Les Corps Solaires

 

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22. Tantrisme Blanc

Certains voyageurs ésotéristes, après avoir fait des recherches dans le monde asiatique, sont parvenus à la conclusion que le tantrisme est l’unique école véritablement pratique, tant au Tibet qu’en Hindoustan.

Sur la terre sacrée des Védas, il existe de nombreux Ashrams où l’on étudie et pratique le yoga, mais les plus sérieux sont exclusivement ceux où l’enseignement tantrique abonde.

Le voyageur studieux pourra trouver dans les marchés Hindoustans de merveilleux livres tantriques comme le Kama Kalpa et les Kama Sutras, illustrés de photographies splendides qui se rapportent à des sculptures et bas-reliefs sacrés des temples.

Un examen attentif de ces photographies nous permettra de recueillir des informations extrêmement intéressantes sur le Maïthuna tantrique (yoga sexuel).

Le Hatha-Yoga de type tantrique est extraordinaire et il conduit l’ésotériste à l’autoréalisation intime, mais le Hatha-Yoga sans tantrisme est comme un jardin sans eau.

L’école ésotérique indienne du laya yoga, avec sa fameuse Laya-Kriya Sadhana tantrique est tout à fait merveilleuse, et elle conduit ses néophytes à l’autoréalisation intime.

La Kriya de Yogananda est incomplète : il lui manque la Laya-Kriya Sadhana tantrique du Tibet ; c’est pourquoi elle ne sert à rien et elle ne peut conduire personne à l’autoréalisation intime.

Si Yogananda avait accepté le mariage, il est clair que son gourou lui aurait livré la Kriya complète.

Dans le bouddhisme chinois (Chan) et dans le Zen japonais, il existe un tantrisme de fond ; il est regrettable que de nombreux orientalistes se contentent simplement de l’écorce extérieure du bouddhisme.

L’os médullaire du bouddhisme ésotérique et du taoïsme est le tantrisme, le Maïthuna (sexo-yoga).

Les tantristes du Tibet secret et de l’Inde sacrée pratiquent le yoga sexuel positif, en connectant le Lingam-Yoni sans éjaculation de l’Ens-Seminis.

Les gourous tantristes du Tibet et de l’Hindoustan sont très exigeants : le couple yogi-yogini doit préalablement devenir expert dans les exercices du Laya-Kriya avant d’avoir droit à la Sadhana tantrique ou position sexuelle très particulière qui permet d’effectuer la connexion sexuelle entre les partenaires tantriques.

Pour être franc, nous ne pouvons ni ne devons nier que le Kama Kalpa enseigne de nombreuses Sadhanas tantriques, mais nous ne citerons à présent que celle où l’homme, assis en Padmasana ou en position bouddhique, ou simplement les jambes croisées dans le style oriental, pratique l’union sexuelle avec la yogini.

L’initiée doit alors s’asseoir sur les jambes du yogi et croiser habilement les jambes de façon à ce que le tronc du corps du yogi se trouve entouré par celles-ci.

La connexion sexuelle du Lingam-Yoni durant la Sadhana tantrique nécessite auparavant un échange de caresses entre l’homme et la femme, jusqu’à ce que finalement la femme absorbe le phallus.

Ce mariage tantrique exige une tranquillité et un silence mental absolus, pour éviter l’intervention ténébreuse du moi pluralisé.

De puissants courants électromagnétiques circulent d’une manière envahissante en cet instant de suprême volupté, et le couple entre en extase ou Samadhi.

Un gourou dirige ce travail ésotérique, il effectue de fortes passes magnétiques sur le coccyx de l’homme et de la femme dans le but d’éveiller le feu électronique solaire, le serpent igné de nos pouvoirs magiques.

Voilà le système pour transmuter l’énergie sexuelle en Ojas, en force christique ; le couple doit réfréner l’impulsion sexuelle et éviter l’éjaculation du sperme.

Le Coïtus Interruptus, l’impulsion sexuelle réfrénée, ramène l’énergie sexuelle du Troisième Logos vers l’intérieur et vers le haut en la faisant passer par les canaux Ida et Pingala.

Le Maïthuna donne lieu à l’intérieur du Microcosme-Homme, dans le coccyx, près du Triveni, à un contact extraordinaire entre les atomes solaires et lunaires du système séminal.

