Cours Ésotérique de Kabbale

 

Chapitre précédent
Chapitre suivant

 

21. Le Fou, la Transmutation

image

Le Hiéroglyphe de l’Arcane XXI du Tarot est le Fou. En examinant cet Arcane, nous apercevons un pauvre fou qui s’en va sans but ni direction, avec sur l’épaule un baluchon dans lequel il porte tous ses ridicules attachements et ses vices ; ses vêtements en désordre laissent à découvert ses organes créateurs, et un tigre qui le suit le mord sans cesse, sans que l’homme tentât de se défendre. Dans cet Arcane se trouve représenté le sensitif, la chair, la vie matérielle.

Nous pourrions représenter cet Arcane par l’Étoile Flamboyante renversée. Tout Initié qui se laisse tomber est, réellement, le Fou du Tarot. Lorsque l’Alchimiste renverse la Coupe d’Hermès, il se convertit par le fait même en le Fou du Tarot.

Il est nécessaire d’annihiler le désir si nous voulons éviter le danger de tomber. Beaucoup de Maîtres qui ont « mangé de la terre », beaucoup de Maîtres Ressuscités sont tombés, se convertissant alors en le Fou de l’Arcane XXI du Tarot ! Qu’on se rappelle seulement Zanoni, durant la Révolution Française. Il était un Maître Ressuscité et néanmoins il se laissa tomber lorsqu’il s’amouracha d’une artiste de Naples. Zanoni mourut sur la guillotine après avoir vécu avec son corps physique durant des milliers d’années.

Celui qui veut annihiler le désir doit en découvrir les causes. Les causes du désir se trouvent dans les sensations. Nous vivons dans un monde de sensations et il nous faut les comprendre ; il existe cinq types de sensations. D’abord les sensations visuelles. Deuxièmement, les sensations auditives. Troisièmement, olfactives. Quatrièmement, gustatives. Et cinquièmement, tactiles, en relation avec le sens du toucher. Les cinq sortes spécifiques de sensations se transforment en désir. Ainsi donc, les causes du désir se trouvent dans les sensations.

Nous ne devons pas condamner les sensations, et nous ne devons pas les justifier. Il nous faut les comprendre profondément.

Une image pornographique frappe les sens et passe au mental, le résultat de cette perception est une sensation sexuelle qui se transforme aussitôt après en désir animal. Une chanson vulgaire de type morbide, après être passée par le sens de l’ouïe et par le centre cérébral des sensations, se transforme en désir sexuel. Nous apercevons une voiture luxueuse, nous en avons la sensation puis nous la désirons. Nous savourons une coupe délicieuse, nous la percevons par l’odorat, nous ressentons ses délicieuses sensations, et après nous désirons boire encore et encore, jusqu’à nous enivrer, l’odeur et la saveur nous rendent gloutons et ivrognes. Le sens du toucher se met au service de tous nos désirs et alors le Moi jouit au milieu du vice, et s’en va comme le Fou du Tarot de vie en vie, son baluchon sur l’épaule, dans lequel il charrie tous ses vices et attachements ridicules. Celui qui veut annihiler le désir doit auparavant analyser intellectuellement les sensations et ensuite les comprendre en profondeur ; il est impossible de comprendre profondément, avec l’intellect, le concept renfermé dans une sensation, car l’intellect n’est ni plus ni moins qu’une minime fraction du mental. Si nous voulons comprendre profondément tout le contenu substantiel d’une sensation déterminée de n’importe quel type, nous avons indispensablement besoin de la technique de la Méditation interne, car il est urgent de comprendre profondément l’action des sensations dans tous les niveaux du mental.

