, le feu luciférien, cela équivaut à monter degré après degré l’échelle luciférienne.

Virgile, le poète couronné de lauriers, avec Dante le sublime suspendu comme un enfant à son cou, s’accrocha aux côtes velues de Lucifer et descendit de poil en poil le long du flanc hirsute et des croûtes glacées, et lorsqu’il arriva à l’endroit précis où la cuisse se développe sur le gras des hanches, il pencha alors la tête avec fatigue et angoisse vers l’endroit où il avait les jambes, puis il s’accrocha aux poils comme un homme qui monte, de sorte que le noble Florentin croyait qu’il retournait en enfer.

On descend à la neuvième sphère par l’échelle luciférienne. On monte, on sort de la neuvième sphère par l’échelle luciférienne.

Lucifer est le ver de terre misérable qui transperce le monde ; il est le feu passionnel, le serpent tentateur de l’Éden, la vipère répugnante qui offrit à Ève la nourriture amère ; il est notre pire adversaire.

Lucifer est l’antithèse du Christ, le reptile malin et rusé qui se faufile parmi l’herbe verte et les fleurs parfumées de la spiritualité.

Il serait impossible de réduire Judas en poussière cosmique sans éteindre au préalable le feu luciférien.

À l’intérieur de nos propres enfers atomiques, nous avons un double travail à faire : transmuter le plomb en or et pendre Judas.

Lorsque Dante eut réalisé ce double travail alchimique et magique, son gourou lui dit : « Lève-toi, la route est longue et le chemin mauvais, et voilà que déjà le soleil approche de la moitié du tiers. » L’endroit où se trouvaient le Maître et le disciple ne ressemblait pas à la galerie d’un palais, mais plutôt à une caverne au mauvais plancher ; cela, tout Gnostique qui conclut le double travail peut le vérifier par lui-même.

Il est écrit que celui qui abandonne les enfers atomiques de la nature entre immédiatement dans la région du purgatoire, pour y faire frire les germes du moi, comme le disent les yogis Hindoustans ; ces germes malins renferment les mauvaises tendances de Judas.

Ce travail ardu d’incinérer dans le purgatoire les germes sataniques est terriblement difficile et plus amer que le fiel.

Judas, en lui-même, a trois aspects sataniques, car il nous trahit dans le monde des désirs, dans le monde du mental et dans le domaine de la volonté. Cela nous rappelle les trois traîtres d’Hiram-Abif, et cela me ramène maintenant à la mémoire les trois horribles bouches de Lucifer, avec un traître englouti à l’intérieur de chacune.

Dante dit que le purgatoire a sept régions, mais si nous multiplions ce nombre par lui-même, nous obtiendrons alors le nombre kabbalistique 49, les quarante-neuf régions du subconscient, les quarante-neuf écuries d’Augias.

C’est une tâche amère et difficile que d’éliminer le feu luciférien dans tous et chacun des quarante-neuf régions subconscientes ; celui qui réalise ce travail devra pleurer des larmes de sang.

Les épreuves ésotériques à tous et chacun des quarante-neuf régions subconscientes se répètent sans cesse, et le deux fois né souffre intimement au milieu des épouvantables tourments moraux de l’état qui est propre au purgatoire.

Une analyse approfondie sur le travail ésotérique du purgatoire nous permet de comprendre de manière intégrale que sans l’assistance de la Mère divine, qui renferme tous les pouvoirs magiques de la monade sacrée, l’échec serait inévitable.

La grande Loi exclut de la sphère du feu solaire et du chemin de Jean les âmes qui n’ont pas tué Judas à l’intérieur d’elles-mêmes et qui ne se sont pas purifiées dans les flammes du purgatoire intime.

Les Hanasmussens ne sont jamais admis à l’intérieur des sphères éternelles de la félicité.

L’entrée absolue dans les cieux solaires n’est possible qu’après avoir brûlé jusqu’aux germes du moi pluralisé.

 

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