L’avènement du feu est le résultat du contact entre les atomes solaires et lunaires du système séminal.

La Sadhana tantrique gnostique est très simple : homme et femme sont dans la position normale et ordinaire durant l’acte sexuel ; l’important est de se retirer avant le spasme pour éviter l’éjaculation du sperme.

I.A.O. est le mantra tantrique par excellence. I nous rappelle Ignis, le feu ; A est l’eau ; O signifie Origo, l’esprit. I.A.O. doivent résonner durant la pratique du Maïthuna.

Il s’avère extrêmement intéressant que les gonades sexuelles soient gouvernées ésotériquement par Uranus, la planète du Verseau, ce roi divin de la primitive Atlantide. Cela nous rappelle Ur-Anas (ou, ce qui revient au même, le feu et l’eau primordiaux), qui a donné lieu au premier culte luni-solaire de l’androgyne IO, c’est-à-dire à l’apparition de l’astrothéologie chaldéenne ; c’est pourquoi Uranus est l’Asuramazda, le premier Atlante, et qu’il est par le fait même le premier à révéler les mystères sexuels.

Il faut descendre à la neuvième sphère (le sexe) pour travailler avec le feu et l’eau primordiaux, qui sont à l’origine des mondes, des bêtes, des hommes et des dieux. Toute initiation authentique commence par là.

L’avènement du feu est l’événement cosmique le plus extraordinaire ; le feu nous transforme radicalement.

Il est utile de nous rappeler le chaos des anciens : le feu sacré de Zoroastre, l’Atash-Behran des Parsis, le feu d’Hermès, le feu de l’Helmes des anciens germains (ne pas confondre Hermès et Helmes).

Rappelons-nous l’éclair fulgurant de la Cybèle, la torche d’Apollon, la flamme de l’autel de Pan, le feu inextinguible dans le temple de l’Acropole et dans celui de Vesta, la langue de feu du heaume de Pluton, les étincelles brillantes sur les casques des Dioscures, sur la tête des Gorgones, sur le heaume de Pallas et sur le caducée de Mercure.

Voici d’autres représentations de l’avènement du feu : le fameux Ptah-Ra égyptien, le Zeus Kataibatès grec qui, selon Pausanias, descend du ciel sur la terre ; les langues de feu de la Pentecôte, le buisson ardent de Moïse, identique au nopal ardent lors de la fondation de Mexico ; la colonne de feu de l’Exode, la lampe inextinguible d’Abraham, le feu éternel de l’abîme sans fond ou Plérôme, les vapeurs fluides de l’oracle de Delphes, la lumière sidérale des rosicruciens, l’Akasha des adeptes Hindoustans, la lumière astrale d’Éliphas Lévi, l’aura et le fluide des magnétiseurs, l’Od de Reichenbach, le Psychod et la force ecténique de Thury, analogues aux fluides des hauts états hypnotiques de Rochas et Ochorowist ; les éclairs de Blondot et de tant d’autres, la force psychique du sergent Cox, le magnétisme atmosphérique de certains naturalistes ; le galvanisme et, en somme, l’électricité, ne sont que d’autres noms pour désigner les manifestations innombrables de ce protée mystérieux qu’on a aussi nommé l’Arché des Grecs.

L’ascension du feu sacré par le canal Sushumna, degré par degré, est très lente et difficile ; toute éjaculation de la semence suffit à faire descendre le feu d’une ou de plusieurs vertèbres spinales, selon l’ampleur de la faute.

Jésus, le grand Kabire, a dit : « Le disciple ne doit pas se laisser tomber, car le disciple qui se laisse tomber doit par la suite lutter à l’extrême pour récupérer ce qu’il a perdu. »

Le Maïthuna, le yoga sexuel, le tantrisme gnostique, doit être pratiqué uniquement entre époux et épouse, dans des foyers légitimement constitués.

Le tantrisme blanc interdit à ses adeptes ou affiliés de pratiquer le Maïthuna avec différentes femmes.

Le tantrisme blanc interdit aux sœurs gnostiques de pratiquer le Maïthuna avec d’autres hommes ; il n’est légitime pour elles de pratiquer la magie sexuelle qu’avec leur propre mari.

 

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