Celui-ci a dans ses tréfonds beaucoup de niveaux subconscients et inconscients habituellement inconnus de l’homme. Plusieurs individus qui sont arrivés à la chasteté absolue ici, dans le monde physique, se sont avérés, après avoir été soumis à de rudes épreuves dans les mondes internes, terriblement fornicateurs dans les autres niveaux et profondeurs du mental. De grands anachorètes et de saints ermites ont découvert avec horreur que le Fou du Tarot continuait à vivre dans les autres niveaux plus profonds de l’entendement. Réellement, c’est seulement par la compréhension des sensations dans tous les replis du mental que nous pouvons annihiler le désir et tuer le Fou du Tarot, lequel se cache parmi tous les replis du mental.

Il est nécessaire que l’étudiant apprenne à voir et à entendre sans traduire.

Lorsqu’un homme perçoit la belle figure d’une femme et commet la faute de traduire cette perception dans le langage de ses désirs sexuels, le résultat est le désir sexuel ; ce type de désir, bien qu’il soit ensuite oublié, continue à vivre intérieurement dans les autres niveaux inconscients de l’esprit. C’est ainsi que le Moi fornique sans cesse dans les mondes internes. Il est urgent d’apprendre à voir sans traduire, voir sans juger. Il est indispensable de voir et entendre, de palper, goûter, sentir et toucher avec une compréhension créatrice, ainsi seulement pouvons-nous annihiler les causes du désir. Réellement, l’arbre du désir a des racines que nous devons étudier et comprendre en profondeur.

La perception correcte et la compréhension créatrice annihilent les causes du désir ; quand le mental s’échappe de la bouteille du désir, il s’élève aux mondes supérieurs et alors vient l’éveil de la Conscience.

Le mental se trouve normalement emprisonné dans la bouteille du désir, il est indispensable de délivrer le mental de sa bouteille si ce que nous voulons réellement c’est l’éveil de la Conscience. Il est impossible d’éveiller la conscience si nous ne libérons pas le mental de sa bouteille ! Nous entendons constamment des plaintes de la part de nombreux étudiants qui souffrent de ce que durant le sommeil de leur corps physique ils vivent inconscients dans les mondes supérieurs.

Certains d’entre eux ont fait beaucoup de pratiques ésotériques avec l'intention de parvenir au dédoublement astral et n’ont pas réussi ; lorsque nous étudions les vies de ces mécontents, nous découvrons à l’intérieur d’eux-mêmes le Fou du Tarot ; ces personnes sont pleines de désirs ; c’est seulement en comprenant les sensations que nous tuons le désir.

Seule l’annihilation du désir permet de libérer le mental qui se trouve ordinairement embouteillé dans la bouteille du désir. En libérant le mental, il se produit l’éveil de la Conscience. Le Fou du Tarot est le Moi psychologique, le Moi-même, l’Ego réincarnant. Si nous voulons en finir avec les causes du désir, il nous faut vivre en état de constante vigilance. Il est indispensable de vivre en état « d’alerte-perception », « d’alerte-nouveauté ». Le Moi est un grand livre à plusieurs tomes. Nous ne pouvons étudier ce livre qu’au moyen de la technique de la Méditation interne.

Lorsque nous découvrons un défaut et le comprenons en profondeur dans tous les niveaux de l’esprit, ce défaut, alors, se désintègre. Chaque fois qu’on désintègre un défaut, à sa place surgit quelque chose de neuf, soit un mot de passe, ou un mantra, quelque Initiation Cosmique, ou un degré ésotérique, ou un pouvoir secret, etc.

C’est ainsi que nous nous emplissons peu à peu de véritable Sagesse.

L’Arcane XXI :

L’addition kabbalistique de cet Arcane donne le résultat suivant : 2 plus 1 égalent 3. Un est le Père (Kether). Deux désigne le Fils (Chokmah). Trois est l’Esprit-Saint (Binah). Celui-ci est le resplendissant Dragon de Sagesse de tout homme qui vient au monde. Quiconque réussit à dissoudre le Moi psychologique (le Fou du Tarot), incarne le resplendissant Dragon de Sagesse. Celui qui l’incarne est par le fait même un Esprit de Sagesse.

La Vie en Société :

Ce n’est pas en nous isolant de nos semblables que nous pouvons découvrir nos défauts. Seule la vie avec les autres nous permet de nous autodécouvrir ; dans la vie en commun nous pouvons surprendre nos défauts car ils affleurent alors dans notre personnalité humaine, et surgissent au dehors. Dans la vie en société il y a autodécouverte et autorévélation. Lorsque nous découvrons un défaut, nous devons d’abord l’analyser intellectuellement et ensuite le comprendre dans les divers tréfonds du mental par la technique de la Méditation.

Il est nécessaire de nous concentrer sur le défaut découvert et de méditer sur lui avec la résolution de le comprendre en profondeur.

On doit combiner la Méditation avec le demi-sommeil ; ainsi, par la vision profonde, nous devenons conscients du défaut que nous nous appliquons à comprendre ; une fois ce défaut dissous, il nous arrive « quelque chose de nouveau » ; il est essentiel d’être en état d’alerte-perception, d’alerte-nouveauté pendant la Méditation interne.

Pour recevoir ce « quelque chose de nouveau », chaque défaut doit être changé en quelque chose de nouveau. C’est ainsi que l’homme devient vraiment sage, c’est le chemin de la Sagesse.

L’Intuition :

Au fur et à mesure que nous dissolvons le Fou de l’Arcane XXI du Tarot, l’Intuition, qui est la fleur de l’Intelligence, se développe. L’Intuition et la Compréhension remplaceront la raison et le désir ; ces derniers sont des attributs du Moi. L’Intuition nous permet de pénétrer dans le passé, le présent et le futur. L’Intuition nous permet de pénétrer le sens profond de toutes choses.

L’Intuition nous donne accès au monde des Dieux Ineffables ; tout intuitif se convertit en véritable Prophète.

Pratique pour développer l’Intuition :

Il est indispensable que le dévot du Sentier du fil du Rasoir intensifie le développement de l’Intuition ; cette faculté réside dans le chakra coronarien ; ce chakra brille dans la glande Pinéale qui est le siège de l’âme et le troisième œil. Les hommes de science actuels croient en savoir plus que les vieux Sages des antiques Écoles de Mystères et nient toutes ces choses en portant la question de la glande pinéale sur le terrain purement physiologique comme s’ils voulaient de cette façon jeter leur gant au visage vénérable des Grands Hiérophantes. Les vieux Sages de l’ancien temps n’ont jamais ignoré que la glande pinéale est une petite masse de tissu rouge-gris, située dans la partie postérieure du cerveau.

Ils connaissaient très bien l’hormone sécrétée par cette glande si étroitement en relation avec le développement des organes sexuels ; après la maturité, cette glande dégénère, ses tissus devenus fibreux ne sécrètent plus d’hormone, et alors vient l’impuissance, il n’existe à cela qu’une seule exception : le cas des Gnostiques. Ceux-ci, grâce à la Magie Sexuelle, gardent en activité leur glande pinéale et leur fonction sexuelle durant toute la vie. La glande pinéale est le centre de la Polyvoyance intuitive. L’Intuition, au cœur, se manifeste sous la forme de pressentiments, mais, dans la glande pinéale, ces pressentiments se convertissent en images intuitives.

Les dévots doivent pratiquer de toute urgence le puissant mantra de l’Intuition. Voici ce mantra : TRIIIIINNNNN… Prolongez le son de la voyelle I et de la consonne N et que l’intonation de ce mantra soit semblable au son d’une cloche.

L’étudiant, plongé en parfaite Méditation et le mental en blanc, devra s’imprégner d’un grand silence ; il vocalisera alors mentalement le mantra sacré. On peut réciter ce mantra autant de fois qu’on le désire ; après dix minutes environ de vocalisation, interrompez cette vocalisation du mantra et conservez pour un temps indéfini le mental en blanc. Lorsque le grand silence nous inonde, nous faisons alors l’expérience de la Grande Réalité.

 

Chapitre précédent
Chapitre suivant